Paris et Jérusalem face à Téhéran

Le Premier ministre Binyamin Netanyahou et le président Hollande appellent d’une seule voix à davantage de sanctions sur l’Iran.

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November 6, 2012 13:08
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PM Netanyahu and French President Hollande

PM Netanyahu and French President Hollande 370. (photo credit: REUTERS/Philippe Wojazer)


Il faut plus de sanctions pour empêcher le programme nucléaire iranien. Le Premier ministre Binyamin Netanyahou et le président François Hollande étaient d’accord sur ce point, lors de leur conférence de presse commune à Paris, depuis le Palais de l’Elysée, mercredi 31 octobre.

“Nous sommes prêts à voter en faveur de nouvelles sanctions. Toutes les sanctions nécessaires. Il est de notre devoir de faire pression sur l’Iran, et nous continuerons de le faire dans les semaines et les mois à venir”, a affirmé le président socialiste.

En visite officielle en France, Netanyahou a rencontré Hollande, pour la première fois depuis son élection. Le ton était très chaleureux, confient les proches. Bibi a déclaré éprouver “un fort sentiment d’amitié et d’ouverture” à l’égard du dirigeant. Et s’est même fendu de quelques mots dans la langue de Molière, au début de la conférence.

Le président Hollande a malgré tout spécifié qu’il considérait que la voie diplomatique, et non militaire, était la meilleure pour gérer la menace iranienne. “C’est notre désir également”, a approuvé Netanyahou, tout en rappelant le danger posé par les ambitions de Téhéran envers Israël, la région et l’ensemble du monde.

“Le président Hollande est libre de passer un appel” 

Les deux leaders ont également évoqué l’état du processus de paix entre Israéliens et Palestiniens. Netanyahou a exprimé le désir de rencontrer le dirigeant de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à Paris. “Je suis prêt à négocier immédiatement, sans conditions préalables”, a-t-il lancé. “Que le président Hollande invite le président Abbas à l’Elysée et je suis là. Je suis prêt. Il lui faudra seulement une journée pour arriver. Nous pouvons commencer immédiatement.”

“C’est une merveilleuse proposition”, a réagi le chef d’Etat. “J’ai déjà rencontré Abbas deux fois depuis mon élection et j’espère que la troisième se fera en présence du Premier ministre Netanyahou. Négocions !”, a-t-il ajouté. Et Bibi de répliquer : “Le président Hollande est libre de passer un appel”.

Le dirigeant français s’est prononcé contre la demande de reconnaissance palestinienne à l’ONU. “Il est tentant pour l’Autorité palestinienne de chercher à l’Assemblée nationale ce qu’elle n’obtient pas par les négociations avec Israël”. Des propos qui sonnaient différemment de ceux de son prédécesseur Nicolas Sarkozy, qui s’était montré favorable à l’adhésion de la Palestine à l’Unesco, et qui n’ont pas manqué de réjouir la diplomatie israélienne.

Pour conclure, Netanyahou a réitéré sa proposition de négociations. “J’étais prêt depuis le jour de mon élection en tant que Premier ministre. C’est la base de ma politique et cela le restera”, a-t-il insisté. “La distance entre Ramallah et Jérusalem n’est que de 7 minutes. Il faut plus de temps pour traverser certains quartiers parisiens. C’est très près. Rien ne nous empêche de nous rencontrer”.



Hommage aux victimes de Toulouse 

Le président Hollande promet de “combattre l’antisémitisme sans relâche” tandis que Netanyahou souligne la pérennité du peuple juif 

Une farouche bataille contre l’antisémitisme.
C’est ce qu’a promis François Hollande lors de la cérémonie menée à Toulouse, à la mémoire des quatre victimes juives de Mohamed Merah, jeudi 1er novembre en présence du Premier ministre Binyamin Netanyahou et de son épouse, Sara.

“Les Juifs de France doivent savoir que la République fera tout ce qui est en son pouvoir pour les protéger et assurer leur sécurité”, a déclaré le président. Et de se remémorer sa venue à Toulouse au mois de mars après l’attaque de Merah sur l’école juive d’Otzar Hatorah, tuant le rabbin Jonathan Sandler, 30 ans, et deux de ses enfants, Gabriel, 3 ans et Arié, 6 ans, ainsi que Miriam Monsonego, 8 ans. “Je me souviens du courage des parents et des élèves”, a raconté Hollande. S’adressant à Netanyahou, le chef d’Etat poursuit : “Nous sommes ici aujourd’hui, côte à côte, car nos deux peuples sont unis et solidaires. Nous sommes ici pour honorer les victimes de l’antisémitisme, du racisme et du terrorisme”.

Hollande, dont le gouvernement vient de présenter une loi qui vise à mieux combattre le terrorisme, a promis de punir tous les actes antisémites, y compris les agressions verbales et les propos antijuifs sur les réseaux sociaux.

“Israël”, a-t-il poursuivi, “a été établi après l’Holocauste en tant que refuge pour le peuple juif. C’est pourquoi, chaque fois qu’un Juif est attaqué en raison de sa religion, l’Etat d’Israël est concerné”. “Et c’est la raison de votre présence ici”, a-t-il conclu en se tournant vers Netanyahou.

A son tour, le chef du gouvernement a établi un lien entre l’attaque de Merah et la Shoah dans son discours. “S’il l’avait pu, Merah aurait tué chacun des enfants juifs qu’il rencontrait, tout comme les nazis”, at- il affirmé. “Mais heureusement de grands changements ont eu lieu en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale”, a-t-il noté.

“Aujourd’hui, mon ami, le président de France, François Hollande, se dresse fermement contre l’antisémitisme et se bat avec détermination pour l’éliminer”. Et de continuer : “Ce n’est pas par hasard que le meurtrier de Toulouse a également tué des soldats français sans distinction, musulmans comme chrétiens. Car sa haine barbare ne visait pas seulement les Juifs mais aussi la civilisation toute entière”. Netanyahou a conclu avec émotion : “Je suis venu de Jérusalem, l’éternelle capitale du peuple d’Israël, pour dire, au nez et à la barbe de nos ennemis, ces trois simples mots : Am Israël Haï !” 


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