La reine des petits fours

Quand Efrat Libfroind s’est mariée, il y a 20 ans, elle ne savait même pas cuisiner une omelette, confie-t-elle. Aujourd’hui, son commerce est florissant.

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February 12, 2013 14:33
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Efrat Libfroind gives a cooking demonstration.

Efrat Libfroind 521. (photo credit: Courtesy)

Elle vend ses petits fours haut de gamme et ses créations chocolatées dans tout le pays et enseigne l’art de confectionner d’élégantes pâtisseries. « Peut-être que j’avais ça en moi », dit-elle. « Depuis que je suis toute petite, j’aime les belles choses, le raffinement. Selon moi, les pâtisseries doivent toujours être décorées. Pas seulement les gâteaux, mais toutes les pâtisseries. » Libfroind, la quarantaine passée, vit dans le quartier haredi de Romema, à Jérusalem. Elle partage sa passion et son savoir-faire. Elle enseigne et écrit dans les colonnes des journaux culinaires. Ce qui ne l’empêche pas de prendre soin de ses 7 enfants – dont un nouveau né – et de travailler au lancement d’un magazine rn hébreu sur la cuisine casher.

Il y a 17 ans, Libfroind se rend à New York avec son mari, étudiant en yeshiva, et, sur un coup de tête, elle s’inscrit à deux mois de cours intensifs de pâtisserie dans une prestigieuse école de cuisine. En rentrant en Israël, elle décide de franchir une nouvelle étape et se lance dans l’art d’orner les pâtisseries.

« Dans un premier temps, j’ai continué à m’instruire » nous raconte-t-elle. « Je suis allée en Allemagne, en Espagne, en Italie… mais surtout en France ! ».

Problème : les ateliers culinaires auxquels elle participe ne sont pas cashers et elle ne peut donc pas goûter ses productions, aussi tentant que ce soit. « C’était très difficile », se souvient-elle. « Mais c’est un choix. Si tu décides vraiment que tu ne peux pas, il n’y a rien d’autre à dire ou faire, tu ne peux pas ! Certains professeurs étaient très compréhensifs, d’autres beaucoup moins. » En rentrant chez elle après ses voyages à l’étranger, Libfroind s’amuse à convertir les recettes non casher en casher. Une fois qu’elle a bien rodé ses compétences, elle commence à enseigner à d’autres femmes religieuses. C’est ainsi qu’il y a 13 ans, elle lance son affaire, vendant des petits fours et autres délices miniatures.

Très vite, elle devient connue dans le pays comme « la reine des petits fours », et écoule des centaines de créations chaque année. La petite entreprise grandit et Libfroind demande alors à d’autres femmes orthodoxes de travailler avec elle. Sa cuisine devient trop exiguë et elle s’installe dans un véritable atelier professionnel.

Pour les religieux et les laïcs

« Au début, c’était très délicat pour moi d’attribuer des tâches », raconte-t elle. « Je disais souvent à mes employées “Ok, ne fais pas ça, je vais le faire”, parce que je ne leur faisais pas tout à fait confiance. » Mais aujourd’hui, elle apprécie le fait de pouvoir déléguer quand elle le peut et de se concentrer sur d’autres projets, comme ce magazine culinaire qu’elle lance pour le prochain Pourim.

« Je trouve cela dommage. Nous sommes en Israël, une nation juive, et il n’existe même pas de magazine de cuisine casher », dit-elle. Le journal qui a pour titre « Buffet » sortira tous les deux mois. Il fera intervenir de grands chefs du pays qui, selon Libfroind, se réjouissent de créer des plats casher pour elle.

Elle se fait peu à peu connaître en dehors de la communauté religieuse et confie d’ailleurs que depuis quelques années, elle travaille de plus en plus avec des Israéliens laïcs. « Leur réaction est encore plus vive que celle des religieux », s’étonne-t-elle. « Ils s’exclament : “Quoi ? Vraiment ? Vous êtes religieuse ? Vous étiez probablement laïque avant” », décrit-elle.

Il y a presque deux ans, Libfroind publie un livre, L’élégance casher, présentant ses créations culinaires et décoratives. Il est d’abord publié en hébreu et se vend comme des petits pains avant d’être traduit en anglais et exporté aux États- Unis. « C’était mon rêve depuis des années », relate-t-elle.

« Je voulais que ce soit quelque chose de vraiment spécial, mon ouvrage devait être différent des autres ».

Le livre est un épais recueil : sur une pleine page sont présentées les pâtisseries aux couleurs flash. « Il n’y a pas de mot pour décrire l’impression que procure la publication de son propre ouvrage », s’exclame-t-elle. « C’est comme donner naissance à un enfant. » Alors qu’elle pense déjà à un second tome, elle s’occupe à plein temps de son magazine, de son entreprise et de sa famille.

Elle voyage aussi régulièrement en Europe pour prendre des cours avec de prestigieux chefs et pour participer à des salons culinaires. Elle enseigne aussi à New York deux fois par an.

Libfroind est une femme à part, mais il y a bien une chose qu’elle a en commun avec la plupart des Israéliens : « Je ne rate jamais un épisode de Master Chef ! ».


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