Aujourd’hui, avez-vous changé d’opinion sur Dieudonné et son ami Soral ? Est-il interdit d’interdire ?

Aujourd’hui, il n’est pas interdit d’interdire, mais c’est devenu une impossibilité technique, en tout cas en ce qui concerne l’expression et la publication d’informations. Internet ne peut être censuré de façon efficace. On peut au mieux, et dans un premier temps seulement, limiter l’accès à une information en la rendant difficile à trouver, c’est tout.

Censurer les sites web, c’est ainsi que l’on procède pour les sites pédophiles. Longtemps accessibles librement sur le web, voire commercialisés, ces contenus se sont progressivement réfugiés dans des zones incensurables de l’internet, le fameux « Dark Web ». En censurant ces contenus, on n’a guère fait que pousser les amateurs de pédophilie à apprendre l’usage de technologies de contournement et d’anonymisation, devenues indispensables pour accéder aux contenus qu’ils cherchaient. La traque aux pédophiles est devenue, du même coup, bien plus compliquée pour les forces de l’ordre.

Si on se met à censurer Soral et Dieudonné demain, on provoquera ce même type de phénomène. On poussera une partie de la jeunesse française à monter en compétences pour accéder aux contenus qu’elle recherche, et à s’enfermer dans un univers parallèle où il n’existe nul contradicteur. Qui plus est, on rendra bien plus complexe le travail des forces de l’ordre qui cherchent à stopper de vrais terroristes. Je doute fort que cela soit une solution au problème auquel nous faisons face.

Censurer ce que l’on souhaite voir disparaître de la société, c’est l’approche de la lutte contre le racisme et l’antisémitisme en France ces trente dernières années. On a en effet multiplié les lois interdisant l’expression de tout un tas de choses – racisme, négationnisme, antisémitisme, homophobie – mais le moins que l’on puisse dire, à la lumière des événements récents, c’est que cette approche est parfaitement inefficace.

Vous luttez contre la censure et vous avez dénoncé l’utilisation d’Internet pour la surveillance des réseaux activistes. Dans le cas des émeutes antijuives en France, considérez-vous qu’Internet peut provoquer des troubles à l’ordre public ?

Absolument, et c’est déjà très clairement le cas. On assiste en France ces derniers temps, à une véritable guerre de l’information sur les réseaux sociaux. Il ne fait aucun doute que, de part et d’autre, on a des individus ou des organisations qui tentent de manipuler la perception des choses afin d’orienter le cours des événements, mais aussi une foule qui n’est pas bien regardante sur la véracité d’une information, pour peu que cela colle avec sa vision des choses.

Depuis le début du conflit, il y a eu des provocations et des manipulations de part et d’autre, online et IRL (in real life), destinées à fournir aux partisans de chaque camp une clé de lecture qui puisse lui être favorable. A ce titre, la fabrication de l’information de « l’attaque » de la synagogue de la rue de la Roquette à Paris est très troublante. Faire reposer l’escalade qui s’en est suivie – interdiction de la manifestation par le ministère de l’Intérieur, émeutes à Barbès et bien pire encore à Sarcelles – sur ce seul « hoax » (canular) est hasardeux, mais il a contribué à l’escalade, cela ne fait aucun doute. Il a prouvé que l’on pouvait contribuer à provoquer de sérieux troubles à l’ordre public en France avec les réseaux sociaux.

La bataille de l’opinion se fait sur le web

Les fausses informations pullulent sur Internet, parfois dans les deux camps pro-israéliens et pro-palestiniens en France. Comment percevez-vous cette guerre virtuelle ?

J’essaie de prendre du recul, ce qui n’est pas facile du tout. Je me méfie de mes émotions, et je tente d’analyser et de distinguer les choses en me reposant sur des années d’observation de ce genre de phénomènes un peu partout, et en particulier dans le monde arabe. Ça aide à reconnaître des méthodes, des approches, des modus operandi, qui sont assez génériques, au fond.

