La solution à deux Etats : déjà de l’histoire ancienne ?

By MATTI WAGNER
December 3, 2013 17:40

Au plus fort des pourparlers israélo-palestiniens, d’aucuns s’interrogent sur le bien-fondé d’une solution qui n’en finit plus de se négocier. Eclairages.




Abbas et Herzog lors d'une rencontre à Ramallah

P13 JFR 370. (photo credit: Reuters)



En septembre dernier, Ian Lustick, professeur de sciences politiques à l’université de Pennsylvanie, s’est vu attribuer une place de choix dans le New York Times pour un long article intitulé « L’illusion des deux Etats ». Peu après, le New Yorker consacrait à son tour deux articles non moins importants sur le même sujet : le premier de Bernard Avishaï, professeur invité à l’université de Darmouth, qui appelait à la création d’une confédération israélo-palestinienne, le second signé Yousef Munayyer, directeur du Jerusalem Fund de Washington, suggérant l’idée d’une démocratie multi-ethnique.



Dans l’édition d’août du grand magazine intellectuel et littéraire The New York Review of Books, le texte de Nathan Thrall intitulé « Quel avenir pour Israël ? » traitait du même thème et concluait que, si les pourparlers en cours, orchestrés par le secrétaire d’Etat américain John Kerry, n’aboutissaient pas, « les Israéliens pourraient commencer à se demander si le moment n’était pas venu d’abandonner tout espoir d’une paix véritable. ». Quant à Ben Birnbaum, il intitulait son article pour le magazine d’opinion américain The New Republic « La fin de la solution à deux Etats : pourquoi la fenêtre est en train de se fermer sur la paix au Proche-Orient ».



Il paraît cependant quelque peu prématuré de prononcer l’oraison funèbre de la solution à deux Etats, comme le laisse envisager ce tour d’horizon américain. D’abord parce qu’on ne sait jamais : comme dans toute solution diplomatique à un conflit national, politique ou religieux, tout dépend de la décision que pourrait prendre en toute liberté l’un ou l’autre des protagonistes. En théorie, on peut imaginer la direction politique palestinienne subir une transformation radicale et décider de soudainement reconnaître le droit à l’existence d’Israël en tant qu’Etat juif. Elle pourrait, qui sait, cesser de glorifier les auteurs d’attentats meurtriers et d’inciter sa population à la haine contre Israël. Si, à l’instar du président égyptien Anouar el-Sadate venu à Jérusalem en novembre 1977, les Palestiniens accomplissaient soudain un geste significatif, cela changerait la donne et nous, les Israéliens, pourrions leur tomber dans les bras sans plus d’hésitations.



Une solution soutenue par Netanyahou



Et puis, derrière ces termes de « solution à deux Etats », se dissimulent une multitude de visions qui diffèrent selon la personne qui s’exprime. Ainsi, l’initiative de Genève, qui appelait à la division de Jérusalem et au démantèlement d’Ariel, n’avait rien à voir avec la vision prônée par Yaïr Lapid, de Yesh Atid, qui rejette l’une et l’autre de ces concessions, ni avec celle d’Ami Ayalon, ex-patron du Shin Beth, dont l’organisation Avenir Bleu-Blanc appelle à un retrait unilatéral de Judée et de Samarie.



Quant aux Palestiniens, la solution à deux Etats signifie pour eux une Palestine bâtie le long des lignes de l’armistice de 1949, avec Jérusalem pour capitale et vierge de toute présence juive. Ils envisagent en outre l’arrivée en masse de « réfugiés » palestiniens qui feraient valoir leur droit au retour.



Difficile, dans ces conditions, de savoir de quoi il est question lorsqu’on proclame la mort de la solution à deux Etats… D’autant qu’une multitude de gens importants ont l’air d’y croire encore et déploient des trésors d’énergie pour la mettre en œuvre. Ainsi le secrétaire d’Etat John Kerry déclarait-il en arrivant en Israël pour une nouvelle tournée de négociations le mois dernier : « Malgré les difficultés, je suis très confiant dans nos chances d’avancer ensemble vers une solution. C’est d’ailleurs la raison de ma présence ici. »



Au fil des ans, le Premier ministre israélien Binyamin Netanyahou a parcouru de son côté un long chemin, qui l’a amené à approuver l’idée de la solution à deux Etats. Dans son discours de 2009 à Bar-Ilan, il annonçait, pour la première fois de sa carrière politique, sa volonté d’accepter un Etat palestinien démilitarisé vivant côte à côte avec l’Etat juif. Peu après l’élection de 2013, Israël Harel, fondateur du Goush Emounim, le critiquait avec virulence en déplorant qu’il n’ait pas jugé bon de consulter les instances du Likoud avant de promulguer son changement de cap, qu’il qualifiait de « tournant idéologique révolutionnaire qui revient à briser les Tables de la Loi du parti ».



