I24News a pris l’antenne

Premiers décryptages avec Stéphane Calvo, pour le lancement de la nouvelle chaîne d’infos internationale en français I24News.

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August 13, 2013 14:10
I24News, la nouvelle chaîne d'infos internationale

P22 JFR 370. (photo credit: Lauren Tolila)

Mardi 30 juillet, 18 heures, heure israélienne. Le journaliste du soir, Jean-Charles Banoun, qui présente la grand-messe du 20 heures, a exceptionnellement pris l’antenne deux heures plus tôt que prévu. Motif : la conférence de presse conjointe de John Kerry, Tzipi Livni, Saeb Erekat, en direct de la Maison Blanche, qui doivent se prononcer sur le renouveau du processus de paix.



Sur l’écran, le bandeau rouge Breaking News. Pour l’occasion, la nouvelle chaîne d’infos internationales I24News, financée par Patrick Drahi et dirigée par Franck Melloul a bouleversé ses programmes. Actualité oblige. Un exercice sans filet pour la jeune station. Ou presque, puisque l’opération ne relève pas de l’improvisation totale.

Le matin même, 11 heures, dans les locaux de la station, Stéphane Calvo, aux commandes de la chaîne française, directeur de l’info et des programmes, prend les choses en main. « Nous allons casser l’antenne », explique-t-il, « mais c’est programmé ». « Car en télé », poursuit-il, « il y a deux façons d’interrompre inopinément la programmation : soit en raison d’une actu chaude, imminente, qu’il faut couvrir, c’est alors du direct complet. Soit pour un événement attendu dans le courant de la journée, et là, nous avons quelques heures pour nous organiser ».

C’est le cas de l’événement de ce soir. Calvo cale avec ses homologues des chaînes anglaise et arabe le lancement de cette édition spéciale, chacune dans sa langue de diffusion.

Mais aussi préparée que soit la couverture d’un tel événement, l’improvisation a toujours sa place en télévision. La conférence de presse débutera avec une heure de retard, une heure que Jean-Charles Banoun, entouré des experts de la chaîne aura dû combler. Au total : près de 4 heures de direct pour le journaliste du soir et ses intervenants juifs et arabes, invités la journée même, qui se sont succédé au micro. Et un pari réussi pour Stéphane Calvo. Un de ses premiers grands moments dans les nouvelles fonctions qu’il occupe à I24News.

Questions de cibles


Un bon point pour la toute nouvelle chaîne qui n’affiche alors que quinze jours d’existence. Après plusieurs semaines d’attente et à grand renfort d’annonces, la station a finalement pris tout le monde de court pour occuper les écrans le 17 juillet dernier. Un départ précipité ? Non, estime Calvo, « nous attendions juste les autorisations administratives d’émettre qui sont enfin arrivées. Les équipes étaient prêtes. Nous avons même pu procéder à une sorte d’entraînement en faux direct pendant une quinzaine de jours, en circuit fermé. Mais comme pour toutes les télévisions du monde, la technique a besoin d’être “en vrai” pour se régler, ce qui explique les quelques problèmes techniques du début, inévitables. Tout cela s’oublie vite », affirme-t-il, « le public est indulgent ».

Double avantage pour ce lancement en début d’été : une actualité chaude avec la reprise des pourparlers de paix et une marge de manœuvre pour progresser, histoire d’être fin prêt début septembre, le grand rendez-vous de la rentrée.

Pour l’heure, Stéphane Calvo se déclare satisfait des premiers retours. « Nous enregistrons un très bon feed-back », affirme-t-il, « surtout sur Internet ». Le directeur de la chaîne française n’a pas encore de chiffres à communiquer – trop tôt ou trop discret – mais se félicite de voir que « les stations internationales commencent à reprendre nos infos, comme la BBC ou France 24 », la preuve que selon lui la chaîne est vue par les professionnels de la télé. « Nous ne sommes pas encore cités, mais cela viendra », assure-t-il.

