Des Israéliens comme les autres

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July 30, 2017 14:46

Il y a deux ans, des manifestations d’Israéliens originaires d’Ethiopie contre les discriminations secouaient le pays. Depuis, le gouvernement a pris de nouvelles dipositions




Des Israéliens comme les autres

Les juges Adenko Sabhat Haimovich et Esther Gardi. (photo credit:GPO)

La police israélienne vient de lancer une campagne promotionnelle. On y voit des policiers se portant au secours d’une femme victime de violences conjugales, faisant passer un test d’alcoolémie à un automobiliste, ou luttant contre le terrorisme. Protéger les vies de tous et faire en sorte que le public se sente en sécurité, dit la voix off, rappelant les missions des forces de sécurité. La vidéo montre également un policier d’origine éthiopienne briser la vitre d’une voiture pour sauver un bébé. Une façon discrète de prôner la diversité dans une campagne destinée à redorer le blason de la police.

La goutte d’eau

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Bien du chemin a ainsi été parcouru depuis cette fin avril 2015, où une caméra de surveillance filmait deux policiers passant à tabac un soldat d’origine éthiopienne à Holon. La hiérarchie avait condamné le comportement de ses hommes, « en désaccord profond avec les valeurs de la police d’Israël ». Quelques jours plus tard, des centaines de manifestants défilaient à Jérusalem contre le racisme et la brutalité des forces de l’ordre, bloquant la route 1 devant le quartier général de la police nationale. Une femme arborait une pancarte affirmant que la police tuait des « juifs noirs » de la même façon que les juifs avaient été tués en Europe ; sur une autre, on pouvait lire : « La police m’a tabassé parce que je suis noir. » Certains protestataires déploraient le fort taux d’incarcération des Ethiopiens à l’armée, soulignant que 40 % des recrues d’origine éthiopienne séjournaient au moins une fois dans les prisons de Tsahal. Après de brèves échauffourées avec la police, les manifestants se sont rendus devant la maison du Premier ministre et ont pu rencontrer le maire de Jérusalem, Nir Barkat. Les choses ont semblé se tasser.

Puis est venu le tour de Tel-Aviv. Le 3 mai 2015, des centaines de membres de la communauté éthiopienne ont bloqué les rues entourant le centre Azrieli, cœur vibrant de la Ville blanche. Ayman Odeh, président de la Liste arabe unifiée, et le député Dov Henin, du même parti, étaient là pour soutenir les manifestants. Ces derniers ont ensuite convergé vers la célèbre place Rabin. C’est alors que des violences ont éclaté, si bien que la police a eu recours à des canons à eau. Bilan : plusieurs blessés côté manifestants et forces de l’ordre. « Nous avons tous besoin de procéder à un examen de conscience », a affirmé ce soir-là le ministre de l’Education Naftali Bennett.

Le lendemain matin, les photos de voitures de police retournées ont fait la une de la presse. « La place de la rage », a titré le Yediot Aharonot. Les affrontements de mai ne seront pas les derniers : le 22 juin, une dizaine de manifestants ont été arrêtés à Tel-Aviv. Ils protestaient contre la décision de clore le dossier contre les deux policiers que la vidéo avait pourtant pris en flagrant délit d’agression contre Damas Pakedeh. Pour Asher Elias, un chef d’entreprise qui a participé aux manifestations de Tel-Aviv, le passage à tabac du jeune homme n’a été que la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. « Personne ne semblait se soucier de ce soldat qui s’était fait frapper par la police », se souvient-il. Où étaient le ministre de la Défense, le Premier ministre ? Ce garçon n’était pas seulement un citoyen de l’Etat d’Israël, c’était aussi un soldat de Tsahal. Or des choses comme ça ne devraient même pas arriver à un citoyen ordinaire ! »

A en croire un article publié en mars 2016 par Avi Yalou, un autre militant, sur le site Haokets, il y avait longtemps que la colère grondait parmi les Ethiopiens. « Tous les espoirs, toute la foi que cette communauté avait placés dans l’Etat d’Israël ont volé en éclats ces dernières années à cause du racisme rampant et de la brutalité policière. » Si le public israélien a été surpris par cette colère, ajoute-t-il, c’est qu’il n’était pas conscient de la discrimination très répandue dont sont victimes les Ethiopiens. C’est la vidéo d’avril 2015 qui a fait descendre les Ethiopiens dans la rue, mais tous avaient également en tête l’affaire Yosef Salamsa, membre de cette même communauté, qui s’est suicidé en 2014 après avoir été molesté par la police. « Ce n’est pas seulement dans la police, mais dans tout le système que le racisme existe », a écrit Avi Yalou.

