Début des négociations en vue d’une coalition

Le ton monte entre Shas et Yesh Atid sur l’enrôlement des ultra-orthodoxes.

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February 6, 2013 11:54
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PM Binyamin Netanyahu accepts President Peres' invitation to form next government, February 2, 2013.

Netanyahu accepts role of PM from Peres 370. (photo credit: Koby Gideon/GPO)

Bataille ouverte. Avec le début des négociations officielles en vue de la prochaine coalition, dimanche 3 février, Yesh Atid, Habayit Hayehoudi et Shas ont chacun tenté de se surpasser dans les pourparlers avec le Likoud-Beiteinou. Sujet du jour : le service des ultraorthodoxes.

Dans l’entourage du Premier ministre Binyamin Netanyahou, on indiquait que Bibi préférait avoir Shas dans sa coalition, même aux dépens de Yesh Atid, si son équipe de négociateurs ne parvenait pas à mettre les deux partis d’accord.

On laissait également entendre que Netanyahou souhaitait voir Yaïr Lapid (leader de Yesh Atid) se montrer flexible quant à ses exigences. En attendant, les représentants du Likoud-Beiteinou, Maîtres David Shimron et Yoav Mani, ainsi que l’ancien directeur général du Bureau du Premier ministre, Moshé Leon, allaient et venaient dans les couloirs de l’hôtel Kfar Hamaccabiah, à Ramat Gan, où se déroulaient les négociations, à huis clos. Le porte-parole du parti a seulement concédé aux journalistes que les pourparlers étaient globalement fructueux et se déroulaient dans une atmosphère positive.

L’équipe de Yesh Atid gardait également le silence sur les avancées des discussions. En privé, on laissait néanmoins entendre que Yaïr Lapid préférerait rester dans l’opposition, puis « renverser Netanyahou dans un an et demi », plutôt que de faire des compromis, comme l’a rapporté la chaîne Aroutz 2. Lapid exige, notamment, le ministère des Affaires étrangères pour lui-même et souhaite l’Education, la Justice et le Logement pour son parti, ainsi que la présidence de la Commission des finances à la Knesset. De plus, il a martelé à plusieurs reprises qu’il souhaitait que le prochain gouvernement soit composé de 18 ministres seulement, contre 30 actuellement.

Yesh Atid a également détaillé un plan d’enrôlement des harédim dans l’armée ou le service civil, que le parti souhaite faire adopter en tant que loi. Une exigence qui met Shas et Judaïsme unifié de la Torah (JUT) dans l’embarras.

Habayit Hayehoudi aurait le dernier mot ? 

Le député Ouri Ariel, qui mène l’équipe de négociateurs d’Habayit Hayehoudi, a déclaré que son parti serait prêt à suivre Yesh Atid sur la question de l’enrôlement, une annonce qui isole encore davantage les formations ultrareligieuses.

Ariel a néanmoins pris soin de nuancer : « Nous sommes en contact avec les harédim aussi bien qu’avec les laïcs et nous espérons faire le pont entre leurs points de vue. Nous pensons que chacun doit contribuer au fardeau du service militaire ».

Mardi 5 février, le député devait rencontrer le ministre sortant Moshé Yaalon, qui a planché sur la proposition du Likoud- Beiteinou à ce sujet, afin de trouver des points d’entente.

Par ailleurs, dans ses conditions d’entrée au gouvernement, Habayit Hayehoudi sollicite également le dimanche comme jour férié de la semaine, au lieu du vendredi.

Un peu plus tard dans la journée de dimanche, le triumvirat à la tête de Shas (les ministres sortants Eli Yshaï et Ariel Attias, et Arié Déri) faisait passer des messages contradictoires, quant à la flexibilité du Likoud Beiteinou sur l’enrôlement des orthodoxes. Yishaï se faisait désirer en affirmant qu’il n’aurait « aucun problème » à siéger dans l’opposition afin d’éviter « une guerre civile » et que la « nation ne se déchire pas ». « Lapid, arrêtez de vous répandre en manipulations, la campagne est finie », a-t-il lancé devant les micros. « Des milliers de harédim servent aujourd’hui dans les rangs de l’armée ou du service civil sans que personne ne les force.

Lapid est contre le monde de la Torah et les étudiants de yeshiva ». Le ministre a également appelé les rabbins sionistes nationaux-religieux à ne pas passer d’accord avec le chef de Yesh Atid.

La semaine dernière, Yaïr Lapid avait déjà rencontré le président d’Habayit Hayehoudi, Naftali Bennett, afin, entre autres, de trouver des points d’entente sur la question du fardeau national. En fin de compte, ce serait donc Bennett qui pourrait décider de la future coalition en fonction de sa position et des alliances qu’il formera sur ce brûlant sujet.

Le parti de droite est à peu près le seul à ne pas menacer de siéger dans l’opposition et pourrait renforcer l’un ou l’autre des partis.

Une idée à laquelle Shas s’accroche visiblement. « Habayit Hayehoudi s’apercevra très prochainement de l’impossibilité de cohabiter avec les positions de Yesh Atid », a voulu croire Yishaï. « Leurs rabbins s’y opposeront ». Et le ministre de l’Intérieur d’ajouter : « Netanyahou veut avoir Lapid plus qu’il ne souhaite avoir Shas, bien qu’il affirme désirer une large coalition. Je pense que leurs opinions sur l’enrôlement des harédim sont très proches ».

Mais immédiatement après, Déri déclarait exactement le contraire : « Le Premier ministre nous veut définitivement dans sa coalition. Mais il peut y avoir de très grandes différences entre de bonnes intentions et la réalité. Nous avons de nombreux points de divergence. Il nous sera difficile de siéger en même temps que Lapid, étant donné ses opinions sur l’enrôlement ».
Déri a également appelé le chef de Yesh Atid à rencontrer les leaders de Shas, affirmant que si l’ancien présentateur prétend ne boycotter personne, il agit autrement en réalité.
Lundi, la délégation du Likoud Beiteinou devait rencontrer le parti de Tzipi Livni, le Judaïsme unifié de la Torah et Kadima.


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