Côté téléspectateurs, difficile de définir le public type. La chaîne française est diffusée en France, Belgique, Luxembourg, Afrique francophone, Antilles. Et prochainement en Israël et au Canada. Stéphane Calvo se fait l’écho des propos tenus par Frank Melloul, il y a quelques mois. A savoir : faire une télévision pour ceux qui ne connaissent pas, qui n’aiment pas Israël. Mais à voir les commentaires sur les réseaux sociaux, Facebook notamment, c’est en premier lieu la communauté juive de France qui semble avoir répondu présent. Une communauté en attente d’une chaîne de remplacement après la disparition de feu Guysen, et dont l’indice de satisfaction est mitigé. Outre la curiosité qu’elle suscite, la nouvelle station ne semble pas faire l’unanimité car friande d’actualités sur Israël, cette population considère I24News trop généraliste et pas assez centrée sur l’Etat hébreu.

Pas de quoi inquiéter Calvo, qui confirme : « Ce n’est pas notre cible. Nous enregistrons un bon démarrage pour les 3 chaînes. Le streaming sur Internet fonctionne très bien, nous allons proposer des Podcasts d’ici peu ». Depuis l’entrevue, les applications Androïd pour Smartphone ont été lancées.

Montrer cet Israël que je ne saurai voir

En matière de contenu, I24News refuse de se définir comme une chaîne israélienne. Elle se présente comme une station émettant d’Israël, forte d’une expertise particulière sur la région, mais qui se veut internationale « à l’image de la BBC ou d’al-Jazeera ». « Bien sûr », ajoute Calvo, « les spectateurs viendront nous voir pour nos informations sur Israël, et nous n’avons pas à rougir de cela. C’est avant tout l’actu qui décidera ».



Un jeu d’équilibriste en quelque sorte : jongler entre des informations à teneur internationale, des contenus généralistes – comme le magazine du sport qui ne peut se nourrir de la seule, trop faible, actualité locale –, et des émissions thématiques – Culture, Le Mag ou Social Blog – et autres débats politiques — Tout est dans la presse – quasiment exclusivement consacrés à la société israélienne. Qui devront donc séduire les téléspectateurs, a priori non juifs, du monde entier.

Irréaliste ? Défi osé ? Pari risqué ? On peut s’interroger sur la réelle possibilité d’intéresser celles et ceux, dispersés sur la planète, hostiles à Israël – et ils sont nombreux – en leur parlant un peu, beaucoup, passionnément, mais pas trop, de l’Etat hébreu. Le dosage semble alambiqué.

Ni télé d’opinion, ni chaîne d’Etat, I24News se propose de « décrypter, débattre pour présenter “toute la photo” ». Son objectif : combler pendant des années le manque d’informations sur Israël, « la mauvaise compréhension de cet Etat qui fait qu’il est mal perçu, mal accepté dans un monde focalisé sur le conflit et qui oublie qu’Israël, c’est aussi un îlot de culture, high-tech, démocratie ».

« Ce qui est important », ponctue Calvo, « c’est de montrer ce qu’on ne voit pas, ou peu, à l’étranger : la culture israélienne, dans toute sa diversité, juive et arabe ».

Ni de droite, ni de gauche

Un brin propagandiste I24News ? Non, rétorque-t-il. Et d’affirmer l’indépendance de la station qui, si elle ne sera jamais anti-israélienne, aspire à rester critique et à suivre une ligne éditoriale la plus honnête possible. A présenter l’info de façon factuelle et de manière crédible, « sans trop avoir tendance à défendre ». Mais aussi, à faire parler toutes les voix. « Il est rare de pouvoir suivre un débat sur une chaîne internationale entre un Arabe et un Juif qui porte une kippa », note Stéphane Calvo. « Et bien cela arrivera chez nous. Comme il pourra bien sûr s’agir d’un intervenant juif laïc de gauche. Notre promesse, c’est d’amener une originalité et de donner la parole à tous. » Objectivité pour maître mot, crédibilité comme credo, I24News refuse les étiquettes et ne se revendique, ni de droite, ni de gauche. La partialité, encore et toujours. Sa terminologie lexicale ? Là encore, elle opte pour un savant équilibre entre le vocabulaire de la communauté internationale et celui de la presse francophone israélienne. « On parlera de “Territoires” et non de “Territoires occupés” », précise Calvo, « on n’emploiera pas le terme de colon, mais on préférera Cisjordanie à Judée-Samarie ».