La réaction du gouvernement a été prompte et symbolique : le Premier ministre Benjamin Netanyahou, le ministre de la Sécurité publique Yitzhak Aharonovitch, le chef de la police Yohanan Danino et le député Avraham Neguise (Likoud) ont tous rencontré Damas Pakedeh en mai 2015. « J’ai été choqué par ces images [de violences à l’encontre de Pakedeh]. Nous ne pouvons accepter cela et je vous assure que la police travaille sur cette affaire. Elle fera le nécessaire, mais c’est aussi toute la société israélienne qui doit faire son examen. Nous aimons la communauté éthiopienne et nous devons faire changer les choses », proclamait un communiqué de presse émanant du bureau de Netanyahou. De son côté, Damas Pakedeh, a fait savoir qu’il n’était pas favorable à la violence contre les policiers survenue au cours des manifestations.

Changement de perception


Voilà qui donnait le ton des décisions gouvernementales à venir. Dans un système politique israélien souvent fragmenté, des partis de toutes tendances, de Hadash à HaBayit HaYehoudi, se sont entendus sur la nécessité de combattre le racisme. Pour la gauche, le racisme anti-Ethiopiens s’inscrit dans un problème social plus vaste de racisme envers les minorités au sein de la société. La droite affirme qu’il faut combattre celui-ci en soulignant particulièrement le très haut niveau de patriotisme des Ethiopiens en Israël : selon un rapport de la Knesset daté de 2011, 91 % des Ethiopiens nés en Israël font leur service militaire, un chiffre bien supérieur à la moyenne nationale. D’après un rapport publié en 2012, les Ethiopiens représentent 2 % de la population et se concentrent dans certaines villes bien précises, comme Netanya, Kiryat Gat, Afoula, Hadera et Rehovot. A Kiryat Malakhi, l’une des localités les plus pauvres d’Israël, ils constituent 14 % de la population. Le rapport indique que si les notes remportées par les juifs éthiopiens aux tests nationaux (Meitzav) sont en moyenne moins élevées que celles de la population juive dans son ensemble, le taux d’échec scolaire chez ces derniers se réduit peu à peu. Ainsi le pourcentage d’inscriptions à l’université a-t-il doublé depuis 2000, passant de 12 % à 23 % (contre 47 % pour l’ensemble de la population juive). Malgré tout, le pourcentage d’incarcération dans les prisons de Tsahal restait élevé (14 % de la population carcérale de l’armée en 2014). Tel est le contexte dans lequel les manifestations ont éclaté.

La lutte contre le racisme est le leitmotiv de Pnina Tamano Shata, députée Yesh Atid entre 2013 et 2015. Née en Ethiopie en 1981, montée en Israël en 1984, cette avocate a participé activement aux manifestations de 2015. « Ce qui se passe aujourd’hui est très important », explique-t-elle. « Pendant 30 ans, les Ethiopiens juifs ont souffert de la ségrégation, notamment dans le domaine de l’éducation. C’est le pays tout entier qui est responsable de cette souffrance-là, mais avec le temps les gens se sont se sont habitués. » D’autres groupes ethniques ont connu des situations similaires par le passé : les juifs d’Europe ont eu la vie dure à leur arrivée, ceux du Maroc, du Yémen et d’Union soviétique aussi. Mais à l’image de toutes ces communautés, les Ethiopiens, dit-on, finiront par s’intégrer. Un discours que Tamano Shata rejette en bloc : « Ici, ce n’est pas un problème d’intégration en raison de l’aliya. Il s’agit de racisme et de discrimination et non d’un “phénomène naturel” lié à l’intégration. » La communauté éthiopienne est confrontée au racisme dans son quotidien, selon elle.

