Régime en sursis

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June 11, 2017 16:56

La propagande mise en place par Bachar el-Assad peine à dissimuler les failles de son pouvoir




« Alep est nos yeux » sur une affiche  placardée à l’ouest de la ville

« Alep est nos yeux » sur une affiche placardée à l’ouest de la ville. (photo credit:JONATHAN SPYER)

Les tirs de mortiers ont débuté tôt le matin, vers 5 heures. Les coups de canon résonnent à intervalles réguliers, déchirant la quiétude de l’aube, et nous rappelant la proximité des champs de bataille. Nous sommes dans la vieille ville de Damas. Nous entendons des coups de feu et des tirs d’artillerie provenant du quartier de Jobar, à environ deux kilomètres du centre de la capitale. La guerre n’est pas loin, toujours présente, après l’offensive lancée par les rebelles dans les faubourgs de l’est de Damas. Les forces hostiles au régime restent menaçantes et ne sont pas sur le point de succomber, contrairement à ce que veut faire croire le gouvernement syrien.

Derrière une apparente image de normalité, la vieille ville vit sous tension permanente, comme en témoignent les très nombreux points de contrôles qui jalonnent ses ruelles. Des barrages sont dressés tous les cent mètres. Mais ce n’est pas l’armée syrienne régulière qui est en première ligne. Elle est supplantée par les combattants des Forces de défense nationale (NDF), une unité paramilitaire financée par l’Iran, chargée de surveiller ces points de passage. Initialement appelée « armée du peuple », cette organisation composée de jeunes hommes et de quelques femmes a pour mission de soutenir l’armée régulière syrienne, affaiblie et en manque de soldats.

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Sous la supervision d’officiers des services de renseignement militaire syrien armés de pistolets à la ceinture, les hommes des NDF sont à l’affût des étrangers et des djihadistes susceptibles de mener des attaques suicides. Les contrôles sont très stricts après les nombreux attentats perpétrés récemment par des membres d’organisation islamistes extrémistes dans les zones contrôlées par le régime.

Hormis ces barrages, les habitants de Damas tentent, tant bien que mal, d’oublier la guerre et de vivre le plus normalement possible. De manière générale, la population se montre docile et exprime son soutien au gouvernement de Bachar el-Assad, parfois même de façon excessive. Car la crainte accompagne les Syriens à chaque instant. Ils ont peur des hommes du régime, de leurs exactions, mais aussi des conséquences de l’avancée des rebelles islamistes. La population, épuisée par ces années de conflit, est désormais prête à coopérer avec un gouvernement quel qu’il soit, pourvu que celui-ci leur permette de reprendre une vie normale.

Un pays en déliquescence

Depuis le début de la guerre civile, les conditions économiques des Syriens se sont fortement détériorées. La monnaie syrienne a plongé, passant de 48 livres pour un dollar en mars 2011 à 625 livres aujourd’hui. De longues queues se forment chaque matin devant les boulangeries d’Etat où les photos de Bachar el-Assad et de sa famille sont en bonne place. Les rues sont animées, la circulation est dense, mais cette façade de quasi-normalité ne fait pas oublier la triste réalité de la guerre et le désespoir de la population.

Je dois maintenant expliquer comment je me suis retrouvé à Damas. J’ai écrit de nombreux articles sur la Syrie au cours des dix dernières années et j’ai visité à plusieurs reprises le pays depuis le début de la guerre civile. Cependant, mes déplacements se sont limités essentiellement aux zones contrôlées par les forces sunnites rebelles ou celles sous l’autorité des séparatistes kurdes. Pour mieux comprendre la situation, je n’ai eu de cesse de vouloir me rendre dans les autres régions, notamment celles sous le contrôle du régime de Damas : mission quasi impossible, les visas accordés aux journalistes étant distribués au compte-gouttes. Les autorités syriennes sont très prudentes, surveillent les moindres déplacements des journalistes, s’informent sur l’identité de chacun, enquêtent sur leurs accointances et cherchent à savoir s’ils ont été en contact avec leurs ennemis… Peu de journalistes ont ainsi réussi à obtenir à la fois un visa pour se rendre dans les zones contrôlées par le régime et dans les régions rebelles. J’ai essayé à plusieurs reprises, mais sans succès.