La menace binationale



Depuis lors, adoptant un langage qui ne ressemble guère à celui de la droite, Netanyahou a plusieurs fois exprimé ses craintes face à la menace démographique imposée par les Palestiniens et les Arabes vivant à l’intérieur de la Ligne verte, qui pourraient bien transformer bientôt Israël en un Etat binational. Il en parlait déjà en avril 2012 et, en juin dernier, soit un mois avant le début des négociations actuelles, il déclarait à la Commission de la Knesset en charge des Affaires étrangères et de la Défense : « Certes, entamer des négociations directes risque de se révéler très difficile, mais l’alternative serait un Etat binational, et de cela, nous ne voulons pas ! » Enfin, si Netanyahou était par le passé un virulent opposant à la division de Jérusalem, notons qu’il n’a plus abordé le sujet depuis janvier 2013. Et en septembre dernier, le député Likoud Tzachi Hanegbi laissait entendre à Washington que le Premier ministre ne serait pas totalement hostile à un compromis sur Jérusalem. « Je pense que nous serons à même de donner une réponse satisfaisante, une réponse “gagnant-gagnant”, sur presque tous les sujets, y compris sur Jérusalem », affirmait ce confident de longue date de Netanyahou.



Si la décision du Premier ministre de former une liste commune avec Israël Beiteinou d’Avigdor Liberman en amont des élections de janvier 2013 a sans doute été motivée par de très inquiétants sondages préélectoraux, une fusion des deux partis, qui devrait être bientôt soumise au vote, aiderait Netanyahou à diluer l’influence croissante de l’aile droite pro-annexionniste de son propre parti. Lieberman a récemment qualifié le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas de « menteur, lâche et poule mouillée » Mais en dépit de cela, et de sa vision pour résoudre le conflit israélo-palestinien (qui consiste à céder au futur Etat palestinien certaines zones à forte population arabe situées à l’intérieur de la Ligne verte, tout en annexant, en contrepartie, certaines parties de Judée-Samarie à forte population juive), le nouveau ministre des Affaires étrangères n’est pas fondamentalement opposé à une éventuelle solution à deux Etats.



En outre, c’est la ministre de la Justice Tzipi Livni que Netanyahou a chargé des négociations avec les Palestiniens. Cette même Tzipi Livni qui, en octobre, déclarait dans une interview au Jerusalem Post qu’elle croyait encore à un processus diplomatique conduisant à une solution à deux Etats… « S’il n’y avait aucun espoir de parvenir à la paix », avait-elle alors affirmé, « je ne serais pas là. »



De son côté, le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas indiquait à un groupe de députés de gauche de la Knesset réunis à Ramallah que la période de neuf mois prévue pour les pourparlers actuels était suffisante pour aboutir à un accord. « Tous les problèmes ont déjà été discutés par le passé, à Camp David, à Taba ou avec l’ancien Premier ministre Ehoud Olmert », ajoutait-il.



D’insurmontables obstacles ?



Bien entendu, la mise en place d’une solution à deux Etats ne sera pas simple pour autant. Même en 2008, lorsque le Premier ministre de l’époque avait accordé les compromis territoriaux les plus généreux jamais concédés par un gouvernement israélien et accepté de partager Jérusalem, les parties étaient restées divisées sur de nombreux points. Selon les déclarations d’Olmert, l’ex-Premier ministre proposait alors d’annexer seulement 6,3 % de la Judée-Samarie et d’accorder aux Palestiniens, en compensation, 5,8 % de territoires à l’intérieur de la Ligne Verte et 0,50 % de territoire sous la forme d’un couloir qui relierait Gaza aux territoires disputés.



