Spécial 8e circonscription

La rédaction du Jerusalem Post a proposé à chacun des deux candidats de soumettre une tribune rédigée par un des soutiens de leur choix.

By EMMANUEL NAVON
June 4, 2013 13:01
3 minute read.
Meyer Habib, candidat UDI.

P9b JFR 370. (photo credit: DR)

L’UMP, faux-ami d’Israël 

L’électorat franco-israélien associe généralement la gauche française à l’antisionisme, mais en réalité le véritable antisionisme français est à droite.

Au moment du vote sur le plan de partage à l’ONU en novembre 1947, le Quai d’Orsay (un bastion de la droite française et de la noblesse catholique) été farouchement opposé à la création d’un Etat juif. Ce n’est que grâce au courage et à la détermination du président du Conseil socialiste de l’époque, Paul Ramadier que la France vota pour.

Sous la IVe République, c’est grâce aux présidents du Conseil socialistes Pierre Mendès-France et Guy Mollet que se sont développées entre Israël et la France des relations militaires au plus haut niveau.

Dans les années 1950, la France et Israël étaient des pays alliés qui ont étroitement collaboré pendant la guerre de Suez en 1956 (sous Guy Mollet).

Lorsque de Gaulle revint au pouvoir en 1958, le Quai d’Orsay prit sa revanche sur « l’aventurisme sioniste » de la SFIO (le parti socialiste de l’époque) et sur « le juif Mendès-France ». De Gaulle considérait que la IVe République s’était aliénée le monde arabe en devenant l’alliée d’Israël.

Dès son retour au pouvoir, il rectifia le tir. Avec la fin de la guerre d’Algérie, Il tenta à tout prix de réparer les relations de la France avec le monde arabe. Cette nouvelle « politique arabe de la France » se fit au détriment des relations avec Israël. Avec la guerre des Six Jours, de Gaulle imposa un embargo militaire contre un Israël se battant seul face au monde arabe.

Les successeurs de de Gaulle ont poursuivi cette politique d’hostilité à l’égard d’Israël.

Pompidou refusa de rencontrer Golda Meïr lors de son passage à Paris. Giscard d’Estaing ouvrit une ambassade de l’OLP à Paris, vota en faveur du discours d’Arafat à l’ONU, libéra Abou Dahoud (responsable du massacre de Munich), et protesta lorsqu’Israël libéra les otages d’Entebbe.

Les soi-disant amis d’Israël Ce n’est qu’avec le socialiste Mitterrand que les choses s’améliorèrent. Mitterrand était philosémite. L’un de ses premiers voyages à l’étranger fut en Israël. C’est précisément parce qu’il n’était pas gaulliste que Mitterrand participa à la guerre du Golfe aux côtés des États-Unis.

Jacques Chirac (fondateur de l’UMP) fit tout pour rétablir l’héritage gaulliste et humilier Israël. Lors de son voyage officiel en Israël en 1996, il fut odieux, hurlant sur les forces de sécurité israéliennes en leur disant qu’elles n’avaient rien à faire dans « Jérusalem est. » Après l’échec du sommet de Camp David en juillet 2000 et le déclenchement de la guerre par Arafat, Chirac accusa Israël de l’explosion de la violence. Il organisa une rencontre à Paris, lors de laquelle il fit tous les honneurs à Arafat et traita le Premier ministre israélien Ehoud Barak avec la pire goujaterie. En 2004, il rendit visite à son ami Arafat à l’hôpital et lui organisa des obsèques nationales avec le drapeau français couvrant son cercueil.

Puis vint Nicolas Sarkozy, le soi-disant ami d’Israël, qui en appela à la Knesset à la division de Jérusalem, remit la Légion d’honneur à Charles Enderlin, vota pour l’admission de la « Palestine » à l’Unesco, et traita le Premier ministre israélien de menteur.

Les Franco-israéliens de droite qui pensent que l’UMP est plus du côté d’Israël se fourvoient. Voter UMP lorsqu’on est Israélien est une aberration. C’est cautionner la politique anti-israélienne de la droite française.

Meyer Habib a publiquement remis Nicolas Sarkozy et Jean-François Copé à leur place lorsqu’ils en ont appelé à la division de Jérusalem. Il a eu le courage de leur dire la vérité en face. Il a joué un rôle central pour lutter contre le système de protection d’Enderlin, un système qui inclut l’UMP et le Quai d’Orsay.

Contrairement à sa rivale, il n’est pas prisonnier d’un système antinomique avec Israël. Il a été investi par un parti, l’UDI, qui lui laisse toute sa liberté d’expression sur Israël. C’est donc lui qui mérite le vote des Franco-israéliens de la 8e circonscription.

Le docteur Emmanuel Navon est un universitaire israélien, spécialiste des relations internationales. Discipline qu’il enseigne à l’université de Tel-Aviv et au Centre interdisciplinaire d’Herzliya. Il est l’auteur de 2 ouvrages sur la politique étrangère d’Israël.


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