Jusque tout récemment, lorsqu’un collègue m’a suggéré de me joindre à une délégation étrangère soutenant le président syrien. Depuis fin 2015, en effet, Damas a commencé à ouvrir avec parcimonie ses frontières aux étrangers, notamment à ceux qui sont favorables au régime. J’ai contacté les organisateurs d’une délégation pro-Assad et la procédure a été, à ma grande surprise, assez simple : nous nous sommes rencontrés à Beyrouth et avons traversé la frontière pour nous rendre à Damas.

Une fois sur place, personne ne peut se promener librement. Comme dans tout Etat totalitaire qui se respecte, nous voyageons en groupe et sommes strictement encadrés. La visite est organisée sous l’égide du ministère de l’Information syrien. Les membres du groupe viennent d’horizons divers : on trouve de farouches défenseurs d’Assad et de simples voyageurs ; certains affichent des convictions d’extrême droite, d’autres se présentent à l’extrême gauche du spectre politique… Un curieux mélange, en somme. La plupart sont occidentaux, et il y a aussi un couple de Jordaniens.
Un Britannique du groupe déborde d’admiration pour le gouvernement syrien et son système de protection sociale. L’Occident craint les succès des régimes socialistes arabes comme celui de Bachar el-Assad ou de Mouammar Kadhafi en Libye, car ils représentent des exemples, dit-il, c’est pourquoi les Occidentaux les combattent. Et de faire remarquer que « les Rothschild contrôlent le système bancaire dans le monde entier, excepté cinq pays : l’Iran, la Syrie, la Chine, la Russie et la Corée du Nord ».

« La Syrie a refusé de faire la paix avec Israël », lance un autre participant, une jeune femme jordanienne. « Donc ils ont décidé de leur faire la guerre et de faire tomber le régime syrien. Ils (les Israéliens) n’acceptent que des pantins à la tête des gouvernements arabes pour en faire ce qu’ils veulent, comme en Jordanie et en Arabie saoudite. » « Il y a eu la guerre en Irak bien sûr, et aussi la guerre de 2006 qui devait faire plier la résistance. Quand tout ceci a échoué, ils ont décidé de déclencher à la place “le Printemps arabe” », poursuit-elle.

La thèse du complot

L’idée d’un complot, à savoir qu’Israël est à l’origine de la guerre en Syrie avec l’objectif de déstabiliser la région, fait partie du discours officiel du gouvernement. Cette thèse de la conspiration est très souvent évoquée, et je vais l’entendre tout au long de ma visite. Les ennemis d’Assad en sont également convaincus : des commandants rebelles syriens à la frontière syro-turque m’ont affirmé il y a quelques mois que la guerre en Syrie était la conséquence d’une alliance entre les Iraniens, le régime d’Assad et Israël. Les rebelles sont guidés dans leurs convictions par leur atavisme anti-israélien et par l’exaltation de leur religion sunnite. Les partisans de Damas, eux, se déclarent les héritiers du mouvement nationaliste arabe des années 1960-1970 et affichent leur volonté d’indépendance et d’affranchissement face aux pays occidentaux. Mais ironiquement, ceux qui soutiennent le régime d’Assad au nom du nationalisme arabe, défendent au bout du compte un pays dont la survie dépend actuellement de l’Iran et la Russie, deux pays non arabes.

Le plus choquant dans les zones contrôlées par le régime est le fossé entre le discours officiel du gouvernement et la réalité. Je parle ici de l’écart entre les déclarations idéologiques du pouvoir en place qui veut à tout prix affirmer sa puissance et sa foi dans le nationalisme arabe, et la situation sur le terrain, où l’autorité gouvernementale est considérablement affaiblie, et contrôle seulement une partie du territoire.

