Des Arabes israéliens rejoignent l’Etat islamique

Même si le phénomène reste embryonnaire, les services de renseignement israéliens restent vigilants

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October 29, 2014 15:23
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Une trentaine d’Arabes israéliens auraient rejoint les rangs de l’EI en Syrie.

Une trentaine d’Arabes israéliens auraient rejoint les rangs de l’EI en Syrie. . (photo credit: REUTERS)

Selon des rapports, non encore confirmés, un médecin arabe israélien – Othman Abdel Kian – parti combattre en Syrie, aux côtés de l’Etat islamique, a trouvé la mort la semaine dernière. De quoi recentrer l’attention des médias et du public sur les liens entre la communauté arabe en Israël et l’organisation sunnite.

D’après les autorités israéliennes, le docteur Kian serait le troisième Israélien tué après avoir rejoint le mouvement djihadiste radical, depuis le début de la guerre civile en Syrie, il y a 3 ans et demi. Selon le Shin Bet, qui a pour mission d’empêcher les actes de terrorisme et de sabotage sur le territoire israélien et surveille attentivement l’évolution de la situation dans la région, une trentaine d’Arabes israéliens seraient ainsi déjà partis en Syrie.

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Itinéraire de l’apprenti djihadiste

Si leurs parcours personnels diffèrent, ces candidats au djihad témoignent toutefois de certaines similitudes : partis étudier en Jordanie ou en Europe, ces Israéliens ont tous été la cible de prédicateurs très charismatiques ou de recruteurs qui les ont endoctrinés. Attirés par le nouveau monde qui s’offrait à eux, ces jeunes ont alors entamé un processus de radicalisation religieuse qui les a progressivement conduits sur les champs de bataille de l’Etat islamique. Ils obéissent le plus souvent au même schéma de comportement : ils s’éloignent de leur famille et de leurs amis, puis se rendent en Turquie, zone de passage facile pour n’importe quelle recrue israélienne ou occidentale. « Puisqu’il est parfaitement légal pour les citoyens israéliens de se rendre en Turquie, nous ne pouvons les en empêcher, sauf si nous disposons d’informations précises concernant leurs intentions ; et même dans ce cas, la seule chose faisable est de les prévenir que nous les avons à l’œil », explique un haut responsable de la Sécurité.

Une fois en Turquie, les nouvelles recrues rencontrent leur agent de liaison, un activiste de l’Etat islamique : ce dernier leur explique comment éloigner les soupçons et rester prudents, et prend en charge leurs différents besoins. Enfin, il escorte les apprentis djihadistes jusqu’au point de passage vers la Syrie. Arrivés là-bas, le lavage de cerveau s’amplifie et les jeunes israéliens reçoivent de nouvelles instructions. Ils sont ensuite emmenés vers un lieu secret où ils subissent un entraînement intensif pour acquérir des compétences militaires de base. Après une semaine ou deux – en fonction de leurs performances, et de leurs expériences passées – ils sont alors expédiés en Irak ou en Syrie pour intégrer différentes unités de l’Etat islamique.

Un phénomène qui reste marginal

La loi israélienne prévoit l’arrestation des citoyens combattant en territoire ennemi ainsi que leur interrogatoire et leur mise en accusation, mais uniquement lorsqu’ils regagnent l’Etat hébreu : des Arabes israéliens ont ainsi été condamnés pour s’être rendus en territoire ennemi, comme en Syrie, et y avoir reçu un entraînement militaire ; d’autres ont été accusés de collaboration plus ou moins active avec des groupes terroristes.

Israël vient d’ailleurs de qualifier l’Etat islamique d’organisation illicite (afin d’ouvrir la voie à des poursuites judiciaires).
Pour autant, le phénomène des quelques citoyens israéliens engagés aux côtés de l’Etat islamique reste très marginal au sein d’une communauté qui comprend 1,7 million de personnes. En pourcentage, cela demeure insignifiant comparé aux centaines de musulmans français ou britanniques partis grossir les rangs du Djihad. Ce qui confirme le peu d’attrait des Israéliens pour les mouvements extrémistes : rares déjà avaient été ceux à rejoindre, par exemple, les rangs de l’OLP quand cette dernière était encore considérée comme une organisation terroriste au regard de la loi israélienne ; et ils sont encore moins nombreux au sein du Hamas. Idem en ce qui concerne le Hezbollah, puisqu’on dénombre seulement une douzaine d’Israéliens actifs au sein de l’organisation chiite.

Tout en restant vigilants, le Shin Bet et les dirigeants politiques arabes en Israël, n’ont pas manqué de faire part de leur surprise face à l’enrôlement de quelques Arabes israéliens pour l’Etat islamique. Et même le Mouvement islamique, considéré pourtant comme l’organisation politique arabe la plus radicale en Israël, a marqué sa désapprobation face au phénomène.

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