Cette « guerre virtuelle » qui explose en France à l’occasion du conflit israélo-palestinien est une guerre informationnelle. Elle a lieu sur le web en grande partie parce que la majorité des Français ne croient plus vraiment à ce qu’ils regardent à la télé. La crédibilité des médias traditionnels est au plus bas. D’après une étude du CEVIPOF, seul un petit quart des Français fait encore confiance aux médias et aux politiques, les autres ont perdu presque toute confiance : nous sommes entrés dans l’ère de la défiance généralisée.

Du coup, la bataille de l’opinion ne se fait plus du tout à la télé ou dans les grands journaux, perçus comme des acteurs militants du conflit, mais sur le web, où l’on voit émerger des acteurs jusqu’ici parfaitement inconnus. Un blog dans un coin peut rivaliser avec la puissance médiatique d’un groupe de presse pour s’adresser à la communauté musulmane tout entière, et contrecarrer une information qu’il chercherait à imposer. C’était inimaginable il y a encore dix ans. C’est une réalité aujourd’hui.

Prenez une manifestation de 10 000 personnes, vous y trouverez aujourd’hui, au bas mot, 3 000 smartphones en mesure de filmer, photographier et publier tout ce qui s’y passe en temps réel. Cela change les règles concernant le maintien de l’ordre dans les démocraties, le repérage et l’identification des casseurs, voire des agents infiltrés dans des manifestations. C’est ce que l’on appelle de la sous-veillance. Ça change la règle du jeu et la nature même du journalisme également. Plus que jamais, le journaliste est la cible d’intox et de pressions, car encore aujourd’hui, il est perçu comme l’arbitre des camps.

La nature du temps a, elle aussi, changé. Avec internet, le temps ne s’écoule pas, il s’accumule. Prenez par exemple l’information sur la nature exacte du meurtre des trois adolescents israéliens qui a précédé le conflit. Il y a dix ans, la version initiale du gouvernement israélien n’aurait été qu’un moment fort, suivi d’un autre dans un torrent d’actualité continue, et une quelconque « vérité » n’aurait eu que peu d’importance à ce stade du conflit. Il y a dix ans, tout le monde aurait laissé une éventuelle vérité aux mains des historiens. Mais aujourd’hui, c’est différent. La nature même du temps, dans son rapport à l’information, a changé.

Tous ces éléments font qu’Internet est devenu désormais le lieu où se forme l’opinion publique, la télé ne joue plus qu’un rôle périphérique, elle est de plus en plus perçue comme un appareil de propagande officiel et de divertissement des masses.

La France est sans doute la première victime collatérale du conflit israélo-palestinien

Vous traquez les intox sur Internet, que pensez-vous de l’utilisation de photos anciennes de Gaza, d’Irak ou de Syrie par la propagande du Hamas ?

C’est un grand classique de la propagande amateur. On observe ce genre de phénomène dans les deux camps. A mon avis, cependant, le camp pro-palestinien est bien plus rompu à ce type de propagande, qui est le quotidien de la plupart des conflits qui secouent le monde arabe depuis quelques années. Mais le camp pro-israélien n’est pas en reste : au début de la manifestation pro-Palestine du 13 juillet 2014 à Paris, un film montrant une foule scandant « mort aux juifs » a tourné dans les réseaux sociaux au sein de la communauté juive. Il a été repris par le CRIF et a, lui aussi, contribué à l’escalade de la tension. A y regarder de près, il ne s’agissait en fait que d’un sous-titrage « mort-aux-juifs » sur une foule scandant « ho-llande-com-plice », avec une mauvaise prise de son. Bien sûr, les vidéos montrant des individus criant de telles horreurs ne manquent pas, mais des milliers de personnes reprenant en chœur lors d’une manifestation un « mort aux juifs » scandé par un haut-parleur, non, ça, c’est une intox, Dieu merci.

Quel est avis de l’expert sur la guerre médiatique que se livrent Israël et le Hamas à travers Facebook, Twitter et Instagram ?

J’ai du mal à appréhender à ce stade les répercussions en ligne du conflit à l’étranger, mais, en France, le résultat est catastrophique. Le parti socialiste s’est aliéné une large partie du vote musulman, qui constitue un socle indispensable à son maintien au pouvoir au-delà de l’actuel mandat présidentiel. Le fait de compter sur une droite en lambeaux ne suffit plus à affronter sereinement une confrontation Hollande-Le Pen au second tour des présidentielles en 2017. Le parti socialiste joue clairement avec le feu.