La Syrie est aujourd’hui divisée en six enclaves. Le gouvernement contrôle Damas, les trois grandes villes du nord (Homs, Hama et Alep) et la côte occidentale. Il existe deux enclaves rebelles – la province d’Idleb dans le nord-ouest ainsi que des zones des villes de Deraa et de Kuneitra au sud-ouest. Les Kurdes exercent leur autorité sur une grande partie du nord-est de la Syrie et une zone plus isolée à l’ouest, le canton d’Afrin. Bien qu’ayant perdu de son influence, l’Etat islamique continue de contrôler l’est et le sud du pays. Il y a également une enclave sous autorité des rebelles pro-turcs entre les villes de Azaz et Jarabulus à la frontière syro-turque.

Depuis l’intervention aérienne de la Russie en septembre 2015, le régime syrien a repris des forces. Mais il reste encore très affaibli, et son armée a du mal à progresser et à récupérer les territoires perdus. Les interrogations demeurent sur la capacité de Bachar el-Assad à reformer une armée suffisamment puissante pour reprendre le contrôle de son pays.

Satellite de la Russie et de l’Iran

Seul, le dictateur syrien ne pourra jamais y arriver. Les frappes aériennes de Moscou ont été déterminantes ces derniers mois en lui permettant d’engranger des victoires contre les rebelles. L’Iran et ses alliés ont joué également un rôle décisif au sol par le biais de milices soutenues par Téhéran. Les Iraniens entraînent et financent de nombreuses organisations militaires comme les NDF, chargées de contrôler la vieille ville de Damas, le Hezbollah libanais, des milices chiites irakiennes, les brigades des Fatimides (formés de combattants afghans) ainsi que de nombreuses autres factions, qui participent toutes à la guerre en Syrie et combattent avec les forces d’Assad. Sans l’aide de la Russie et de l’Iran, la victoire d’Assad serait donc impossible. La population le sait bien et accueille avec bienveillance les hommes de Moscou. Les parachutistes russes en uniforme sont applaudis par les habitants à Damas et Alep.

Si l’on considère que la Syrie se résume aux régions qui sont encore sous l’autorité de son président, le pays est effectivement devenu un satellite de la Russie et de l’Iran et peut, dans ces conditions, s’effondrer à tout moment. D’autant que d’un point de vue militaire, il n’y a aucune unité. Plus d’une centaine de milices pro-Assad sont actives sur le terrain, combattent aux côtés de l’armée du régime et représentent la moitié des forces en présence. Ces organisations ne se contentent pas d’être simplement fidèles au président syrien, elles permettent aux hommes qui les dirigent d’asseoir leur pouvoir. Certaines rassemblent peu de combattants, seulement une dizaine, d’autres sont bien plus puissantes : disséminées sur l’ensemble du pays, elles utilisent des armes lourdes et des véhicules blindés.

Des villes martyres

Nous sommes entrés dans Alep en traversant la zone industrielle de Sheikh Najjar, située à l’est de la ville. Les bombardements des forces aériennes russes dans les quartiers est, autrefois aux mains des rebelles, ont réduit à l’état de ruines des faubourgs entiers qui demeurent inhabitables plusieurs mois après les raids. Moscou a employé les grands moyens pour mener sa guerre contre les insurgés à Alep, et aujourd’hui c’est toujours la désolation. Seules quelques familles ont osé revenir.

Je m’étais déjà rendu à Sheikh Najjar à l’été 2012, alors que les rebelles venaient tout juste d’entrer dans la ville, et avant qu’ils ne soient fanatisés et sous la coupe de l’extrémisme islamiste. Je me souviens des vrombissements des avions du régime syrien, des opérations menées par les brigades Tawhid et Afhad al-Rasoul, depuis dissoutes, dans les quartiers de Shaar et de Saif al-Dawli, de la population terrifiée, terrée dans les caves de l’hôpital Dar al-Shifa, cible de raids de l’aviation syrienne. Dar al-Shifa est un tas de pierres aujourd’hui. Les civils ont fui, un silence funeste s’est installé sur ces champs de ruines. Un poster géant de Bachar el-Assad et de son frère Maher est affiché à l’entrée de la citadelle d’Alep. « Félicitations pour ta victoire, O Alep », est-il écrit. Une seconde affiche placardée dans d’autres endroits à l’ouest de la ville, montre un soldat du régime casqué avec la légende : « Alep est nos yeux », expression qui a une double signification en arabe : « Nous surveillons Alep » et « Alep est précieux pour nous ». Une menace voilée adressée aux habitants, qui illustre bien l’état d’esprit du gouvernement et sa vulnérabilité.

