Des 11 novembre qui se suivent mais ne se ressemblent pas

By ROBERT SPIRA
February 11, 2014 18:43

Dès le début de l’occupation allemande en juin 1940, apparaissent chez des jeunes parisiens, des marques de refus de l’oppression qui se développent après l’entrevue de Montoire

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Charles de Gaulle. (photo credit: Wikimedia Commons)

Le 22 octobre 1940 : rencontre, poignée de main à Montoire entre Pétain, Laval, et Hitler, approuvant la collaboration avec l’Allemagne.

A l’automne 1940, le quartier latin est secoué par une certaine agitation, notamment après l’arrestation, le 30 octobre, du professeur Langevin, ancien responsable du comité de vigilance des intellectuels antifasciste, contre laquelle s’élèvent les étudiants communistes. Le point d’orgue : la manifestation du 11 novembre 1940.L’initiative, assez diffuse, voire confuse, en revient à des petits groupes d’étudiants et surtout des lycéens de tendances idéologiques diverses. Un groupe d’éclaireurs israélites, en civil, se joint, le matin du 11 novembre, aux manifestants, qui déposent au pied de la statue de Clemenceau (vainqueur de la Grande Guerre, mais aussi le plus illustre défendeur de Dreyfus) une carte de visite au nom de de Gaulle. En fin d’après midi, des lycéens et des étudiants défilent sur les trottoirs des Champs-Elysées en montant vers la place de l’Etoile. Des curieux se joignent à eux, aux cris de « Vive la France », « Vive de Gaulle », « A bas Hitler » !

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La manifestation, qui donne une impression de désordre et de confusion, est d’abord réprimée par la police française, puis plus brutalement par les Allemands. Des étudiants sont blessés, mais, semble-t-il, il n’y a aucun mort, contrairement à ce qui est annoncé par la radio de Londres. Le bilan des arrestations varie entre 105 et 150, chiffre le plus vraisemblable. Le lendemain, les autorités allemandes ordonnent la fermeture de toutes les institutions universitaires à Paris.
Dans ses notes, le préfet de police Langeron souligne : « Depuis le 11 novembre, progrès sensible de la propagande gaulliste ». La manifestation du 11 novembre a certainement donné de la vigueur à la propagande et à l’action des partisans de de Gaulle.

Un autre 11 novembre (1942) est resté une date historique. Ce jour là, prétextant le débarquement américain en Afrique du Nord, des unités de la Wehrmacht franchissent les lignes de démarcation séparant la France en deux ; la zone occupée à la zone libre violant les accords d’armistice sans rencontrer la moindre résistance de la part des troupes françaises qui se conforment ainsi aux ordres du général Bridoux, ministre de la Guerre de Vichy. Un des rares officiers à réagir est le général de Lattre de Tassigny, qui est malheureusement fait prisonnier à la prison de Toulouse. Le faux semblant  du régime de Vichy s’écroule : l’occupant est partout et le gouvernement de Vichy se retrouve sans territoires, amputés de ses colonies, privé de son armée dissoute par l’occupant le 27 novembre, sa flotte se saborde à Toulon le 26 novembre 1942, le gouvernement français n’est plus qu’une fiction, Pétain et Laval n’auront qu’une occupation prioritaire. La chasse aux Juifs, les arrêter, les interner, les livrer aux nazis, qui vont les assassiner avec zèle. 


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