Pendant des années, les Ethiopiens sont restés cantonnés dans ce qu’on appelle la « périphérie », c’est-à-dire les villes de développement créées dans les années 1950, où de nombreux immigrants en provenance de pays arabes ont atterri à leur arrivée dans le pays. « Nous voyons des écoles qui refusent d’inscrire les enfants éthiopiens et qui les envoient dans des établissements dont le niveau est faible, ce qui réduit leurs chances de s’en sortir », indique l’ex-députée.
A présent, le gouvernement semble avoir pris conscience du problème. Pendant des années, il n’a cessé de considérer les Ethiopiens comme des « immigrants », alors que chaque année, le pourcentage de ceux d’entre eux qui sont nés en Israël s’accroît, avoisinant désormais les 50 %. Tamano Shata précise en outre que la lutte contre la ségrégation ne représente qu’une partie des difficultés de la communauté éthiopienne : son taux de suicides, notamment, est disproportionné par rapport à celui de la population générale. « Nous ne constituons qu’un tout petit pourcentage, mais nous avons un très fort taux de pauvreté et un grand nombre d’entre nous vit d’allocations », explique-t-elle. Ce qu’il faut, affirme Tamano Shata, c’est briser ce cycle. Il faut également accroître le nombre d’Ethiopiens travaillant dans l’administration, et combattre les stéréotypes liés à la couleur de peau. « Autant dire que nous ne sommes pas au bout de nos peines… », soupire l’activiste.

Des mesures concrètes


Parmi les mesures concrètes prises par le gouvernement depuis les manifestations de 2015, le bureau du Premier ministre a créé une division dont le rôle est d’appliquer un programme d’intégration des Israéliens éthiopiens. Cette instance, dirigée par Talal Dolev, travaille en collaboration avec différents ministères afin de leur faire modifier leur approche. Ce n’est pas le premier programme de ce genre mis sur pied, mais le précédent avait été sévèrement critiqué par le contrôleur de l’Etat dans un rapport de 2013. Pour Asher Elias, son échec s’expliquait par une succession d’erreurs : « Une multitude de projets introduits durant trois décennies, bénéficiant de fonds substantiels, notamment en provenance des Etats-Unis, ont malheureusement échoué en raison d’un manque de coordination, d’une absence d’objectifs clairs et d’une focalisation sur les résultats. Le comble de l’ironie est que ces programmes ont engendré de la dépendance. L’image de la communauté en a pris un coup et le racisme a augmenté. Comme quoi, l’enfer est vraiment pavé de bonnes intentions… »

Talal Dolev, titulaire d’un master en travail social, qui a œuvré huit ans comme présidente de 360o, le programme national pour l’enfance et la jeunesse à risques, a sa propre analyse de la situation : « Je pense que, d’une certaine façon, les manifestations de 2015 révélaient une maturation de la population, qui affirmait : “Nous avons des droits et nous allons les faire valoir. Nous sommes assez grands pour agir en notre nom à nous : nous ne voulons pas que des Américains ou des œuvres de bienfaisance se sentent obligés de nous prendre en main.” Il ne reste plus qu’à canaliser tout cela dans une direction positive. »

La nouvelle réforme représente un changement significatif par rapport aux décennies précédentes. « Ce qui est nouveau, c’est que les Israéliens éthiopiens cessent d’être considérés comme des immigrants. La responsabilité de leur intégration ne sera donc plus confiée au ministère de l’Immigration et de l’Intégration, mais au gouvernement tout entier », indique Talal Dolev. Chaque institution étatique doit instaurer une politique pour mieux intégrer ces gens, en commençant par les considérer comme des citoyens à part entière, et non plus comme s’ils venaient de descendre de l’avion ! La deuxième chose, c’est que l’on va promouvoir l’intégration des personnes à titre individuel, et non plus en tant que groupe. On part du principe que chacun a ses besoins spécifiques. Il s’agit de s’atteler à combler le fossé entre les Israéliens éthiopiens et le reste de notre société. » Cette perspective crée cependant un inévitable dilemme : comment mesurer les progrès de l’intégration éthiopienne tout en créant des programmes qui ne les distinguent pas des autres ? L’une des grandes révolutions réside dans le fait que « tous les ministères prennent la responsabilité de cette intégration et que cela sera réalisé dans le cadre des politiques et des programmes classiques. » Cependant, faire bouger des ministères, c’est un peu comme vouloir déplacer un pétrolier ; mais coordonner les efforts de onze unités gouvernementales qui traitent les différents aspects de l’intégration des juifs d’Ethiopie, de l’éducation aux services sociaux, relève a priori de la gageure…