Les Palestiniens refusaient cependant de céder plus de 1,9 % de la Judée-Samarie à l’annexion israélienne. Ils exigeaient non seulement l’évacuation d’Ariel (dont la population s’élevait à 20 000 habitants et qui abritait déjà une université), mais aussi celle de Maalé Adoumim (40 000 habitants), de Guivat Zeev (10 000 habitants) et de quelques autres implantations et quartiers, qu’une majorité d’Israéliens estimait faire partie d’un consensus. Le nombre de Juifs qu’il aurait ainsi fallu déplacer dans le cadre de la proposition palestinienne s’élevait à 170 000 (contre 70 000 pour celle d’Olmert).



Le dirigeant israélien avait de surcroît proposé un partage de Jérusalem, de façon à ce que les quartiers arabes reviennent aux Palestiniens et les quartiers juifs à Israël. Pour sa part, la Vieille Ville aurait été administrée par un consortium de cinq nations : l’Arabie Saoudite, la Jordanie, les Palestiniens, les Etats-Unis et Israël. Olmert acceptait même de permettre à un nombre symbolique de « réfugiés » (5 000, sur une période de 5 ans) de revenir s’installer dans leurs anciennes maisons à l’intérieur de la Ligne verte. Abbas, lui, en exigeait 150 000. Enfin, si aucune discussion sérieuse ne s’était encore engagée en matière d’arrangements sécuritaires, les Palestiniens refusaient d’emblée toute présence militaire israélienne sur le sol de leur futur Etat, ni dans la vallée du Jourdain, ni sur les collines surplombant la région de Tel-Aviv, ni ailleurs.



Il n’est donc pas surprenant qu’à la fin de son récent ouvrage publié en anglais, Tested by Zion : The Bush Administration and the Israeli-Palestinian Conflict, Elliott Abrams n’est pas d’accord avec les protagonistes qui s’acharnent encore à négocier cette fameuse solution à deux Etats : « Non », dit-il, « tout le monde ne comprend pas bien à quoi va ressembler l’accord final ». « La réaction d’Abbas aux propositions d’Olmert indique que même une offre que les Israéliens estiment extrêmement généreuse peut être très insuffisante pour la direction palestinienne. De même, un Premier ministre israélien pourrait-il donner son accord à l’une des conditions sur le statut final que ne manqueront pas de poser les Palestiniens, comme l’arrivée de milliers de “réfugiés” palestiniens en Israël et la division de la Vieille Ville à Jérusalem ? » La conclusion d’Abrams, c’est qu’un accord négocié concernant le statut final est fort peu probable en l’état actuel des choses, et qu’il faudrait plutôt orienter les efforts vers une amélioration des conditions de vie des Palestiniens.



Le faux pas américain



En réalité, ces quelque 30 ans de négociations se résument à une histoire de fossés infranchissables et d’échecs lamentables, qui ont la plupart du temps mené à des violences meurtrières. D’aucuns ont d’ailleurs l’air de penser qu’un destin similaire attend la dernière tentative en date. Il y a un mois, Kerry n’a-t-il pas mis en garde contre une troisième intifada ? Sans doute parce qu’il cherchait, par tous les moyens, à ne pas interrompre les négociations en cours. Dans une interview commune à la deuxième chaîne israélienne et à Palestine TV, il prédisait ainsi que, si les pourparlers actuels échouaient, il s’ensuivrait une intensification de la campagne de délégitimation d’Israël à laquelle on assiste déjà dans le monde. Semblant adopter la position palestinienne, il ajoutait : « Si nous ne résolvons pas la question des implantations juives en déterminant qui vit où et de quel droit, si nous ne mettons pas un terme à la présence permanente de soldats israéliens en Cisjordanie, il en ressortira l’impression croissante que, si on ne parvient pas à faire la paix avec une direction palestinienne qui prône la non-violence, on pourrait bien écoper d’un autre leadership qui serait, pour sa part, enclin à la violence. »



Cette attaque directe contre Israël formulée par Kerry a sans doute fait plus de mal que de bien à l’avenir des pourparlers, du moins, de l’avis israélien. En révélant cette position assez douteuse sur le plan moral, il a miné la confiance du pays envers les Etats-Unis, confiance nécessaire pour qu’Israël s’aventure à prendre les risques indispensables à la paix. En somme, il affirmait que la volonté d’Israël à garder les moyens de se défendre et son droit de construire des logements pour ses citoyens – même dans la partie de Jérusalem-est et dans les blocs d’implantations qui relèvent du consensus – justifient un recours à la violence de la part des Palestiniens.



