Transmuer la terreur en lumière

Yaron Bod est de ces juifs qui transforment l’obscurité en lumière. Dans ses mains, ce qui détruit devient source de chaleur, de beauté et de lumière

By KATHIE KRIEGEL
December 16, 2014 12:14
3 minute read.
Transmuer la terreur en lumière

Transmuer la terreur en lumière. (photo credit: ROCKETSINTOROSES.COM)

«J’ai toujours été fasciné par le métal et je le travaillais de temps en temps pour mon plaisir. C’était un loisir », se souvient Yaron Bob. « J’étais programmateur en informatique. C’était le métier que j’exerçais. Puis un jour, un missile est tombé tout près de moi. Si près que je suis rentré à la maison en état de choc. Je ne savais pas quoi faire pour évacuer la peur, mais aussi la colère », se souvient l’artiste. « Alors j’ai pris un morceau de roquette et j’ai commencé à le travailler et c’est ainsi que j’ai forgé ma première rose. Et puis j’ai continué. »
Voilà comment Yaron Bob a trouvé sa vocation ; faire de ces instruments de mort, un hymne à la vie. Lui qui vit au quotidien dans l’ombre de la terreur dans un moshav du Sud d’Israël dans la région d’Eshkol, près de la frontière avec Gaza, a trouvé sa raison d’être : « Je prends les restes de roquettes Kassam, et je les transforme en quelque chose de beau », dit-il.
Les policiers israéliens lui procurent sa matière première. Ils glanent les restes de missiles trouvés sur site et ils s’ajoutent à ceux que Yaron Bob récupère lui-même. « Cela nous rappelle de mauvais souvenirs », disent-ils, alors cela remonte le moral de voir ce que Yaron en fait », a ainsi commenté le porte-parole de Tsahal.

Recyclage messianique

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Cet été, les terroristes de Gaza ont tiré près de 1 500 roquettes sur la région d’Eshkol, près de chez lui, dans le Sud d’Israël. Tandis que les roquettes du Hamas explosent dans les villes israéliennes, noircissant le ciel et assombrissant les esprits, cet artiste travaille sans relâche pour parsemer ses journées d’étincelles de lumière. Il fait des menorah et transmue l’obscurité de la terreur en source de lumière.
« Aujourd’hui je travaille à temps plein à la forge. C’est devenu mon unique activité », dit-il épanoui par cette nouvelle vie qui le comble. « Je n’ai plus peur. Je suis plus calme, plus serein, et je sais que je peux aider les autres aussi. Je me sens utile. »
Dans son atelier, Yaron Bob initie des personnes traumatisées par les tirs de roquettes au travail du métal. C’est une prophétie de la Torah, Isaïe II, 4 : « De leurs épées ils forgeront des socs et de leurs lances, des faucilles ». Yaron a repris cette injonction au mot : « Je sculpte aussi des serpes et des outils agricoles anciens. C’est une mission. J’aide ainsi d’autres personnes à évacuer leur traumatisme en travaillant le métal. Je les initie au travail de la forge. Cela permet de recycler toute la colère contenue en soi », confie l’artiste.
Près d’un million d’Israéliens vivent sous la menace quotidienne de tirs de roquettes gazaouis. Avec seulement 15 secondes pour trouver un abri, une génération entière d’enfants a été traumatisée par la terreur au quotidien.
Une partie des fonds récoltés par la vente de ces objets forgés par Yaron Bob sert à construire des abris antimissiles et contribue à sauver des vies. « Aujourd’hui je suis quelqu’un de plus épanoui, apaisé, grâce au fait de positiver ces événements pénibles que nous traversons. Cela crée aussi beaucoup de mouvements de solidarité au sein de la population. Nous avons fait des dons à une association de victimes du terrorisme. C’est réconfortant de pouvoir aider les autres et ne pas être impuissants », se réjouit-il.

La hanoukia à l’honneur

Son initiative prend un sens tout particulier à Hanoucca, la fête des lumières, dont le message est justement de célébrer la victoire de la lumière sur les ténèbres.
Il y a des milliers d’années, une petite armée de juifs a vaincu la puissance militaire grecque et leur machine de guerre. Il ne leur restait plus qu’une seule fiole d’huile consacrée, mais cela leur a suffi pour illuminer la menorah dans le Temple pendant huit jours complets. La culture grecque antique représente l’obscurité ultime, l’absence de sainteté et de spiritualité dans un monde sans Dieu. Ils ont cherché à détruire la lumière spirituelle du monde, en vain. La lumière de la Torah a vaincu l’obscurité.
Ces menorah et ces hanoukiot incroyables, créées par Yaron Bob, rappellent la force, l’endurance du peuple d’Israël.
« Mon rêve, c’est que le monde comprenne que nous voulons la paix… » Un rêve que Yaron Bob espère bien voir un jour devenir réalité.



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