L’autre décision prise par le gouvernement est de ne pas se concentrer exclusivement sur les personnes les plus en difficulté. « Il faut viser l’excellence et le leadership, aider ceux qui sont déjà parvenus à se hisser sur l’échelle sociale à devenir plus forts encore et à tirer davantage de gens vers le haut. » Une distinction importante par rapport aux autres immigrations en Israël, car il ne s’agit plus d’apporter simplement le strict minimum à ceux qui n’ont rien, mais d’une méthode d’intégration longitudinale, à tous les échelons, du plus bas au plus haut. « C’est sans doute la première fois qu’Israël adopte une telle optique », dit-elle.

Talal Dolev a quatre ans pour voir s’il est possible de faire bouger les lignes. Aujourd’hui, elle travaille sur 70 programmes différents. L’idée est d’abandonner peu à peu ceux qui ne concernaient que les Ethiopiens et qui perpétuaient les stéréotypes et la ghettoïsation, pour se concentrer sur ceux qui aident les individus de cette communauté. Tsahal a déjà entrepris de fermer ses formations spéciales pour Ethiopiens et de les faire rentrer dans les programmes militaires généraux. Talal Dolev souligne que ce n’est pas la première tentative de l’armée pour mieux intégrer les Ethiopiens. « Ce qui est important », dit-elle, « c’est de voir dans quelle mesure des progrès seront réalisés. Nous serons jugés sur les résultats. » En d’autres termes, aurons-nous plus d’officiers éthiopiens de haut rang d’ici quelques années ?

« Chaque ministère a fixé ses propres objectifs en ces termes : à quels postes veut-il voir les Israéliens éthiopiens dans quatre ans ? », poursuit Talal Dolev. Au ministère de l’Education, par exemple, on sait que le nombre d’élèves israéliens éthiopiens qui ont réussi à entrer dans des programmes d’exception a quadruplé ces dernières années. Aux collectivités locales de relayer ce travail sur le terrain. Pour les 28 villes où la concentration d’Ethiopiens est forte, le défi réside dans la transition : abandonner les programmes spécifiquement destinés aux Ethiopiens pour intégrer ces derniers dans des institutions comme, par exemple, les clubs de jeunes. « Cela représente un profond changement culturel pour les politiques et les travailleurs sociaux », indique Talal Dolev. « Les habitants de ces villes eux-mêmes risquent d’être déroutés lorsqu’ils s’apercevront que les choses auxquelles ils s’étaient habitués – par exemple les clubs pour jeunes Ethiopiens – ont disparu et que leurs enfants doivent désormais intégrer de nouvelles structures.

Pour Asher Elias, il ne fait aucun doute que le pays va dans la bonne direction. Cependant, tout cela ne se fera pas sans mal et il est très important d’aider les personnes concernées à quitter les ghettos dans lesquels elles ont pris l’habitude de vivre. « Nous devons obliger les jeunes à sortir du pré carré communautaire ; cela doit notamment passer par des prêts immobiliers accordés aux jeunes couples. » Sur le terrain, beaucoup de problèmes restent encore à solutionner, mais selon Asher Elias, de gros progrès ont déjà été réalisés depuis les manifestations, puisqu’on a pris conscience de la nécessité d’entendre la voix de ces jeunes.

Lentement mais sûrement

Aujourd’hui, le militantisme social est bien plus actif qu’autrefois sur les réseaux sociaux. On y soulève des cas de racisme dont on débat en ligne. Par exemple, un policier a récemment été accusé d’avoir insulté l’une de ses subordonnées en se moquant de sa peau trop noire. « Elle passe trop de temps à se faire bronzer ! », a-t-il dit. Mal lui en a pris : avec les smartphones omniprésents, de tels commentaires se propagent très vite.

