Histoire et esthétique

By JOHN BENZAQUEN
January 9, 2013 12:45

Si les transactions immobilières se font rares à Ein Kerem, les prix eux, continuent à grimper en flèche.

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A single-family home in Ein Kerem can cost upward

Ein Kerem home 521. (photo credit: Courtesy Anglo-Saxon Real Estate)

Ein Kerem est considéré comme un quartier haut de gamme à Jérusalem. Desiderata de l’élite financière hiérosolomytaine : vert, classe, pourvu d’un réseau routier excellent, accessible aussi bien depuis les grandes villes que les petits villages alentour ; le quartier est « pratique » pour ceux qui désirent travailler à Tel-Aviv. Situé dans la partie sud-ouest de la capitale, plus de 350 ménages ont jeté leur dévolu sur le village, qui compte également nombre de monastères, églises et institutions de charité chrétiennes. Au total, 2 000 foyers vivent à Ein Kerem. Le passé de la zone est ancré dans l’histoire des pères du christianisme. Atout non négligeable pour l’immobilier, qui vient s’ajouter à la proximité de l’Université de médecine d’Hadassah, construite en 1961 sur une colline alentour. 

Dans les livres de Néhémie et Jérémie

 Selon la tradition chrétienne, c’est le lieu de naissance de Saint Jean-Baptiste. On associe notamment le site à la vie de la Vierge Marie : la source d’eau connue sous le nom de la « fontaine de Marie » serait le lieu de mort de Marie et d’Elisabeth. Dans l’Evangile selon Luc, Elisabeth était la mère de Saint Jean-Baptiste et une cousine de Marie. Certains pèlerins catholiques et orthodoxes considèrent la source comme « sacrée ». Et remplissent leurs bouteilles vides de l’eau pure. C’est au Baron Edmond de Rothschild qu’on doit la rénovation de la fontaine. Par la suite, de nombreuses institutions chrétiennes se sont installées sur les lieux : on ne compte plus les églises et monastères, plutôt nombreux pour la région. Ein Kerem est ainsi devenu un haut lieu de pèlerinage pour les Chrétiens. Chaque année, près de 2 millions de visiteurs sont de passage dans la vallée. Toutefois, l’histoire du quartier précède la naissance du christianisme : on y résidait déjà avant l’ère biblique. Comme c’était souvent le cas dans l’Antiquité, la source d’eau fraîche, élément essentiel à toute forme de vie, attirait les premiers arrivants. De sorte que depuis des millénaires, la zone est habitée en permanence. Les archéologues y ont découvert des poteries provenant de l’âge de bronze. La Bible elle-même mentionne Ein Kerem dans les livres de Néhémie et Jérémie. Au cours de fouilles dans la région, les chercheurs ont déterré une statue de marbre d’Aphrodite brisée en deux, datant de l’Empire romain en Judée. Selon les historiens, elle a dû être victime de fanatiques chrétiens lorsque l’empire byzantin régnait sur la région. La statue se trouve aujourd’hui au musée Rockfeller. Ein Kerem reste un village important sous les conquêtes arabes du 7e siècle. Les Croisés, pour leur part, renomment la zone « Saint Jehan de bois ». Un recensement foncier effectué après la conquête de la Palestine par l’Empire ottoman, à la fin du 16e siècle, révèle l’existence de quelque 29 familles, toutes musulmanes, habitant les lieux. En 1931, selon le recensement britannique de l’époque, le village compte une population de 2 637 personnes, devenues 3 180 résidents en 1945. 

Des conquêtes arabes à la ville tendance

 En 1948, le village se vide complètement de sa population. Pendant la guerre d’Indépendance, Ein Kerem est une base pour la guérilla arabe, qui attaquait les convois d’eau et de nourriture en route vers Jérusalem. Après la conquête israélienne, les habitants fuient la zone, en attendant le départ des « sionistes ». A la fin des hostilités, le village est incorporé aux frontières de Jérusalem. Ein Kerem est l’un des rares villages qui a perdu sa population mais a gardé son architecture quasi-intacte après la guerre. Des nouveaux immigrants aux moyens limités vont alors repeupler les maisons abandonnées. Au fil des années, les tenants de l’art de la capitale redécouvrent Ein Kerem et rachètent les vieilles demeures, dont les propriétaires veulent se débarrasser. A cette époque, dans les années 1970 et 80, le quartier est en arrière-plan du marché immobilier. Plus tard, les hiérosolomytains affluents commencent à acheter, animés de bonnes raisons : Ein Kerem est un village prospère, où les bâtisses sont grandes et spacieuses, aux murs épais et aux plafonds arqués. Ces demeures seront restaurées avec minutie et force dépenses et transformées en palaces résidentiels. Pour autant, Janet Amitai, propriétaire et directrice de Re/Max, Agam immobilier, qui s’occupe du quartier, raconte que les transactions se font rares. Les propriétaires défendent leurs biens. « La moindre annonce sur le marché est bouclée en un tour de main, bien que les prix soient très élevés. Une maison familiale peut coûter jusqu’à 6 millions de shekels. Certaines de ces maisons ont été découpées en plusieurs appartements, ce qui les rend plus accessibles », explique-t-elle. Or pour une demeure de 6 millions de shekels, l’acquéreur voudra la rendre à son goût, ce qui entraînera des dépenses encore plus importantes, même si la plupart des biens ont déjà été rénovés. Toute rénovation entraîne des dépenses qui coûtent très cher. Les autorités urbaines empêchent souvent de modifier la façade des immeubles et délivrent difficilement des permis. Et même refaire l’intérieur n’est pas non plus aisé.


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