Faire de l’université d’Ariel une réalité

By MARC ZELL
August 1, 2012 14:27

Aujourd'hui, Ariel s'est transformée en institution de recherche universitaire de première importance

4 minute read.



Vue aérienne d'Ariel en Judée-Samarie

Ariel. (photo credit: Marc Israel Sellem)

Quoi de plus prestigieux au monde qu’une université, “le lieu où ceux qui haïssent l’ignorance peuvent s’efforcer de s’instruire, où ceux qui perçoivent la vérité, peuvent s’efforcer de la faire comprendre aux autres”. Ces mots de feu le poète anglais John Masefield sont ceux qui reflètent le mieux l’essence de l’université moderne. Ainsi, on aurait pu penser que la récente décision prise à la quasi-unanimité par le Conseil de l’enseignement supérieur de Judée-Samarie d’accorder au Centre universitaire d’Ariel (CUA) de Samarie le statut de huitième université du pays serait applaudie par le parterre universitaire et le public. Ce n’est pas le cas.




La reconnaissance du CUA comme université a été vigoureusement combattue par le Comité des présidents, qui représente les sept autres universités du pays. Pour couronner le tout, le chef de la toute-puissante commission d’allocation du budget du Conseil israélien d’enseignement supérieur, le Dr Emmanuel Trajtenberg, figure de proue dans l’élaboration de la réponse gouvernementale aux protestations sociales de l’an dernier, a non seulement exercé de fortes pressions pour contrecarrer cette nomination, mais a tenté de “persuader” l’administration de l’AUC de renoncer à un statut universitaire formel, en lui offrant un soi-disant compromis : conserver son statut de centre universitaire temporaire (non encore défini par la loi), en échange de généreuses allocations financières et autres privilèges.

Bien heureusement, le Comité exécutif du CUA a rejeté toute forme de concessions au motif que le Conseil de l’enseignement supérieur de Judée-Samarie avait fixé des critères académiques clairs et sans équivoque en 2007 pour son accréditation au terme d’une période de cinq ans, en juillet 2012. Dans le cadre du processus d’accréditation, en février 2012, un groupe d’experts composé d’universitaires illustres des grandes institutions israéliennes, comme le prix Nobel Pr Aumann Robert de l’Université hébraïque, avait recommandé d’une voix unanime que le CUA reçoive le statut complet et permanent, d’université. Il avait aussi loué l’institution, non seulement pour avoir satisfait aux critères rigoureux du conseil, mais avoir dépassé les attentes à presque tous les niveaux.

Un triomphe du rêve sioniste


Comme le reboisement du Néguev, le drainage des marais paludéens, l’absorption de millions d’immigrés et la création de la “nation start-up”, le CUA est un triomphe du rêve sioniste. Fondé dans un sous-sol du village Kedoumim, en 1982 avec une poignée d’étudiants, ce qui était alors connu sous le nom de Collège de Judée-Samarie rassemblait un corps étudiant de quelque 500 âmes seulement à sa bar-mitsva en 1995.

C’est à cette date que le professeur Dan Meyerstein, chimiste de renommée mondiale et membre du corps professoral de l’université Ben Gourion, s’est vu offrir la présidence de l’institution naissante. Sous ses 17 années de présidence, en collaboration avec le fondateur et visionnaire du centre, l’ancien ministre des Finances Yigal Cohen-Orgad, et l’ancien ministre des Affaires étrangères Moshé Arens, le CUA s’est transformé en institution de recherche universitaire notable, forte de 13 000 étudiants, dont 500 Arabes israéliens. Aujourd’hui, il a à son actif un corps professoral de près de 300 membres, qui enseignent dans 24 départements couvrant un large éventail de disciplines, des sciences naturelles, appliquées ou biomédicales, ingénierie, commerce, gestion et éducation aux sciences humaines.

Et l’établissement, qui a également battu le record national d’absorption de nouveaux immigrants universitaires issus de l’ex-Union soviétique, compte le plus grand nombre d’élèves d’origine éthiopienne, un chiffre plus élevé que pour n’importe quelle autre institution du pays. Pour la prochaine rentrée universitaire, en prévision de son nouveau statut d’université, le CUA s’apprête à accueillir 30 jeunes docteurs, dont 20 diplômés juifs et israéliens de grandes universités américaines et d’Europe occidentale. De quoi contribuer à inverser le phénomène de la fuite des cerveaux. Dans son existence relativement courte, l’université d’Ariel a été reconnue comme l’un des plus importants établissements d’enseignement supérieur du pays dans un certain nombre de domaines, y compris la thérapie physique, la robotique et la science des matériaux. Elle peut aussi se vanter de succès académiques en architecture et en communication.

Pour que ce ne soit plus un rêve...

Tout serait au beau fixe, si ce n’est que, étonnamment, le processus de reconnaissance n’est pas encore achevé. Parce situé de l’autre côté de la Ligne verte, l’établissement est soumis à un régime juridique sui generis (propre - ndlr). Son nouveau statut doit être formellement approuvé par le chef du Commandement central de Tsahal, qui est aussi gouverneur militaire de Judée- Samarie. En tant qu’officier de l’armée, le commandant est sous la tutelle du ministre de la Défense, Ehoud Barak.

Aussi étrange que cela puisse paraître, le gouverneur militaire, agissant sur ordre du ministre de la Défense, peut retarder la décision du Conseil de l’enseignement supérieur, s’y opposer ou apposer son veto, ignorant les chaudes recommandations du ministre de l’Education Guidon Saar et du ministre des Finances Youval Steinitz. Dans le climat politique instable créé par le retrait du parti Kadima de la coalition et l’imminence d’élections générales, l’accréditation du CUA ne semble pas être tenue pour acquis. Voter pour la reconnaissance de l’AUC, c’est voter pour le sionisme. Le centre a été fondé sur l’hypothèse qu’il était possible de créer une université moderne en Israël, où le corps professoral et les étudiants embrassent fièrement le rêve sioniste, où, conformément au règlement, chaque salle de classe arbore le drapeau d’Israël, où la liberté académique est farouchement défendue. Et où, le type de dogme antisioniste qui s’est propagé comme un cancer dans de nombreuses autres facultés du pays n’a pas sa place.

Institution d’enseignement supérieur florissante réputée à travers le monde pour ses travaux de recherche, son excellence tient du miracle. Son accréditation comme université à part entière serait rendre hommage au courage et à la clairvoyance de ses fondateurs, professeurs et étudiants. Et quelle meilleure réplique à ceux, ici et à l’étranger, qui cherchent quotidiennement à délégitimer l’entreprise sioniste et à affaiblir la magnifique expérience humaine appelée Etat d’Israël. Il est temps, enfin, que ce rêve devienne réalité.


Related Content

February 11, 2018
Les nouveaux « judaïsants »

By DAN HUMMEL

Israel Weather
  • 9 - 19
    Beer Sheva
    11 - 18
    Tel Aviv - Yafo
  • 8 - 16
    Jerusalem
    12 - 18
    Haifa
  • 12 - 25
    Elat
    12 - 22
    Tiberias