Ziva Mekonen-Degu, directrice exécutive de l’Association des juifs éthiopiens, déplore une stigmatisation persistante à certains échelons étatiques. En septembre 2016, le chef de la police Roni Alsheikh déclarait à la tribune de la conférence de l’Association du Barreau d’Israël : « Lorsqu’un policier a affaire à un suspect, il se montre naturellement plus méfiant s’il s’agit d’un Ethiopien. » Le « naturellement » été très mal pris. Il serait ainsi normal de se méfier des Israéliens éthiopiens ? « Quand on entend des choses comme ça, on a l’impression que c’est toute la communauté éthiopienne qui est un problème », déplore Ziva Mekonen-Degu. Elle est néanmoins satisfaite de savoir que le bureau du Premier ministre a saisi le problème à bras-le-corps, même s’il lui a fallu quatre décennies pour le faire, ajoute-t-elle avec un sourire. « Ce n’est pas logique : cela fait 40 ans que nous vivons ici. C’est plus de la moitié de l’âge du pays. Et, durant tout ce temps, on ne nous a jamais considérés comme participant au développement de la nation ! Pourquoi devons-nous nous battre contre le ministère de l’Education pour être traités à égalité, par exemple ? Heureusement, sur le terrain, des progrès ont été réalisés. La police arrête moins d’Ethiopiens dans la rue, elle harcèle moins les jeunes sous prétexte qu’ils sont noirs. Et dans l’armée, les Ethiopiens sont moins vite condamnés à des peines de prison. »

C’est le ministère de la Justice qui se trouve en première ligne de ce combat contre la discrimination. Emi Palmor, sa directrice générale, a nommé une avocate d’origine éthiopienne à la tête de l’unité chargée des affaires de racisme et de la mise en application des nouvelles directives. Celle-ci a récemment traité, par exemple, le cas d’une personne venue dans une clinique consulter un médecin et que l’on a fait passer en dernier parce qu’elle était éthiopienne. « Ces gens-là ont besoin d’un lieu où déposer plainte, pas dans le but d’intenter une action en justice, mais pour que justice soit faite en interne. » Il peut aussi s’agir d’autres types de discrimination, comme le fait d’attribuer les chambres en fonction de l’ethnie dans les hôpitaux. A Ashkelon, c’est un responsable du recrutement d’agents de sécurité qui a été surpris en flagrant délit de discrimination dans l’embauche de gardiens. « Il y a des moyens de résoudre cela et d’imposer en interne de nouveaux types de comportement dans le service public », affirme Emi Palmor.

« Nous portons une attention particulière aux pratiques en vigueur dans la police, que les manifestations ont permis de révéler au grand public. Nous avons l’intention de procéder à des évaluations détaillées, concernant l’utilisation de teasers, par exemple. On insistera sur les tendances inconscientes qui poussent à la discrimination. Notre objectif est de faire prendre conscience aux policiers qu’ils peuvent, sans le vouloir, se montrer racistes face à des individus à la peau sombre. » Un programme pilote a par ailleurs été mis en place avec des caméras de surveillance qui devraient, dans un second temps, être introduites au niveau national. Les policiers israéliens seront dès lors conscients qu’ils peuvent être vus, ce qui transformera de manière significative leur comportement. Ainsi, le nombre de cas de violence policière à l’encontre de jeunes Ethiopiens devrait foncièrement diminuer et l’on verra davantage ces derniers solliciter l’aide de la police plutôt que la craindre.

Selon Talal Dolev, ces décisions gouvernementales sont uniques en leur genre. Elles permettront de se concentrer sur la lutte contre le racisme envers un certain groupe tout en nous apprenant à répondre aux besoins d’autres groupes spécifiques de la société israélienne.

Dans toute la communauté éthiopienne, le désir de changement est palpable. Toutefois, si les réformes engendrent un enthousiasme sans précédent, y compris à la Knesset, où les réunions de travail se multiplient sur des sujets aussi variés que le financement de postes de rabbins éthiopiens ou l’aide aux jeunes à risque, les militants, les responsables communautaires et les membres du gouvernement s’accordent sur le fait que la route est encore longue.

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