Ce divorce en cours entre une partie de la population française – les musulmans de France – et un parti politique qui avait toujours jusqu’ici recueilli leurs suffrages se déroule sur Facebook et sur Twitter. Les médias, pour le coup, sont totalement hors-jeu.

Décolonisation, mais aussi rôle trouble et ambigu de la France dans le Printemps arabe, les raisons de l’importation sur le sol français du conflit israélo-palestinien sont multiples, ancrées dans l’histoire de France, tout comme dans la dimension la plus contemporaine de sa relation avec l’Afrique. Dans aucun autre pays au monde les manifestations de soutien à la Palestine ne se sont transformées en de tels affrontements intercommunautaires. La France est sans doute la première victime collatérale du conflit israélo-palestinien, et les dégâts pourraient s’avérer considérables.

Toutes les conditions sont réunies pour que quelque chose craque au sein de la société française, quelque chose qui nous fera passer brutalement d’une société régie par le dogme de l’intégration à une société régie par le communautarisme, peu de chances que le modèle anglo-saxon marche cependant, cela risque fort d’être bien plus violent.

Israël a perdu la guerre on-line

Quels sont les points forts et les points faibles des deux parties ?

Du côté des Etats on trouvera l’appareillage de censure et de surveillance généralisée de l’Internet, et probablement très rapidement de la surveillance à des fins prédictives – arrêter le djihadiste (ou autre chose) avant qu’il ne fasse quoi que ce soit, juste parce qu’un agent de l’Etat, assisté d’un algorithme, aura déterminé qu’il en avait l’intention.

On va vers un renforcement de cette surveillance, et probablement vers un musellement et une marginalisation de tous ceux qui s’y opposent. Le tout ne peut mener qu’à une très forte dégradation de notre système démocratique, ici comme ailleurs.
D’autres outils destinés à influencer en masse l’opinion publique via les réseaux sociaux – appelés « Astroturfing » – sont devenus très sophistiqués, et preuve est faite qu’ils peuvent très lourdement impacter l’opinion, en faisant croire à un soutien massif d’une thèse auxsein des réseaux sociaux.

A ce jour, on sait que les services de renseignement coréens, anglais et américains disposent de telles technologies. Je n’imagine pas un instant que ce ne soit pas le cas du Mossad. La question n’est donc pas de savoir si cela arrivera en France, mais de savoir quand cela arrivera. La France est l’un des leaders mondiaux des technologies de surveillance d’Internet, il n’y a pas de raison pour que nous soyons en retard dans ce domaine, qui est assez connexe.

Du coté des pro-palestiniens, l’avantage est dans le nombre, et dans la capacité à activer assez facilement des solidarités transfrontalières. C’est ce qu’a réussi à faire le Hamas en globalisant le conflit dans l’opinion publique mondiale à travers la fourniture d’informations relayées dans les réseaux sociaux. Le vecteur, pour le coup, n’est pas une roquette traversant le ciel, mais bien des émotions véhiculées à travers les réseaux sociaux.

En France, le terrain politique est mouvant. On assiste à une coalition entre l’extrême gauche et la communauté musulmane qui tient aussi bien de l’opportunisme qu’aux racines politiques de l’extrême gauche française, qui a toujours soutenu la cause des Palestiniens. Mais les racines de l’extrême gauche sont aussi du côté de la laïcité, pour ne pas dire de l’anticléricalisme, et cette alliance pourrait rapidement s’avérer être précaire, tout comme l’a été celle l’an dernier des catholiques conservateurs de droite avec la communauté musulmane, lors de la lutte contre le mariage gay en France.

Dans ce terrain politique en pleine recomposition – où Marine Le Pen adopte un programme économique et social très similaire à ce que prône l’extrême gauche – les Soral et les Dieudonné sont des passerelles faciles vers une autre interprétation des faits, une autre explication du monde, souvent simpliste, et faite en large partie de complots judéo-maçonniques.

