Barbara revisitée en hébreu

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April 2, 2017 18:45

La chanteuse israélienne Talya Eliav rend un très bel hommage à la dame en noir

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Barbara, la talenteuse dame en noir

Barbara, la talentueuse dame en noir. (photo credit: WIKIPEDIA)

L’artiste Talya Eliav, originaire de Haïfa, occupe la scène pop-rock israélienne depuis plusieurs années, et a déjà sorti cinq albums. Avec son dernier opus, Talya Eliav chante Barbara, la musicienne rend un hommage tout en hébreu à la chanteuse française disparue il y a 20 ans.

Les textes de Barbara, née Monique Andrée Serf au sein d’une famille juive à Paris en juin 1930, reflètent sa lutte pour se défaire de ses traumatismes. Celui d’avoir dû se cacher pendant la guerre, celui d’avoir été abusée par son père. Autant de blessures qui font toute l’émotion et la singularité de l’œuvre de la dame en noir, et que Talya Eliav retranscrit, intactes, dans le texte en hébreu.

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L’émotion au-delà des mots

Ici réside toute la difficulté du travail entrepris par l’artiste israélienne. Car si la traduction d’un texte mot à mot est à la portée de beaucoup, il est beaucoup plus ardu d’aller au-delà pour en saisir l’essence et en transmettre toute l’émotion. Un exercice délicat réussi haut la main par la jeune chanteuse, qui affirme avoir été inspirée par la musique de Barbara pour trouver les mots justes. « C’est d’ailleurs elle qui a réellement éveillé ma curiosité pour la langue française. J’aime beaucoup certains artistes tels que Serge Gainsbourg ou Georges Brassens, mais Barbara m’habite, comme une sorte de dibbouk. »

« J’ai tout de suite été transportée par ses chansons sans même en comprendre les paroles. » Talya raconte ainsi que son premier contact avec les mots de Barbara s’est fait au moyen de Google translate. « Sa musique et ses textes m’émeuvent tellement », dit-elle, affirmant que cet album hommage à Barbara constitue rien moins qu’un témoignage d’amour à la chanteuse et à ce qu’elle lui doit. « Je pense que c’est son phrasé et son langage musical qui m’ont happée. J’ai rencontré beaucoup d’autres personnes qui, comme moi, ont été envoûtées par Barbara sans même connaître un mot de français. Elle possède ce don de transporter son auditoire. »

Collaboration franco-israélienne

Talya a fait appel à deux amis d’origine française, Hubert Helal et Noémie Dahan, pour l’aider à traduire les textes de Barbara en hébreu et à en retranscrire l’esprit. Elle a également pris des cours de français qui l’ont aidée à introduire quelques mots des textes originaux dans son interprétation. Le résultat est plus que convaincant : l’artiste israélienne parvient à transmettre cette musique du langage, mais aussi l’histoire intime qu’elle véhicule. La magie a ainsi parfaitement opéré lors du récent concert de Talya au bar HaMazkaka de Jérusalem.

« Hubert, qui a notamment assisté à un concert de Barbara à ses débuts, a été d’un secours précieux dans la transcription des paroles sur le plan culturel. Traduire signifie être capable de comprendre à la fois ce qu’elle dit, mais aussi la façon dont elle le dit, les expressions choisies pour exprimer les idées. Cette approche m’a beaucoup aidée, et j’ai finalement pu écrire les paroles en hébreu moi-même », raconte Talya. En écoutant cet album, on a le sentiment que bien qu’inspiré par le vécu de l’artiste française, c’est aussi celui de la chanteuse israélienne qui y est évoqué. Les textes de Barbara deviennent les siens. Un sentiment d’appropriation encore renforcé par les subtilités vocales et les nuances techniques propres à la version israélienne.

La conscience artistique de la jeune femme a connu un tournant lorsqu’elle a intégré l’école anthroposophique du kiboutz Hardouf, qui consacre de nombreuses heures à l’enseignement de la musique et des arts en général. « Aujourd’hui, nous vivons malheureusement dans un monde où la dimension artistique en tant qu’élément fondamental de la vie est totalement ignorée. Nous, les artistes, avons le devoir de faire connaître notre travail. Je considère cela comme partie intégrante du sionisme. » Bien qu’elle ait trouvé sa voie dans la pop music, Talya Eliav revendique une formation et des influences classiques, grâce aux leçons de piano prises dès l’âge de neuf ans
.
La chanteuse, titulaire d’un diplôme en études musicales de l’université de Haïfa, peaufine donc son art depuis le plus jeune âge, encouragée par son père et inspirée par quelques-uns des interprètes-compositeurs les plus populaires de ces 50 dernières années. « A 13 ans, j’ai commencé à écrire des chansons sur des cahiers que je remplissais, et à 16, je me produisais pour la première fois sur scène avec mon groupe. A l’époque je m’identifiais totalement à Joni Mitchell, à mes yeux c’était une héroïne. Comme ma mère ! », rit Talya. 

© Jerusalem Post Edition Française – Reproduction interdite


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