A ceux – juifs francophones notamment – qui reprochent à I24News de se placer trop à gauche de l’échiquier politique, Stéphane Calvo donne rendez-vous dans le temps. « C’est sur la durée que sera jugée l’honnêteté de notre démarche. Notre volonté est d’être pluraliste, ce qui peut provoquer des blocages dans la mesure où on a toujours besoin de mettre les gens dans des cases. La chaîne essaie simplement de présenter Israël autrement, dans sa diversité, comme on a pu le faire avec ce portrait de femme, professeur de danse, à Ramallah. » Diversité, le mot revient souvent dans la bouche de Stéphane Calvo. Quand on lui fait remarquer qu’elle ne s’affiche pas à l’écran de la chaîne française, puisque pour l’heure, aucun présentateur arabe ne fait partie des équipes, il réplique que les choses pourraient changer avec l’arrivée de France d’un nouveau venu. Les négociations sont en cours. Mais il insiste sur le fait de ne pas céder aux quotas : « Je n’irai jamais chercher une femme voilée pour le principe. J’embauche celui qui convient au poste, qu’il soit juif, arabe, ou pas ».

L’info en tête de liste

Calvo, qui a roulé sa bosse dans nombre de rédactions françaises, est un habitué de la gestion d’équipe. Pour le lancement de la chaîne française, il a procédé au recrutement de 70 personnes.


De quelle tête d’affiche est-il le plus fier ? « On ne peut pas choisir parmi ses enfants », sourit-il, « chacun est à sa place ». Il se félicite toutefois de ce qu’il définit comme les deux points d’ancrage de la station : Le Morning, quotidienne du matin et le journal du soir.

Selon lui, l’équipe de la matinale de 2 heures, de 8 à 10 heures, autour de Barbara Scherer, « a trouvé une identité, un rythme. Elle s’est déjà installée. C’est un bon réveil et constituera incontestablement un vrai rendez-vous de la chaîne. » Quant à la tranche info du soir, 20-22 heures, elle a été confiée à Jean-Charles Banoun, journaliste sportif radio fort de 15 ans d’expérience au micro d’Europe 1 : « une vraie personnalité », estime Calvo. « C’est un choix personnel, un choix risqué puisqu’il n’avait jamais fait de télé auparavant, mais c’était le bon choix. Je n’ai aucun regret. » Banoun, qui avait envie de venir tâter le sol israélien depuis un certain temps déjà a donc débarqué avec femme et bagages. Son épouse Déborah a elle aussi intégré l’aventure télévisuelle en tant que chef d’édition sur Le Morning. Un heureux timing familial.

Autre source de satisfaction pour Calvo : les journaux télé. « Nous avons des journalistes de qualité ». Et de citer une jeune recrue, Sarah Gaudron, en charge des éditions du soir, qui elle aussi fait ses premiers pas derrière le petit écran, après être passée par la Turquie. « C’est une découverte, elle vient du monde du documentaire. Elle possède une solide connaissance de l’info, elle est très douée ». Un visage pour Calvo. « Il faut aussi citer Danielle Goldminc, qui passe à merveille. Dans l’ensemble, en termes de présentation de news, nous sommes sur un très bon niveau ».

Un point important pour Calvo puisque les journaux s’enchaînent – et se ressemblent – à un rythme de 10 minutes toutes les demi-heures. Une qualité d’info qu’il attribue également aux chefs d’édition qu’il est allé débaucher de France 24, « car c’est un métier très spécifique qui ne se trouve pas en Israël. C’est comme chercher un moniteur de ski à Tel-Aviv ».

Détendre et étonner

Quant à la partie magazine, elle apporte fraîcheur et originalité à la chaîne. « Le sport est très bien porté par Valérie Perez, une grande professionnelle. » La présentatrice blonde, qui a officié pendant des années sur France 2 avant de faire récemment son aliya, mérite en effet la palme de la pétulance et du sourire. Le sport est incontestablement son dada et sa passion est communicative. Son point fort selon Calvo : « savoir s’adresser au plus grand nombre, pas seulement aux inconditionnels ».


Le directeur de la chaîne cite aussi l’émission de Julien Bahloul, Sur le web, « un programme qui n’existe pas ailleurs ». Et salue Tout est politique, émission tournée depuis Paris, présentée par Isabelle Assayag, et qui réunit chaque semaine Michaël Darmon et Christian Mallard, « deux grands spécialistes qui commentent l’actualité de la semaine, politique et internationale, et croisent leur regard sur différents sujets ».