D’autres composantes de l’extrême droite française, comme le bloc identitaire, ratissent dans le camp de ceux qui sont révoltés par l’antisémitisme ambiant et désignent l’islam comme coupable de tous les maux de la société française. Aussi étonnant que cela puisse paraître, ces deux composantes de l’extrême droite française participent à une même dynamique en faveur du Front national de Marine Le Pen.

Le terrain d’affrontement, ce sont, pour paraphraser le célèbre manuel de contre insurrection du général David Petraeus, « les cœurs et les esprits ». Et les médias sociaux sont le moyen le plus efficace pour les atteindre. Qui n’est pas touché par la déferlante sans fin de photos atroces en provenance de Palestine ? Des sociologues travaillant pour Facebook ont récemment révélé dans une publication scientifique qu’ils avaient fait une expérience grandeur nature sur les flux émotionnels qui parcourent Facebook, démontrant que la transmission de l’émotion de pair à pair était bel et bien une réalité tangible sur les réseaux sociaux.

Sur le terrain du online, Israël a déjà perdu cette guerre. Dans le réel, la dissymétrie des moyens mis en œuvre et le fait qu’Israël ne peut que gagner cette guerre ne fait qu’amplifier l’émotion qui déferle sur les réseaux sociaux.
L’autre point fort du camp de la multitude – les pro-palestiniens – c’est la nature même de l’architecture des relations sociales au sein de ces réseaux sociaux. La plupart des utilisateurs ont pris l’habitude de ne suivre ou de n’échanger qu’avec des gens avec qui ils étaient plus ou moins d’accord. Limiter la friction sociale est, après tout, une dynamique assez naturelle. Le conflit actuel en pousse beaucoup à « éliminer » de leurs « amis Facebook » ou des gens qu’ils suivent sur Twitter ceux qui militent activement pour le camp d’en face.

Ce principe architectural propre aux réseaux sociaux tels que Facebook ou Twitter joue un rôle critique. Cela crée un véritable communautarisme informationnel, où chacun s’enferme dans sa tour d’ivoire.

Google joue également un rôle négatif. Cela fait longtemps que le moteur de recherche le plus utilisé de la planète n’affiche plus les mêmes résultats pour tout le monde. En pistant et en fichant ses utilisateurs, il leur offre depuis quelque temps des résultats personnalisés, triés en fonction de leurs goûts, sélectionnés pour apporter une plus grande satisfaction aux consommateurs. Le résultat de ce que l’on appelle la « filter bubble » est là encore un isolement communautaire.

Une méthodologie face à l’intox

Comment détecter une fausse photo ou une fausse vidéo et éviter les hoax ?

Il n’existe qu’une solution pour faire face à cela, s’approprier ce qui auparavant revenait aux journalistes : chercher soi-même la source d’une information, la recouper, la vérifier.

Dans le cas d’une photo à qui l’on tente de faire dire ce qu’elle ne dit pas, c’est très simple, il suffit d’utiliser Google Image.
Si, lors du déclenchement du Printemps arabe, vous aviez réalisé cette opération technique simple sur la photo de Mohamed Bouazizi en train de s’immoler par le feu qui circulait partout sur le Facebook tunisien à l’époque, vous vous seriez aperçu qu’il s’agissait d’un spectacle forain photographié en 2008 dans le Sud de la France.

Pour les vidéos, c’est bien plus complexe. Certains journalistes ont développé une véritable expertise dans ce domaine. Ils ont dû faire face à un tel afflux d’intox ces dernières années qu’ils ont mis au point une véritable méthodologie. Je me souviens de journalistes de la BBC qui, durant la guerre en Libye, étaient capables d’identifier une intox en distinguant les différences d’accents provenant d’une région à l’autre. Tout un tas d’autres éléments sont à prendre en compte, qu’il s’agisse de détails dans la vidéo comme les ombres, les tenues vestimentaires ou l’argot utilisé, que des éléments techniques comme les informations propres au fichier vidéo lui-même, où l’on peut trouver tout un tas d’éléments, allant jusqu’au modèle de la caméra, la focale utilisée, sa géolocalisation, ainsi que de l’heure lors de la prise de vue. Bref, cela reste un travail de pro du renseignement ou de journaliste d’investigation.

