Le calme après la tempête

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June 9, 2015 14:54

Netanyahou a exigé de la France une position claire. Hollande a affirmé que Paris est fermement opposé au boycott. Quant à Stéphane Richard, il est attendu en Israël pour s’expliquer

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Stéphane Richard, le PDG d'Orange

Stéphane Richard, le PDG d'Orange. (photo credit: REUTERS)

Vers une accalmie. Le PDG d’Orange a accepté lundi 8 juin l’invitation en Israël du Premier ministre Benjamin Netanyahou. Lors de sa visite, Stéphane Richard entend bien désamorcer la controverse diplomatique suscitée par ses propos.
Retour au Caire, mercredi 3 juin. Stéphane Richard affirmait devant un public égyptien qu’il prévoyait de mettre fin à l’accord avec l’Israélien Partner Communications, et qu’il était prêt à le faire « dès demain matin » si les contrats l’y autorisaient. Des paroles qui ont provoqué de vives réactions en Israël. Jérusalem accusant le géant des télécommunications de céder à la pression d’organisations pro-palestiniennes.
Quelques heures plus tard, la compagnie se rétractait : selon son explication, ce commentaire reflétait une nouvelle stratégie d’Orange, qui ne souhaite plus accorder sa licence aux entreprises sur les opérations desquelles il n’exerce pas de contrôle direct. Soucieux d’apaiser les esprits, Stéphane Richard a nié être favorable au boycott d’Israël et affirmé que ses propos avaient été mal interprétés. Dans une interview au journal le plus vendu d’Israël, Yediot Aharonot, il a parlé de l’Etat juif avec beaucoup de chaleur. Samedi 6, Orange confirmait par ailleurs que l’entreprise n’avait aucune intention de quitter Israël.

Mais ces déclarations n’ont pas suffi à apaiser Benjamin Netanyahou. Dans une allocution prononcée dimanche 7 juin à l’occasion d’une conférence organisée par le Jerusalem Post, le Premier ministre a présenté la prise de position de Stéphane Richard comme s’inscrivant dans une « campagne mondiale orchestrée dans le but de délégitimer Israël ». « Du point de vue de ceux qui incitent au boycott, les implantations de Judée-Samarie ne sont pas au cœur du conflit : ce sont Tel-Aviv-Jaffa, Beershéva, Haïfa et, bien sûr, Jérusalem, qui posent problème », a-t-il déclaré. « Les paroles d’admiration à l’égard d’Israël prononcées ensuite par Richard ne concordent évidemment pas avec les remarques ouvertement hostiles faites au Caire », a jugé le Premier ministre.
Selon des sources diplomatiques, le chef du gouvernement aurait prié son ambassadeur à Paris Yossi Gal de refuser de rencontrer Stéphane Richard. « S’il veut s’expliquer », aurait-il dit, « qu’il vienne le faire en Israël ! » Lundi 8, un porte-parole d’Orange annonçait que le PDG du groupe acceptait cette invitation : « Il se rendra bientôt en Israël et fournira les clarifications nécessaires pour mettre un terme à la controverse et réaffirmer l’engagement du groupe. »

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L’Elysée joue l’apaisement

Netanyahou se serait également entretenu par téléphone avec le président français François Hollande. Ce dernier aurait réaffirmé la très ferme opposition de la France à tout boycott d’Israël et manifesté sa volonté de préserver les relations économiques entre les deux pays.
Il y a un an, la France avait pourtant publié un avis aux entreprises françaises leur signalant que les investissements dans les implantations israéliennes comportaient certains risques juridiques. Dans ce contexte, des groupes français de défense des droits de l’homme avaient demandé au gouvernement d’encourager Orange à mettre fin à ses relations commerciales avec la société Partner. Ces groupes pro-palestiniens partisans d’un boycott d’Israël estiment que l’Etat hébreu lui-même – et pas seulement sa politique – n’est pas légitime. Une position que beaucoup assimilent à de l’antisémitisme.

Dès jeudi, Israël avait donc vivement protesté auprès de l’Etat français, détenteur de 25 % d’Orange. Le lendemain, le chef de la diplomatie Laurent Fabius avait assuré que la France était contre le boycott. Samedi, le Premier ministre Manuel Valls déclarait : « Il n’y a pas et il n’y aura pas de boycott d’Israël. » Une promesse faite à la députée Stav Shaffir, en visite en France pour le Congrès du parti socialiste. Ce lundi, le Premier ministre israélien devait rencontrer l’ancien président français Nicolas Sarkozy et il ne fait guère de doute que le sujet a été évoqué, d’autant que Sarkozy se présentera sans doute aux élections présidentielles de 2017.

Victoire ou défaite ?

A la conférence d’Herzliya, la gauche et la droite se sont exprimées sur la controverse Orange et sur les menaces brandies par le mouvement BDS. A l’heure où la droite israélienne se réjouissait des excuses de Stéphane Richard, le leader du Camp sioniste déclarait qu’il ne s’agit en aucun cas d’une victoire pour Israël.
« Certes, il est bon que le PDG d’Orange ait adopté une position défensive. Mais si l’on prend la totalité de ce problème, il faut bien comprendre que c’est d’une nouvelle intifada dont il est question. Si j’étais Premier ministre, j’aurais déjà élaboré un plan précis pour venir à bout du mouvement BDS. »
De retour d’une visite sur les campus britanniques, Herzog a expliqué qu’un « lavage de cerveau écœurant » est actuellement à l’œuvre en Europe et que les gens sont désormais incapables de faire la part des choses entre les décisions politiques israéliennes et l’existence même du pays.
« Le Premier ministre Benjamin Netanyahou n’est pas parvenu à formuler une stratégie pour mener ce combat. Nous voyons aujourd’hui des boycotts toucher tous les aspects de notre vie quotidienne : l’université, la culture, le sport et, bien sûr, les affaires et la finance », a-t-il déclaré, expliquant que la menace du BDS était à la fois dangereuse et omniprésente.

Naftali Bennett, président de HaBayit HaYehoudi, n’a évidemment pas partagé ce point de vue. S’adressant au public d’Herzliya, le ministre de l’Education a mentionné l’affaire Orange comme un exemple de triomphe diplomatique sur le mouvement BDS. « Que cela soit bien clair pour chaque entreprise ou organisation qui envisagerait de nous boycotter : nous riposterons ! Nous attaquerons ceux qui nous attaquent. Nous boycotterons ceux qui nous boycottent ! », a-t-il proclamé, qualifiant le conflit avec le géant des télécommunications de « grand tournant », dans lequel, pour la première fois, Israël et ses partisans ont contre-attaqué. « Si vous envisagez de boycotter Israël, songez bien qu’il y a à travers le monde des dizaines de millions de défenseurs d’Israël – juifs et non-juifs – qui ont un pouvoir d’achat et un pouvoir de boycott. Quiconque boycotte Israël sera boycotté. Nous ne resterons plus silencieux ! Jusqu’à présent, il était facile d’attaquer Israël sans en subir les conséquences. Mais ce temps-là est révolu ! »
 

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