Enterrement de Ron Nachman : l’ascension d’un grand maire

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January 21, 2013 11:45

Premier et dernier maire d’Ariel, Nachman était entièrement dévoué à la construction de sa ville en Samarie et à la reconquête du peuple juif sur sa terre.

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Ron Nachman

Ron Nachman 370. (photo credit: Wikimedia Commons)

Après une longue et difficile lutte contre le cancer, Ron Nachman a trouvé la mort vendredi à l’âge de 70 ans. Son enterrement a eu lieu à 15 heures dimanche 20 janvier, à Ariel, la ville qu’il a fondée, fruit de ses rêves, depuis que, au printemps de 1978, il avait installé deux tentes sur une colline rocailleuse de Samarie.

Dans les années 1990, Nachman avait abandonné sa carrière à l’hémicycle pour se consacrer à Ariel, une nouvelle loi interdisant aux politiciens de concilier les sphères municipales et parlementaires. Les dernières années de sa vie, il prenait à coeur son rôle de maire. Allongé sur son lit d’hôpital, une intraveineuse dans le bras lui injectant sa chimiothérapie, il répondait toujours aux questions des journalistes par téléphone. Le Premier ministre Binyamin Netanyahou, s’est attristé de la mort de Nachman : « Aujourd’hui j’ai perdu un ami cher. Ron était un grand patriote sioniste. Je l’ai beaucoup aimé. Il a établi la ville d’Ariel selon ses préceptes et s’est employé à la renaissance des Juifs sur leur terre en construisant une ville florissante en Samarie. Jusqu’au dernier moment, il a oeuvré au renforcement et au développement de l’implantation. Récemment encore, nous parlions de la reconnaissance de l’université d’Ariel et il était passionné par ce nouveau défi qu’il avait réussi à accomplir. »

L’ascension d’Ariel

Pour Nachman, son dévouement à Ariel et à l’Etat d’Israël était une forme d’héritage familial. Il était issu d’une famille de fondateurs de Ness Ziona, où son père était députémaire.

« Ce fut un privilège de suivre les traces de mes aînés, et de créer une ville en Israël, nommée Ariel », avait-il ainsi déclaré à l’occasion de son 70e anniversaire, l’an dernier.

Dans une vidéo diffusée par le conseil municipal de la ville, il se rappelait avoir répondu à un appel de Moshé Dayan, au début des années 1970, qui voulait alors peupler la région : « Quand le ministre de la Défense Moshé Dayan a proposé deux idéaux aux jeunes du pays : celui des implantations et celui de la sécurité, moi et deux autres hommes, sommes partis à la recherche d’une unité d’implantation. Je l’ai appelée “Tel-Aviv”, car nous étions alors connectés à la ville », expliquait-il.

Puis de poursuivre avec nostalgie : « Ariel et Lilly Sharon ont alors fait leur apparition pour nous annoncer que les Américains nous avaient donné le “feu vert” afin de créer 6 avant-postes. Sharon avait tapé du poing sur la table et crié “Allez-y en uniforme, en civil, nus s’il le faut, mais allez-y !” ».

Aux premières élections municipales de l’implantation, en 1985, Nachman est élu à la tête du conseil. Ce qui lui permettra d’ailleurs de faire son entrée à la 13e Knesset sur les listes du Likoud, où il fait partie de ceux qui s’opposent aux accords d’Oslo. « Cela n’apportera qu’un bain de sang, et jamais la paix », avait-il ainsi déclaré au Premier ministre de l’époque, Itzhak Rabin.

En 1998, quand Ariel obtient le statut de ville, il en devient maire. Un poste qu’il occupera jusqu’à sa mort. Sous sa direction, la cité forte de 20 000 résidents laïcs et religieux, va absorber plus de 9 000 immigrants d’Union soviétique après la chute de l’URSS. Au cours de la dernière décennie, la ville devient également le siège d’un centre culturel, d’un complexe sportif et d’une université accréditée.

Même s’il est toujours resté un membre actif et convaincu au sein de son parti, Nachman s’est à plusieurs reprises porté en faux contre les politiques du Likoud, comme le retrait de Gaza en 2005, ou le moratoire de 10 mois sur les constructions en Judée-Samarie en 2010. Alors que les hommes politiques, toutes tendances confondues, sont souvent venus solliciter le soutien d’Ariel, la cité a obtenu moins de permis de construction que les 3 autres grandes villes de Judée-Samarie comme Modiin Illit, Betar Illit et Maalé Adoumim.

Nachman était impartial et manquait parfois de diplomatie envers ceux qui se prononçaient pour un retrait israélien d’Ariel.

Une lutte pour la vie 

Son cancer est diagnostiqué pour la première fois en 2009.

Au départ, le traitement semble fonctionner. Mais la maladie refait son apparition plus tard. « J’ai su que le cancer était de retour en 2010, lors d’un voyage à l’étranger pour récolter des fonds pour Ariel. Dans ma salle de bain, j’ai découvert une tache de sang », révélait-il au cours d’une interview accordée à la première chaîne de télévision Aroutz 1. « J’avais eu un an de répit. Mais le mal était revenu, pire encore que la première fois. » Le ministre de la Défense Ehoud Barak a rapporté à son sujet : « Ron Nachman était un leader, une figure charismatique et un ami, qui fonda Ariel presque à partir de rien. ». Tzipi Livni a également rendu hommage au maire d’Ariel : « Il a mené un combat qui donne de l’espoir contre une maladie terrible, exactement de la même manière qu’il s’est battu pour ses idéaux en politique toute sa vie. Nos avis étaient divergents sur de nombreux points, mais j’ai su apprécier sa détermination et sa ténacité » 


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