Et parmi les projets qui lui tiennent particulièrement à cœur, l’émission Reportage, qu’il présente. Le concept : un film documentaire de 13 minutes suivi d’un débrief avec le réalisateur. « J’étais tout à fait légitime pour le faire puisque je viens du reportage, j’en ai tourné des centaines ». Une bulle d’oxygène pour ce directeur d’antenne multicasquettes qui a dit adieu au terrain par manque de temps. « En tant que rédacteur en chef du programme, je construis le sujet, assiste au montage », explique celui qui accumule des années d’expérience radio, mais découvre le passage à l’antenne.

Au total, une dizaine d’émissions magazines composent la programmation. « Nous sommes partis avec du contenu », estime Calvo, « mais bien sûr, la grille des programmes va être amenée à évoluer ».

Ce qui manque ? « Mettre davantage l’accent sur le high-tech, un domaine tellement riche en Israël, la santé, l’informatique. Tout ce qui se passe ici constitue une mine d’or et nous avons envie de le montrer. »

On s’habitue à tout


Si les chaînes anglophone et francophone occupent le tour du cadran, la version arabe n’émet qu’en soirée, de 18 à 24 heures. Le parent pauvre du projet ? « Elle est aussi importante, voire plus, que les autres, car elle est censée porter le regard d’Israël vers les pays du monde arabe, et c’est là surtout qu’il y a un vrai travail à faire. » Pour l’heure, le niveau d’arabe est bon, l’info est de qualité, estime Calvo. Si la station diffuse moins, c’est pour des questions de ressources humaines. « C’est plus compliqué de recruter des équipes », explique-t-il, « pour des raisons géographiques. La communauté arabe habite surtout le nord ou Jérusalem, et c’est difficile de la faire venir à Tel-Aviv. Mais le fait d’avoir commencé la diffusion semble faciliter les choses. A terme, elle émettra 24 heures/24 comme ses homologues anglophone et francophone. » Car I24News est bien un seul et unique concept qui se décline en 3 langues. Si chacune des trois versions a établi sa grille des programmes, des passerelles existent. Et des synergies, comme celle mise en place pour la couverture en direct de la conférence de presse depuis la Maison Blanche.



L’ensemble s’inscrit dans une démarche de rayonnement à l’international. D’où le choix d’une prononciation unique à l’anglaise « HyTwentyForNiouze » pour les trois chaînes. « De la même façon que France 24 se nomme en français sur sa version anglaise, nous avons fait le choix d’un gimmick unique et nous avons privilégié l’anglais puisqu’Israël est davantage considéré comme un pays anglo-saxon que francophone. » Cela agace certains puristes français ? Là encore Stéphane Calvo ne s’en émeut pas. « On s’est bien habitué à LCI, à CNN, c’est une question d’habitude. Les téléspectateurs finiront par s’y faire. On s’habitue à tout. »


L’homme de télé



Stéphane Calvo, la quarantaine moderne, navigue à vue dans un univers qu’il connaît bien. La télé, il est tombé dedans tout petit, presque par hasard. Après des études d’histoire de l’art, il débute comme critique d’art avant d’intégrer à un peu plus de 20 ans les équipes de journalistes de Nulle part ailleurs sur Canal +, sous la houlette de Guillaume Durand.


Très vite, il se lance dans le grand reportage, « la meilleure école » selon lui. Son premier sujet, il le tourne à New York, sur la galerie d’art de John Mc Enroe, qui donnera ensuite lieu à une émission en plateau en présence de l’ancien tennisman, pour NPA. Calvo aura le terrain pour décor pendant des années. Au total : 500 documentaires, pour de grandes sociétés de production comme Tony Comiti ou l’émission Reportages de TF1. Des sujets courts ou longs, divers et variés, comme ce 26 minutes sur les convoyeurs de fonds.

Logiquement, il intègre ensuite la production d’émissions et officie comme rédacteur en chef pour une centaine de prime time tous azimuts, pour quasiment toutes les chaînes – Zone interdite ou Super Nanny pour M6 ou Drôles de petits champions sur TF1. A son actif : 18 ans de télé au quotidien, dans la « fabrication des programmes », ce qui lui paraît le plus intéressant.