Vous enseignez l’infowar à Sciences Po, qu’enseignez-vous à vos étudiants sur le conflit actuel ? Comment le percevez-vous ?

Et comment perçoivent-ils cette guerre des ondes de l’Internet ?

Ces derniers jours, les contacts avec d’anciens élèves se multiplient, m’invitant à partager mon analyse de la situation et me faisant part des leurs. En tant qu’enseignant, c’est plutôt satisfaisant. Ils ont une lecture pointue de ce qui est en train de se passer. Même ceux qui sont émotionnellement impliqués dans ce conflit conservent leurs capacités d’analyse.
Depuis des années, dans le cadre des ateliers que j’anime ou des cours que je donne, je montre à mes élèves la dimension « infowar » en ligne, qui a accompagné aussi bien le Printemps arabe que d’autres guerres informationnelles ayant opposé des militants à des entreprises, ou des entreprises entre elles. Nous en étudions la dimension informationnelle, les tactiques et les approches stratégiques, mais également la dimension financière et boursière, car tout cela commence à avoir un impact sur les marchés.

De ce qu’ils m’en disent, ils sont tout à fait en mesure de distinguer un acte de guerre informationnelle d’un mouvement de foule ou d’un emballement médiatique. Ils ont une lecture plutôt claire de ce qui se déroule en France, plutôt triste, pour la plupart. Ceux qui ont quitté la France après leurs études, eux, sont assez confortés dans leur choix d’un exil. Plusieurs – issus de la communauté juive – m’ont fait part de leur intention de quitter le pays.

Un ex-stagiaire pour tout journaliste

Enfin, quelles leçons tirez-vous des événements actuels et de leur utilisation médiatique ?

Les médias français, empêtrés entre des conflits d’intérêts et une focalisation quasi exclusive sur le temps réel, mêlés à un besoin commercial de faire de l’information un produit divertissant, sont totalement discrédités aux yeux d’une partie de plus en plus importante de l’opinion publique. Ils ne sont pas du tout en position de pouvoir jouer un rôle dans un quelconque appel à l’unité, à l’union, au rassemblement ou à quoi que ce soit de cet ordre.
Nous sommes quand même, en France, dans une situation où le seul journaliste qui se soit déplacé pour enquêter sur les événements du 13 juillet rue de la Roquette – une « attaque » de synagogue en plein cœur de Paris, tout de même – est un ex-stagiaire fraîchement embauché par iTélé qui a visiblement pris seul l’initiative de faire une investigation. C’est ahurissant sur ce que cela raconte de notre appareil médiatique.

Certains journalistes se sont par ailleurs totalement discrédités en publiant des intox et en se tournant en ridicule.
De nombreuses vidéos publiées sur YouTube et parfois (très) partiellement diffusées à la télévision ont clairement montré une coopération étroite entre ce qui ressemble à une milice armée – que beaucoup dénoncent comme la LDJ – et les forces de police française, et pourtant, le ministre des Affaires européennes Harlem Désir ainsi que le Premier ministre Manuel Valls ont tous deux nié les faits face à des journalistes de RFI – service public, là encore – et de RTL, l’une des plus grosses radios du pays. Le tout sans que ces journalistes n’usent de leur droit de suite.

Les médias français jouent ce qui leur reste de crédibilité en ce moment, et autant dire que ça a très mal commencé. On est bien parti pour voir s’en détourner une partie assez importante de l’opinion publique, qui ira désormais s’abreuver d’informations à d’autres sources, et à ce jeu, le grand gagnant sera l’extrême droite française. Il est urgent de débattre, d’affronter avec courage les démons de la société française. De regarder avec lucidité le résultat de plusieurs décennies d’errements et de mensonges en matière de politique d’intégration, durant lesquelles nous nous sommes attaqués à l’image du racisme et de l’antisémitisme plutôt qu’au problème en lui-même. Nous avons confondu politique et communication depuis trop longtemps. Mettre le couvercle de la censure ou du politiquement correct sur tout cela ne peut que faire monter la pression et mener à l’irréversible. 


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