L’ouest d’Alep semble à première vue peu touché par la guerre. Les rebelles n’ont jamais vraiment inquiété l’armée officielle syrienne, car ils disposaient de peu d’armes et surtout, d’aucun moyen pour se défendre contre les frappes aériennes. Mais malgré tout, là aussi on sent des failles, une fragilité.
La mainmise de Damas sur cette partie de la ville est plus ténue qu’il n’y paraît. Les insurgés ne sont pas très loin, à quelques encablures au nord-ouest, dans les localités périphériques de Kafr Hamrah et de Haritan, et le quotidien des habitants reste perturbé de temps à autre par des bruits de tirs de canons.

Pour se rendre à Homs, il faut emprunter une autoroute qui part d’Alep vers le sud, et qui passe à travers des territoires contrôlés par Damas à l’ouest et sous influence de l’Etat islamique à l’est. Tout comme à Alep, les destructions à Homs brisent le cœur, des zones entières sont réduites à l’état de ruines. La ville a été l’un des foyers à l’origine du mouvement de révolte contre Assad et elle en a payé le prix.

Notre guide à Homs, une dame exubérante d’origine alaouite dénommée Hayat Awad, nous fait part de sa confiance dans le régime de Damas, et de son dédain envers les rebelles qu’elle qualifie de « terroristes ». Elle porte un pendentif autour de son cou avec la photo d’un de ses fils, soldat de l’armée fidèle à Assad, tué alors qu’il combattait les insurgés. Elle nous accompagne tout au long de notre visite en nous délivrant la version officielle de la guerre, et ponctue ses propos de remarques antisémites. « Ils (les rebelles) ont tout détruit. Ils ont obéi aux ordres donnés par les juifs parce que les sionistes veulent pouvoir affirmer que leur civilisation est la plus ancienne ; seulement ils ne peuvent pas le faire car la Syrie a une histoire qui remonte à 7 000 ans », explique-t-elle à notre groupe.

De tels propos sont courants dans le monde arabe et n’ont pas besoin d’être justifiés. Ils sont acceptés sans discussion, même s’ils ne répondent à aucune logique. Décrypté, ce discours signifie en substance : « Les djihadistes sunnites à Homs avaient comme objectif de détruire l’héritage chrétien dans cette région ; ils ont donc coopéré avec les juifs et les sionistes qui ont préparé un vaste plan pour détruire tout l’héritage non juif au Moyen-Orient. Juifs et sionistes veulent ainsi pouvoir affirmer qu’ils sont la plus ancienne civilisation de la région, ou même du monde. » Une telle idée est évidemment stupide, mais elle circule malgré tout dans les régions contrôlées par Damas et est reprise par la population, sans aucun problème. Même au sein de notre groupe, pourtant composé essentiellement de personnes se déclarant progressistes et de gauche dans leur propre pays, l’incongruité de ces remarques n’a provoqué aucune réaction.

Nettoyage ethnique

Lorsque nous nous trouvions à Homs un accord était sur le point d’être signé entre les autorités locales fidèles à Damas et les rebelles, pour leur permettre d’évacuer al-Waer, le dernier quartier de la ville encore sous leur giron. Ces compromis signés entre insurgés et Damas font partie de la stratégie adoptée par Assad pour affaiblir leur influence sur le terrain, tout en leur offrant une porte de sortie honorable. L’armée syrienne assiège les zones contrôlées par les insurgés et leur propose ensuite de partir avec leurs familles pour rejoindre la région d’Idleb, aux mains d’autres forces insurgées.

Pour beaucoup d’observateurs, ces accords sur les évacuations qui se multiplient dans toute la Syrie s’apparentent à un nettoyage ethnique, la population sunnite arabe étant incitée à évacuer les régions contrôlées par le régime syrien. Il n’existe cependant aucune preuve selon lesquelles ces déplacements de populations feraient partie d’un vaste plan conçu par Damas ou par ses alliés. Mais les interrogations demeurent. De son côté, le régime de Damas affirme haut et fort continuer à accueillir des réfugiés qui viennent des zones rebelles.

