Israël : maintenir avant tout la sécurité en Egypte

Pour Jérusalem, il faut d’abord empêcher que le pays ne sombre dans le chaos avant de se préoccuper de démocratie.

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August 20, 2013 10:58
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La foule égyptienne prend d'assaut un van transportant des fidèles aux Frères musulmans.

P4 JFR 370. (photo credit: Amr Abdallah Dalsh/Reuters)


Les Etats-Unis et l’Union européenne s’inquiètent des dérives antidémocratiques qui ont cours en Egypte ces derniers jours. Mais pour Israël, il s’agit avant tout d’éviter que son pays voisin ne s’effondre. « La démocratie n’est pas à l’ordre du jour », a ainsi réagi une source proche du gouvernement, dimanche 18 août, commentant la position israélienne sur la situation égyptienne. « Ce qui l’est, c’est de préserver des autorités en état de marche. C’est seulement après qu’on pourra essayer de restaurer la démocratie ».

Selon cette source, dans les conditions actuelles, seule l’armée égyptienne peut empêcher le plus grand Etat arabe de sombrer dans le chaos. « Si on écarte les militaires, on aura la Syrie ou la Libye. Que cela nous plaise ou non, personne d’autre ne peut diriger l’Egypte actuellement ». Tel est le message de Jérusalem, a poursuivi le haut fonctionnaire, aux gouvernements étrangers qui cherchent à connaître la position israélienne sur la situation égyptienne.

Contrairement aux Etats-Unis et à l’Europe, en tant qu’Etat voisin, Israël subit directement les conséquences des événements au Caire. C’est une chose, continue la source, de siéger à Washington ou à Bruxelles et d’évaluer la situation à froid, mais c’en est une autre de se trouver à la frontière égyptienne, avec la perspective de voir son important voisin plonger dans l’anarchie.

« Accepter la réalité » 

Ces commentaires arrivent alors que des appels se font entendre outre-Atlantique pour supprimer l’aide d’1,5 milliard de dollars annuels allouée à l’Egypte par les Etats-Unis. Quant à l’Union européenne, elle a annoncé dimanche matin la tenue d’une réunion dans les jours prochains pour « urgemment réévaluer » ses liens avec Le Caire suite au bain de sang de la semaine dernière à l’encontre des Frères musulmans. Selon les dernières estimations, près de 800 personnes ont trouvé la mort dans les affrontements entre l’armée et les islamistes.

Reconnaissant que la situation en Egypte est « très mauvaise » et que l’Etat hébreu « ne l’aime pas », le haut fonctionnaire a néanmoins confié au Jérusalem Post qu’« on peut réprimander le général Abdel Fattah el-Sisi autant qu’on veut, en fin de compte, on aspire tous à un gouvernement capable de diriger le pays ». Dans le cas contraire, prévient-il, l’Egypte peut sombrer dans une anarchie qui serait exploitée par des représentants locaux des forces djihadistes mondiales. « Nous en sommes là », constate-t-il. « Il faut contempler la réalité telle qu’elle est. Et elle est mauvaise. On peut toujours dire que nous aurions pu agir différemment il y a deux mois, mais il faut désormais accepter la situation et réfléchir à comment s’en sortir. Sinon, cela sera pire ».

La position d’Israël est donc de soutenir l’armée pour ramener l’Egypte dans le droit chemin. « Concrètement, cela veut dire ne pas amoindrir ou menacer l’armée », tout en exigeant que la violence cesse. Et le responsable de rappeler que des « dizaines » de policiers et soldats ont également été tués au cours des récents événements.

 


 



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