Confessions d’un marin

Un commandant de Tsahal explique sa mission de protection des eaux israéliennes.

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December 4, 2012 15:53
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INS Eilat.

INS Eilat 300. (photo credit: IDF Spokesman’s Office)

La seule frontière sûre d’Israël est son littoral, selon le commandant de la Marine israélienne, Oren Hagag, qui dirige l’INS Eilat, un bateau lance-missiles, attaché à port de Haïfa.

La plupart des frontières israéliennes sont des zones à risque. A la lisière de la Syrie et du Liban, elles sont hermétiquement fermées. Côté égyptien, le Sinaï est le théâtre d’une activité terroriste croissante. Hagag note donc que l’Etat hébreu a toujours été isolé géographiquement, à l’exception de « notre frontière occidentale », comme il surnomme la côte méditerranéenne.

Les importations arrivent dans leur grande majorité en Israël par cargaison navale. La Flottille 3, dont l’Eilat fait partie, doit faire en sorte que cette artère maritime essentielle reste ouverte et sûre.

« Si les compagnies navales ne se sentent pas en sécurité, les primes d’assurance grimperont tellement qu’elles deviendront rédhibitoires », explique le militaire.

Un tel scénario priverait Israël d’échanges commerciaux vitaux.

« Pour savoir ce qui se passe en mer, nous devons être en mer », assène Hagag, décrivant une doctrine maritime de longue haleine. Ce qui signifie des patrouilles côtières, l’arrestation et la fouille des navires suspects et l’interception de convois d’armes vers Gaza en provenance de l’Iran.

Mais l’armée maritime mène également d’autres missions stratégiques, pour la plupart secrètes. Les marins à bord de l’Eilat sont exposés à tant d’informations classées qu’ils doivent signer un contrat de confidentialité. Souvent, ils ne connaissent pas exactement le rôle de leurs collègues.

« L’équipage est divisé en unités, et chacune fait son travail », continue le commandant.

Sous ses ordres : un navire armé jusqu’aux dents et équipé de la plus haute technologie. Son arsenal comprend des missiles Barak merair, mer-mer, de longue portée ; des canons capables de viser des cibles en terre ferme et un héliport. Des cyber-armes complètent le tableau.

L’officier souligne l’efficacité ergonomique du navire et son organisation. C’est la seule plateforme israélienne qui permette de se battre « en trois dimensions : terre, mer, eaux sous-marines et airs », dit-il fièrement.

Son équipage se compose de 75 marins et 25 officiers, diplômés de l’Académie navale israélienne.
Du fait de l’exigence des missions, l’entraînement est très intense.

En dépit de son rôle majeur dans la défense de la nation, la marine israélienne n’hérite que d’une petite partie du budget militaire, accaparé par les armées de l’Air et de Terre. « Nous attendions des fonds supplémentaires qui ne sont pas venus », note sèchement le commandant. Le nombre de vaisseaux diminue, mais les menaces restent les mêmes. Hagag et ses homologues doivent donc continuer à assurer la sécurité méditerranéenne avec les moyens du bord.



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