A Daraya, Moadamiya, Zabadani et Alep, les habitants ont eu le choix entre être évacués vers Idleb, ou rester dans les régions contrôlées par le régime. Mais à Homs, peu d’habitants ont été autorisés à revenir après l’évacuation des rebelles. Seuls ceux qui ont activement cherché à rentrer chez eux ont pu effectivement retrouver leurs habitations.
« Juifs de l’intérieur »

Lors d’une rencontre avec un général de l’armée syrienne, je lui demande quelle est sa stratégie pour unifier le pays. Confortablement installé à son bureau et tirant sur un énorme cigare avec derrière lui, une photo de lui plus jeune aux côtés de Rifaat el-Assad (le jeune frère de l’ancien président Hafez el-Assad), il me répond sans sourciller : « Toute décision de mettre fin à la guerre ne pourra aboutir sans une décision de la Syrie officielle », comprenez, du régime. Une réponse qui illustre une nouvelle fois à quel point le gouvernement de Damas est éloigné de la réalité sur le terrain et ne veut en aucun cas reconnaître sa faiblesse, malgré les preuves évidentes de la perte de pouvoir de son président.

Mêmes remarques de la part d’autres membres du gouvernement rencontrés lors de notre séjour à Damas. Mohammed Tourjman, le ministre de l’Information, certifie que le processus de « réconciliation » et de « libération » des zones occupées va se poursuivre. « L’Etat islamique et al-Nusra (branche d’al-Qaïda) refusent de prendre part au processus de réconciliation et sont considérés par la communauté internationale comme des organisations terroristes, ce qui veut dire qu’ils peuvent être combattus avec des moyens militaires, poursuit-il. Interrogé sur la division de la Syrie, le ministre nous fait part de sa « confiance », et affirme que la situation est « temporaire », n’omettant pas de souligner qu’il existe « un plan de partition de la Syrie pour affaiblir le gouvernement au profit de l’entité sioniste ».

Ali Haidar, le ministre de la Réconciliation nationale qui gère les aspects pratiques tels que l’évacuation des rebelles de leurs zones, se montre également vague sur une éventuelle prochaine réunification du pays. La réconciliation sera effective quand « les forces étrangères cesseront de soutenir » les ennemis syriens, selon lui. Mais il ne détaille aucun plan pour y parvenir. Haidar n’est pas un baasiste (membre du parti Baas de Bachar el-Assad). Il est le leader du parti social nationaliste syrien d’inspiration fasciste fondé en 1932, et qui utilise comme emblème le swastika. Haidar le porte d’ailleurs en pin’s au revers de sa veste lors de notre rencontre. Ce parti nomme les rebelles syriens, des « juifs de l’intérieur ».

La dernière nuit de notre séjour à Damas, un des membres de la délégation a été menacé par un journaliste russe ivre, qui a brandi un pistolet. Les autorités présentes nous ont alors dit qu’elles ne pouvaient rien faire car l’homme était russe. Cet épisode en dit plus sur la situation réelle du gouvernement d’Assad que tous les discours et illustre parfaitement sa faiblesse.

Le régime est aujourd’hui une coquille vide, pris en tenaille entre les ambitions expansionnistes de l’Iran et de la Russie, et les intérêts des nombreuses milices pro-Assad. La proximité des Arabes sunnites rebelles près des centres urbains, et l’impuissance du président dans la quasi-totalité de l’est du pays, témoignent de l’érosion du régime. Nous sommes très loin de la poigne de fer de fer de Hafez el-Assad, le père de Bachar, qui dirigeait son pays comme si c’était « sa propre exploitation agricole », ainsi que me l’avait décrit un ami syrien kurde.

Le régime d’Assad ne pourra pas être renversé tant que Moscou et Téhéran trouveront encore une raison de le défendre. Mais les obus qui atterrissent à Damas illustrent sa vulnérabilité. Assad est assis sur un siège éjectable, à la tête d’un pays qui n’existe déjà pratiquement plus.


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