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Son point fort ? Ses qualités de management, acquises auprès de personnalités comme Christine Bravo, Eric Zemmour, ou Stéphane Bern. Sa capacité à gérer de grosses équipes. Mais aussi son ouverture sur l’artistique « qu’un pur journaliste d’infos n’aura peut-être pas ».

Son ambition sur I24News en tant que directeur de la chaîne française, directeur de l’information et des programmes : faire passer un message au plus grand nombre, car « un reportage doit être accessible à tous », affirme-t-il.




Une chaîne, des points forts, des points faibles


Les moins


Rediffusions en série 


Si Stéphane Calvo affirme qu’I24News se situe dans la moyenne des chaînes d’information, avec 4 rediffusions d’émissions hebdomadaires par 24 heures, la nouvelle chaîne peut parfois présenter le même programme plus d’une douzaine de fois, sur une semaine.

Certes, le public d’une chaîne d’info est habitué aux reprogrammations en différents horaires de la journée, mais la fréquence sur I24News reste encore élevée. Un mal qui devrait sans doute s’atténuer avec le temps.

Toujours plus vite


Le concept d’un journal d’info de 10 minutes toutes les demi-heures ne laisse que des tranches de 18 minutes pour les programmes dits longs. C’est peu et parfois frustrant surtout pour traiter de sujets de fonds. Pour Stéphane Calvo, tel est pourtant le concept de la chaîne d’info qui se consomme « entre deux », dans l’instant, par tranche de quelques minutes, au contraire de la chaîne généraliste qui invite le téléspectateur à s’installer dans le temps.


Reste que sur I24News, la contrainte temps bouscule parfois les animateurs qui doivent faire « vite », surtout en présence de 3 intervenants.

Manque d’images


Pour l’heure, beaucoup de plateaux et de débats et peu encore de reportages. Un état de fait qui devrait s’améliorer à la rentrée, au terme d’un été qui va permettre d’engranger des réserves de documentaires.


Une télé trop branchée ?


Si la moyenne d’âge de celles et ceux qui font I24News est jeune, la chaîne est censée séduire toutes les tranches d’âge. Seule l’émission Social Blog est vraiment conçue à destination des jeunes, pointe Calvo. Les autres sont appelées à répondre aux attentes des CSP + de 30-60 ans qui composent généralement le public des chaînes d’info.


Impression, pourtant : un accent mis sur le Web et les réseaux sociaux, une quête d’originalité et de dynamisme peut-être excessive au détriment de sujets de fond et de société et qui s’exprime par des rubriques légères – le buzz du jour, le twitt du jour, le Top Five de, 5 conseils sur quoi faire à la plage – poussés à l’extrême qui finissent par lasser et ne s’adressent pas forcément au téléspectateur de plus de 35 ans.


Les plus


Un bon casting


Globalement, les visages et les voix françaises d’I24News sont très bien choisis. Stéphane Calvo peut s’enorgueillir d’un casting réussi, constitué de journalistes et d’animateurs professionnels, même si certains sont novices, qui dégagent aisance et compétence.


Sens artistique


C’est un de ses points forts : sa sensibilité artistique. Calvo peut se déclarer satisfait : le résultat est à la hauteur de ses attentes. Bandes annonces recherchées, logo et graphisme chiadés, l’ensemble dégage une teneur gage d’une télévision de qualité. « Nous avons fait un gros travail sur la composition des plateaux, l’angle des caméras. J’ai supervisé chaque détail. On doit encore progresser dans certains domaines comme l’éclairage, mais la qualité de l’ensemble fait que les téléspectateurs perçoivent une télévision professionnelle, même sans trop savoir pourquoi. » Autre exigence de Calvo, le niveau de français de tous ceux qui passent à l’antenne, qui doit flirter avec l’excellence.

Coups de cœur


Deux programmes sont à mettre en exergue, Tout est dans la presse, présentée par Dror Sullaper, qui réunit chaque semaine 3 intervenants du monde des médias et Tout est politique, par Elisabeth Assayag entourée de Michaël Darmon et Christian Mallard, deux débats rondement menés. Et une mention spéciale à l’émission Reportage, vrai rendez-vous avec le sujet de fond.



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