Ahmed Jaabari : la fin du leader militaire du Hamas

Le jour de sa libération, au terme de 5 ans de captivité à Gaza, Guilad Schalit était escorté par un homme à chemise blanche. Petit bilan des activités de Jaabari.

By AMANDINE SAFFAR
November 20, 2012 15:58
Jabari

Jabari Guilad. (photo credit: Khalid Farid/MENA/Reuters)

Cet homme, Ahmed Said Khalil Jaabari, tête dirigeante et négociante de la branche militaire du Hamas, les brigades Ezzedin el- Qassam, a réussi à faire libérer les 1 000 terroristes palestiniens des prisons israéliennes. Et ce, en échange de son butin, Guilad Schalit, capturé par ses soins en 2006. Ce jour-là, il s’était dit l’homme le plus heureux du monde, rapporte sa femme. Il confiait, non sans fierté, au journal Hayat al-Ayoun que les terroristes relâchés auraient été responsables de 569 assassinats de civils israéliens.



Jaabari, suivi de près depuis des années par les services secrets israéliens, a été tué par une frappe aérienne ciblée de Tsahal le 14 novembre. Une élimination qui représente un franc succès pour les services israéliens. Après une longue traque, les vidéos montrent que les forces de sécurité ont attendu l’isolation totale de la cible. On voit passer et s’éloigner un mini-bus rempli de passager. Pas de civils à l’horizon. Une explosion, puis le silence et aucun dommage collatéral. Une mission minutieuse qui lance l’opération “Pilier de défense”, après plusieurs semaines d’hostilités venant de Gaza et de tirs de roquettes aggravés. Ouri Dromi, colonel dans l’aviation de Tsahal, conclut : “En termes pratiques, c’est une opération brillamment réussie”.

Les communiqués officiels expliquent la cause de ce délai de 5 ans avant son exécution.

Tant que Schalit était aux mains du Hamas, il était dangereux d’éliminer le commanditaire de son enlèvement.

Les forces de Jaabari ? Professionnaliser et organiser les brigades Qassam, renforcer les infrastructures terroristes, rarement apparaître en public, de sorte que sa traque fut difficile, obtenir un tel échange d’hommes et laisser une armée puissante derrière lui.

Jaabari : vie et mort 

Né à Gaza en 1960 dans la ville de Shujaiyya, il débute sa “carrière” au Fatah, le rival du Hamas. Diplômé de l’Université islamique du Hamas en 1982, il est rapidement arrêté et incarcéré pendant 13 ans par les autorités israéliennes pour implication dans un attentat. C’est en cellule qu’il rencontre des membres du Hamas, dont le cofondateur de l’entité terroriste Abdel Aziz Rantissi. Les prisons israéliennes et palestiniennes s’avèrent être des terrains de recrutement fertiles pour l’organisation terroriste.

A sa libération, en 1995, il abandonne le Fatah pour rejoindre les bancs du Hamas, et accentuer les activités terroristes dans la bande de Gaza. Il organise de nombreux attentats suicides. Arrêté par la suite en 1998 par l’Autorité palestinienne cette fois, il reprend ses activités à sa libération.

Il aidait alors la société Al-Nur à rassembler des fonds - amputés aux aides européennes et américaines destinées à l’Autorité palestinienne - pour récompenser les familles des terroristes emprisonnés.

A la mort de son prédécesseur dans la branche armée du Hamas, Mohammed Deif, tué par une frappe aérienne, il est choisi pour mener les opérations. Son principal rôle : former à la mort près de 10 000 terroristes, et multiplier les attaques de roquettes. Il est financé par l’Arabie Saoudite pour compenser ses années en prison. On lui reverse alors 2 655 dollars. En 2006 et 2007, il fomente la révolte militaire violente du Hamas contre le Fatah dans la bande de Gaza.

Gershon Baskin, cofondateur du thinktank et ONG “Centre pour la Recherche et l’information Israël/Palestine”, se plaçait comme un négociateur de choix avec Jaabari. Il dit regretter fortement cette opération ciblée, qui met un terme aux pourparlers de “paix” en cours avec le terroriste. L’homme aurait été prêt, selon ses dires, à négocier une longue trêve des attaques du Hamas, par l’intermédiaire de l’Egypte, suite à l’attentat qui avait blessé des soldats, le 6 novembre, et l’explosion d’un tunnel le 8 novembre.

Jaabari est pourtant loin d’être un homme de la paix.

Il meurt en martyre pour les Palestiniens qui accusent Israël d’avoir lancé les hostilités.

Pourtant, des tirs de roquettes incessants terrorisaient la population israélienne depuis plus d’une semaine. Ce doublement bon mari - il avait deux femmes - et bon père, selon ses proches, ne manquera pas aux services de sécurité israéliens.

Le groupe de hackers “Anonymous” prétend vouloir venger la mort du leader par des cyber-attaques, après la mise en ligne de la vidéo de son élimination par twitter.



Autres cibles éliminées par Tsahal 



Un raid aérien israélien a tué le chef de la branche armée du Hamas, Ahmed Jabari, mercredi 14 novembre.

Voici une liste non exhaustive d’exécutions attribuées à l’Etat hébreu ces dernières années : Yahya Ayyash - Surnommé “L’Ingénieur”. Ce terroriste insaisissable, stratège de la vague des attentats suicides en Israël, meurt à Gaza le 5 janvier 1996, alors que son téléphone portable lui explose entre les mains. Les Palestiniens accusent l’Etat juif, qui refuse d’admettre une responsabilité. En représailles, le Hamas mène 4 attaques suicidaires, qui tuent 59 Israéliens en 9 jours entre février et mars de la même année.

■ Sheikh Ahmed Yassin - Israël tue le leader spirituel du Hamas au cours d’un raid d’hélicoptère le 22 mars 2004, alors qu’il sortait d’une mosquée à Gaza-ville.

Des milliers de Palestiniens se jettent dans la rue pour scander des appels à la revanche et menacer “d’envoyer la mort dans chaque foyer” d’Israël.

■ Abdel-Aziz al Rantissi -Un missile lancé depuis un hélicoptère sur une voiture à Gaza-ville exécute ce leader du Hamas le 17 avril 2004. Selon les témoins, deux de ses gardes du corps meurent également.

■ Adnan al-Ghoul - Ce bombardier en chef du Hamas est éliminé au cours d’un raid aérien à Gaza-ville le 21 octobre 2004.

Ghoul était numéro 2 de la branche armée du Hamas et surnommé le “Père de la roquette Kassam”.

■ Nizar Rayyan - Cet ecclésiastique appelle au renouveau des attentatssuicides en Israël. Largement considéré comme un des leaders politiques les plus durs du Hamas, il est tué en même temps que ces 4 épouses et ses 7 enfants au cours d’un bombardement le 1er janvier 2009 à Jabaliya.

■ Saeed Seyyam - ministre de l’Intérieur du Hamas, il est en charge de 13 000 hommes du mouvement. Il est tué par un raid aérien dans la bande de Gaza le 15 janvier 2009.

 


 



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