La loi sur le référendum est portée devant la Knesset

Le texte pourrait devenir une loi fondamentale. Il soumet tout changement de souveraineté de Jérusalem à un vote populaire.

By
July 30, 2013 12:47
3 minute read.
Naftali Bennett a menacé de quitter la coalition si la loi sur le référendum n'était pas adoptée.

P5 JFR 370. (photo credit: Ammar Awad/Reuters)


Le gouvernement assure ses arrières. Le projet de loi sur le référendum a été voté en conseil des ministres dimanche 28 juillet. Il devait être présenté en première lecture à la Knesset mercredi 31, dernière journée de session parlementaire avant le départ en vacances des députés. Le texte réforme un décret existant, la loi du référendum, adoptée en juin 2008. Celle-ci prévoyait déjà que tout accord de paix impliquant un retrait territorial nécessite une majorité de deux tiers de députés à la Knesset ou un référendum. Suite à la réforme, le texte deviendrait une loi fondamentale. C’est-à-dire qu’il figurerait dans la future constitution israélienne, dont la rédaction est régulièrement repoussée.

A l’heure où nous mettions sous presse, le texte devait être présenté en première lecture dans l’après-midi de mercredi et le gouvernement ne prévoyait pas d’anticiper les seconde et troisième lectures. Ce qui signifie que la loi ne pourra être définitivement adoptée avant le mois d’octobre, à moins d’une session extraordinaire pendant les congés parlementaires.

Naftali Bennett, ministre de l’Economie et du Commerce, a activement plaidé pour l’avancée de cette réforme. Le président de HaBayit HaYehoudi est monté au créneau après l’annonce de la reprise des négociations israélo-palestiniennes, la semaine dernière. Contre un Etat palestinien, l’élu est farouchement opposé à tout retrait ou évacuation d’implantations. Faisant planer la menace d’une crise de coalition, il est allé jusqu’à conditionner le soutien de son parti au budget 2013-2014, dont le passage avant le 31 juillet est indispensable, sous peine de dissoudre la Knesset, à l’adoption de la loi sur le référendum.

Après un vote favorable en conseil des ministres, dimanche, Bennett a déclaré que le gouvernement avait voté en faveur de l’unité du peuple juif. « La Terre d’Israël appartient aux pères de nos pères et aux enfants de nos enfants. Personne ne peut céder ce droit », a-t-il martelé. « Une décision aussi cruciale ne peut être laissée aux manœuvres politiciennes. Céder une partie de la terre ne peut qu’être décidé par l’ensemble des Israéliens ».

« Unité nationale » 

Selon le président de la coalition Yariv Levin (Likoud Beiteinou), co-rapporteur de la loi avec les députées Ayelet Shaked et Orit Struck (Bayit Yehoudi), un référendum sur un futur accord de paix « protégera l’unité nationale ». « Cette loi évitera que des votes ne soient achetés par une Mitsubishi », a taclé Levin dans une allusion à peine voilée à l’ancien député Alex Goldfarb, qui quitta le parti Tzomet en 1995 et vota en faveur des accords d’Oslo II. En échange, il devint ministre adjoint et reçu un modèle flambant neuf de la marque japonaise comme véhicule de fonction.

« Je suis convaincu que la nation ne permettra pas au gouvernement de céder une partie de notre patrie », a poursuivi l’élu. « En tant que président de coalition, j’agirai pour que la loi progresse rapidement et pour y inclure la Judée et la Samarie ».

Pour le moment, le texte prévoit un vote populaire en cas « d’échanges de territoires », sans plus de précision, ou d’un changement de souveraineté pour la ville de Jérusalem. Il ne concerne pas les implantations et n’aurait pas pu s’appliquer, par exemple, au désengagement du Goush Katif.

De l’autre côté de l’échiquier politique, le député travailliste Eitan Cabel a résumé le sentiment de la gauche en déclarant que « le Premier ministre fuit ses responsabilités. Menahem Begin, Itzhak Rabin et Ariel Sharon ont tous pris des décisions fatidiques. Ils ont agi de façon responsable et ils savaient que leur travail était de prendre les décisions dont la nation a besoin, pas celles qu’elle souhaite ». Et le député d’ajouter que si le premier dirigeant israélien, l’ancien Premier ministre David Ben Gourion, avait initié un référendum sur la création de l’Etat d’Israël, celle-ci n’aurait peut-être pas eu lieu.

« Si Bibi a le sentiment d’avoir besoin de la permission des Israéliens pour passer un accord avec les Palestiniens, il devrait lancer de nouvelles élections et gagner leur confiance de nouveau », a conclu Cabel.

 



Related Content

February 11, 2018
Les nouveaux « judaïsants »

By DAN HUMMEL

Israel Weather
  • 16 - 31
    Beer Sheva
    17 - 25
    Tel Aviv - Yafo
  • 15 - 27
    Jerusalem
    16 - 27
    Haifa
  • 19 - 32
    Elat
    18 - 32
    Tiberias