Certes, il brandissait la menace de cette troisième intifada pour pousser Israël aux concessions, mais c’est l’effet inverse qui a été obtenu. Jusqu’à présent, les présidents américains avaient tous compris que l’assurance d’une proche alliance avec Israël permettait à la Maison-Blanche d’exercer un maximum de pression sur l’Etat hébreu. Mais insinuer au contraire que les Etats-Unis sont prêts à prendre leurs distances a pour effet de débrider presque immédiatement l’antisémitisme à travers le monde et l’hostilité envers l’Etat hébreu. Se sentant moins en sécurité, ce dernier freine alors des quatre fers en matière de concessions potentiellement dangereuses, répugnant à prendre le moindre risque sur sa sécurité. Bref, les commentaires de John Kerry ont probablement aggravé une situation déjà assez mauvaise.



L’intenable position palestinienne



Abbas, de son côté, passe pour un modéré aux yeux des Palestiniens. Mais lui non plus ne contribue pas à la paix. Tout d’abord, il n’a guère préparé sa population aux concessions nécessaires à la sortie du conflit. Au contraire, il n’a cessé de présenter celles-ci comme des injustices et des pis-aller, seulement acceptables dans la mesure où elles pourront mettre un terme à l’occupation, et à condition que la création d’un Etat indépendant ne soit qu’une première étape vers l’élimination totale d’Israël et la récupération de toutes les « terres palestiniennes ». Ainsi la naissance de l’Etat palestinien est-elle la garantie d’une intensification du conflit, et en aucun cas de son apaisement.



Certes, Abbas a fait certaines déclarations modérées. Cependant, à chaque fois ou presque, il a immédiatement cédé après aux pressions de son camp et fait machine arrière. En



novembre 2012, soit quelques mois avant les élections israéliennes, il paraît ainsi renoncer au droit au retour palestinien. « Pour moi, la Palestine, ce sont les frontières de 1967, avec Jérusalem est pour capitale », a-t-il indiqué dans une interview à Aroutz 2. A la question de savoir s’il aimerait revenir dans sa ville natale, Safed, que sa famille a fuie en 1948, il répond simplement : « Je voudrais voir Safed. C’est mon droit de voir cette ville, mais pas d’y vivre. » Cette interview a lieu un vendredi. Le dimanche suivant, face aux attaques de son propre parti, le Fatah, aux militants du Hamas qui brûlent sa photo à Gaza, il revient en arrière sur la question des réfugiés, affirmant n’avoir parlé qu’en son nom propre, et en aucun cas au nom du peuple palestinien.



Hormis Abbas, rares – sinon inexistants ! – sont les dirigeants politiques palestiniens désireux de mener des négociations avec Israël. En juillet dernier, quand Israël et l’Autorité palestinienne tombaient enfin d’accord pour reprendre les pourparlers de paix, Khaled Abou Toameh, correspondant du Jerusalem Post pour les affaires palestiniennes, écrivait : « Parmi les Palestiniens, il a été impossible de trouver un seul individu, un seul groupe, un seul mouvement prêt à accueillir à bras ouverts l’annonce par John Kerry que les négociations allaient reprendre. »



Aujourd’hui, à 78 ans, Abbas est un gros fumeur et a la santé fragile. Pourtant, il n’a toujours pas désigné de dauphin susceptible de lui succéder le moment venu. Plus encore, sa légitimité politique est suspecte, sachant que son mandat présidentiel, qui a débuté après les élections de janvier 2005, s’est officiellement achevé en janvier 2009. La rupture entre la bande de Gaza, sous contrôle du Hamas, et la Judée-Samarie dirigée par le Fatah, a empêché la tenue de nouvelles élections. Dans ces circonstances, on ne sait pas trop qui Abbas représente. On ne sait pas non plus qui, côté palestinien, serait lié par un éventuel traité de paix signé par lui avec Israël.



