4 Mds de dollars pour l’économie palestinienne

L’initiative a été annoncée au Forum économique mondial par le secrétaire d’Etat américain John Kerry.

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May 30, 2013 16:04
John Kerry entouré de Shimon Peres et Mahmoud Abbas en Jordanie.

P5 JFR 370. (photo credit: Reuters/Jim Young)

Un plan de relance de 4 milliards de dollars. C’est ce qu’a annoncé le secrétaire d’Etat américain John Kerry au Forum économique mondial, dimanche 26 mai. Le plan vise à relancer l’économie palestinienne moribonde. « Ce projet est plus large, plus courageux et plus ambitieux que tout ce qui a été proposé depuis les accords d’Oslo, il y a 20 ans », a déclaré le diplomate lors de la séance de clôture du Forum, qui s’est tenu pendant 3 jours sur les rivages jordaniens de la mer Morte.

Le président Shimon Peres et le leader de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas étaient assis côte à côte au premier rang et se sont également exprimés au cours de la séance de clôture.

Economie et politique, main dans la main Selon Kerry, ce plan économique, qui a été approuvé par le Premier ministre Binyamin Netanyahou, est viable. Il sera dirigé par l’envoyé spécial du Quartet, Tony Blair, avec le soutien de la communauté des affaires internationales.

Objectif : se concentrer sur le secteur privé palestinien, un facteur clef pour développer l’indépendance économique de Ramallah. Les chiffres affichés sont ambitieux : augmenter le PIB palestinien de 50 % en 3 ans, et faire tomber le chômage de 21 % à 8 %, soit une réduction de deux tiers. Une dynamique qui profiterait également à Israël et à la Jordanie, a souligné John Kerry, en évoquant un nouveau modèle consistant à investir économiquement pour créer un changement.

« Ceci contribuera à bâtir le futur. Est-ce fantaisiste ? Je ne le crois pas », a lancé le diplomate. Avant de rappeler qu’une bonne économie palestinienne ne serait rien sans processus de paix. « L’approche politique est centrale, et c’est notre priorité », a-t-il martelé. « L’absence de paix », a poursuivi Kerry, « c’est en réalité la guerre perpétuelle, même de faible intensité. Sommes-nous prêts, et voulons-nous vivre dans une intifada permanente ? » La plus grande menace pour les Israéliens et les Palestiniens est l’absence de paix, a martelé le secrétaire d’Etat, qui a dévoilé son plan après deux mois de négociations intenses pour relancer les pourparlers entre Jérusalem et Ramallah, gelés depuis décembre 2008.

Au début de son discours, Kerry a plaisanté en agitant un bout de papier : « J’ai ici un accord, vous êtes invités à signer si vous le voulez bien ». Puis d’ajouter plus sérieusement : « Les négociations ne peuvent réussir si vous ne négociez pas ».

« Asseyons-nous ensemble » 

De son côté, Abbas est monté à la tribune muni d’une copie de l’Initiative de Paix arabe, basée sur les frontières de 1967 avec échange de territoires mineurs. Exhortant Israël à accepter ce plan, le leader palestinien a ajouté que l’Etat hébreu obtiendrait ainsi la paix, non seulement avec les Palestiniens mais aussi avec tout le monde arabe et musulman. Et de souligner deux points cruciaux à ses yeux : la justice pour les réfugiés palestiniens ainsi que pour les prisonniers, en dépit de « tentatives pour sortir la question des réfugiés des pourparlers ». Le dirigeant a également accusé Israël de ne pas respecter son engagement de 1993 à libérer les prisonniers. Les Palestiniens, a conclu Abbas, n’accepteront pas l’idée d’une solution intérimaire, et en particulier, de frontières temporaires.

Peres a modifié son discours original pour réagir aux propos d’Abbas, sans toutefois lui répondre point par point. Le président a rappelé qu’à une certaine époque, il avait eu le sentiment, face à l’OLP que la solution à deux Etats était impossible. Mais aujourd’hui son sentiment est différent. Et de louer l’Initiative arabe.

« Asseyons-nous ensemble. Vous serez surpris de constater tout ce qui peut être réalisé par des échanges directs, ouverts et coordonnés », a affirmé le président. « Mes amis, nous et nos voisins palestiniens devons retourner à la table des négociations aussi vite possible et faire la paix. Président Abbas, vous être notre partenaire et nous sommes le vôtre.

Vous partagez nos espoirs et nos efforts pour la paix, et nous partageons les vôtres. Nous pouvons et nous devons rendre cela possible. Nous ne pouvons laisser les obstacles remporter la bataille. L’histoire nous jugera sur les résultats, et non sur le processus ». Peres a reçu une ovation à la fin de son discours.

« Frontières d’Auschwitz » 

Un enthousiasme loin d’être partagé par tous les membres du gouvernement Netanyahou. Interrogé à ce sujet dimanche 26 mai, le ministre des Relations stratégiques Youval Steinitz (Likoud-Beiteinou) a botté en touche : « Je ne savais pas que Peres était devenu porte-parole du gouvernement ». Et de continuer : « La position du président d’Israël est respectée, mais c’est le gouvernement qui prend les décisions politiques, et je pense que ce genre de déclarations nuit à notre position, certainement à la veille d’une reprise de négociations ».

De son côté, le ministre du Tourisme Ouzi Landau (Likoud- Beiteinou) a qualifié les lignes pré-1967 de « frontières d’Auschwitz », une référence à une célèbre citation de l’ancien ministre des Affaires étrangères Abba Eban en 1969. « Quel genre de pays voudrait se lancer dans des négociations qui in fine l’empêcheront de se défendre ? » Côté palestinien, le négociateur en chef de l’OLP Saeb Erekat s’est félicité des propos de Shimon Peres, mais s’est dit « troublé », par les réactions de certains ministres du gouvernement. « Je sais que vous êtes une démocratie, mais, en général, une coalition a un programme », a taclé Erekat, avant d’ajouter que « le monde entier sait qu’un Etat dans les frontières de 1967 est la solution. Mais, apparemment, nous devons encore en convaincre Netanyahou ».

Ce que le ministre de la Défense passive Guilad Erdan (Likoud- Beiteinou) a ensuite qualifié de « Houtspa » (impertinence), venant du Fatah, le parti palestinien étant lui-même en cours de négociations de réconciliation avec le Hamas, qui rejette la solution à deux Etats et même le droit d’Israël à exister.


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