Les Archives sionistes centrales (CZA, Central Zionist Archives) à Jérusalem sont l’un des trésors les moins connus du pays. De la rue Yaffo, en direction du pont des cordes, on voit bien un panneau signalant les archives, mais le bâtiment, invisible depuis la rue, n’est pas facile à trouver la première fois. Le visiteur qui demandera son chemin aux passants aura bien du mal à se faire indiquer le lieu, quand bien même celui-ci se trouve à peine à quelques mètres.

Tout un chacun peut effectuer gratuitement des recherches aux CZA, on ne paie que le matériel imprimé ou scanné. En moyenne, selon Rochelle Rubinstein – archiviste senior – 10 à 15 personnes viennent consulter les archives chaque jour. Un chiffre qui augmente en été, avec l’arrivée des étudiants d’outre-mer en vacances. Dans les stocks des Archives, aucun acte de mariage ou de naissance, mais quantité de matériel sur les immigrants et l’immigration, très prisé par les généalogistes juifs.
Le pays compte d’autres ressources en archives, comme Yad Vashem, les Archives de l’Etat d’Israël, les Archives centrales du peuple juif (situées dans la Bibliothèque nationale du campus de l’Université hébraïque de Jérusalem à Guivat Ram), les Archives de la vallée de Jézreel, les Archives municipales de Haïfa, la Presse historique juive, les Archives municipales de Jérusalem, l’Institut Jabotinsky, les Archives historiques de Petah Tikva, les Archives municipales de Natanya, les Archives de l’histoire de Rehovot, ou encore les Archives municipales historiques de Tel-Aviv-Jaffa.

Particularité d’Israël : peu d’archives en ligne, par contre on peut trouver online la description du matériel disponible. Cette situation présente tout de même un certain avantage : un site Internet ne procurera jamais la même émotion que le fait de tenir en main un document authentique dégageant le parfum légèrement âcre de l’Histoire.

Une pièce entière pour Theodor Herzl

Localisées à Berlin à leurs débuts en 1919, les Archives sionistes centrales ont été déplacées à Jérusalem entre 1933 et 1937, vers le complexe appartenant à l’Agence juive. Le bâtiment qui les abrite actuellement a été conçu par Arye Dulzin alors qu’il dirigeait l’Organisation sioniste mondiale (OSM) et l’Agence juive, entre 1978 et 1987. Dulzin pensait que les pièces historiques préservées du Mouvement sioniste méritaient d’être rassemblées sur un seul site, afin que les générations futures aient accès aux documents personnels des figures importantes de l’histoire sioniste.

Contrairement à nombre d’institutions publiques, situées sur des terres appartenant au Patriarcat grec, les CZA sont logées sur un sol appartenant à l’OSM et à l’Agence juive.

Elles contiennent au départ les documents de l’Agence juive, de l’OSM, du Keren Kayemet leIsraël (Fonds national juif), du Keren Hayesod et du Congrès juif mondial. Plus de 1 500 archives de personnes impliquées dans le sionisme ou la construction du Yishouv sont là.

Une pièce entière est consacrée à Theodor Herzl, dont une carte d’invitation à sa bar-mitsva, des cartes postales envoyées à ses parents depuis la Palestine, et le manuscrit original du manifeste sioniste Altneuland.
Les plus anciens documents datent de 1880. Aux papiers individuels ou institutionnels s’ajoutent des cartes, des plans de peuplement, une collection de notes manuscrites et d’affiches, des dossiers de presse sur des sujets touchant au sionisme, une bibliothèque de littérature sioniste, une gigantesque collection de photos, et une collection d’enregistrements des Congrès sionistes et des plus importantes réunions sionistes, ainsi que quelques objets artisanaux sionistes et une série de microfilms de l’époque antérieure à la digitalisation. Une des pièces remarquables vient d’Eliezer Ben Yehouda, celui qui a ressuscité l’hébreu et lui a rendu le statut de langue vivante.

Les Archives sionistes ne recueillent pas de films, mais en laissent le soin aux Archives de films juifs Steven Spielberg, situées à l’Université hébraïque.

Quant au matériel généalogique, il provient en grande partie de la période suivant la Première Guerre mondiale, à partir du moment où le département de l’immigration de l’Agence juive enregistre l’arrivée des nouveaux immigrants en Palestine.

Rien sur Peres ou Rivlin

Après la Seconde Guerre mondiale, l’Agence juive met en place un bureau de recherche des personnes disparues : rescapés de la Shoah nouvellement arrivés, qui cherchent leurs proches venus avant la guerre, ou personnes vivant déjà ici, à la recherche de survivants proches ou originaires de leurs villes et susceptibles de leur révéler le sort de leurs familles. Ce bureau continuera à fonctionner jusqu’aux années 1990 ; son matériel, qui s’ajoute à celui du Département de l’immigration, constitue une source d’information généalogique du plus grand intérêt.

En somme, les archives contiennent une profusion d’informations sur la saga sioniste et sur la vie quotidienne du pays. La préservation des documents originaux exige un contrôle permanent de la température et du taux d’humidité dans les zones de conservation. Les CZA comptent 16 salles où sont entreposées les précieuses archives.

Elles conservent plus d’un million de photos, dont certaines de mode et de sport, et d’autres de lieux qui n’existent plus. Parmi les clichés les plus frappants, citons celui de Herzl juché sur un vélo, celui du défunt ministre de la Défense Moshé Dayan jouant dans la neige, ou celui du Haut Commissaire Herbert Samuel en compagnie d’Albert Einstein.

On trouve aussi un journal écrit à la main produit par les exilés du groupe Stern et de l’Irgoun, envoyés en Erythrée par les Britanniques – parmi eux, Meïr Shamgar, nommé par la suite président de la Cour suprême.

Si les CZA possèdent les documents personnels des anciens présidents Itzhak Ben Zvi et Itzhak Navon et ceux de l’ancien Premier ministre Moshé Sharett, pas un mot sur Shimon Peres ou Reouven Rivlin. Pas le moindre fichier sur eux ou leurs prédécesseurs. En effet, explique Rochelle Rubinstein, les archives des présidents et de tous les ministres sont conservées aux Archives de l’Etat d’Israël, aux côtés de celles des différents bureaux gouvernementaux. 

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