Un passé qui demeure irrésolu



Autres bâtons dans les roues pour les chances de parvenir à une solution à deux Etats négociée, la prise de conscience de plus en plus nette que ce n’est pas en résolvant les problèmes créés par la guerre des Six Jours que l’on se débarrassera de ceux qui remontent à 1948 et à la guerre d’Indépendance. Un état de fait illustré à de nombreuses reprises par l’insistance des Palestiniens sur le « droit au retour » pour les réfugiés de 1948. D’autant que de plus en plus d’Israéliens, de droite comme de gauche, mais aussi issus de la gauche radicale, reconnaissent que, sur le plan moral, l’existence de villes, de quartiers et de kibboutzim construits sur les ruines de villages palestiniens (comme Ramat Aviv, anciennement Sheikh Mouwannis) n’est ni plus ni moins justifiée que celle des implantations juives en Judée-Samarie. Au contraire, bien souvent, la création de ces villes, quartiers et kibboutzim à l’intérieur de la Ligne verte a causé plus de souffrances aux Palestiniens qui vivaient là autrefois que la construction d’implantations sur des terres qui étaient pour la plupart inhabitées.



Conséquence, de plus en plus de voix se sont élevées, à droite comme à gauche, pour une solution à un seul Etat. Si les motivations et les points de vue sur la physionomie qu’aurait ce futur Etat se révèlent radicalement différents, il semble toutefois y avoir au moins un consensus : tout le monde s’accorde à penser qu’il y a un conflit entre deux peuples vivant dans un seul Etat, entre le Jourdain et la Méditerranée, et qu’il n’existe aucun moyen simple de les séparer.



S’il est non seulement prématuré, mais aussi ridicule de célébrer les funérailles de la solution à deux Etats, il n’en est pas moins vrai que de plus en plus d’Israéliens étudient des alternatives au modèle classique des deux Etats pour deux peuples, fondées sur les lignes de l’armistice de 1949. Des personnalités importantes du Likoud, comme l’ex-porte-parole de la Knesset Reouven Rivlin, l’ex-ministre de la Défense Moshé Arens et la vice-ministre des Transports Tzipi Hotovely, défendent désormais cette idée de solution à un seul Etat. Et pas seulement au Likoud : le vice-ministre des Affaires étrangères Zeev Elkin et le président de la coalition Yariv Levin, tout comme le président de HaBayit Hayehoudi Naftali Bennett, ont appelé à annexer toute la zone C, soit environ 60 % de la Judée-Samarie.



Autant de solutions que de courants



Les partisans d’une solution à deux Etats tendent pour leur part à négliger ces alternatives. Ainsi le Dr Toby Greene, directeur de recherche chez BICOM, centre de recherche et de communication britannique pour Israël, a qualifié la proposition de Bennett d’incohérente, « sachant que les Palestiniens n’accepteront jamais de vivre comme des citoyens de seconde zone dans un pays qui ne serait pas le leur, sans le droit d’élire le gouvernement qui décide de leur vie quotidienne, tout comme de Juifs ne l’accepteraient jamais ».



Lui-même défend l’idée d’un retrait unilatéral de Judée-Samarie, qui créerait, selon lui, les conditions d’une paix globale future, en dépit du précédent peu favorable créé à Gaza.



Aux XIXe et XXe siècles, les Juifs d’Europe étudiaient les réactions qu’ils pourraient adopter face à la montée de l’antisémitisme. Désormais, c’est une abondance de « solutions » au conflit israélo-palestinien qui est formulée, principalement par les Juifs, en Israël et dans le monde. Au cours des décennies qui ont précédé la Shoah, les Juifs avaient imaginé une multitude de solutions contre l’antisémitisme effréné : il y avait les socialistes et les communistes, les Juifs libéraux et les Bundistes. Il y avait les Juifs qui émigraient en Amérique et se fondaient dans le melting-pot et les défenseurs du yiddish qui se battaient pour préserver une culture juive laïque unique au monde. Il y avait des sionistes de tous bords et de toutes tendances idéologiques…



Aujourd’hui aussi, une myriade de solutions sont imaginées autour du conflit israélo-palestinien, le problème le plus brûlant du judaïsme contemporain. Il y a les partisans de deux Etats et les partisans d’un seul Etat, les annexionnistes et les défenseurs d’un « Etat pour tous les citoyens ». Il y a les unilatéralistes et les partisans d’un dialogue direct ; ceux qui prônent une séparation complète des populations et ceux qui sont pour une intégration graduelle des Palestiniens dans un Etat à majorité juive avec des symboles nationaux juifs. Ces propositions diverses et variées ne sont pas seulement des tentatives de trouver des solutions pragmatiques au conflit (même si toutes visent précisément à cela) : elles reflètent aussi les visions de leurs auteurs, qu’ils soient hommes politiques ou intellectuels.




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