Le retour du « maire préféré d’Israël » ?

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October 15, 2013 16:48

Il concourt une cinquième fois pour la mairie de Raanana : Zeev Bielski espère reconquérir le cœur des habitants.




Au cours de son mandat de maire, Zeev Bielski a mis en place une politique de "portes ouvertes"

P11 JFR 370. (photo credit: Marc Israel Sellem)

Zeev Bielski veut être, à nouveau, le maire de Raanana. Elu une première fois en 1989, puis reconduit dans ses fonctions trois fois, il quitte son poste lorsque l’ancien premier ministre Ariel Sharon lui propose de diriger l’Agence juive en 2005. Bielski est alors l’un des édiles les plus populaires du pays, selon Yediot Aharonot qui lui décerne le titre de « maire préféré d’Israël » en 2005.


Le caractère particulier de la ville de Raanana tient en partie à son origine : une colonie fondée par des immigrants américains. Près d’un siècle plus tard, un dixième de ses habitants sont encore anglophones, mais nombre de francophones les ont rejoints.


Aujourd’hui, la cité est résolument prospère, dotée d’un parc technologique qui fournit des emplois haut de gamme par le biais d’entreprises comme Microsoft et Hewlett-Packard. Et à une époque où les tensions religieuses sont souvent mises en avant dans le pays, la majorité laïque de la ville et la minorité orthodoxe moderne sont souvent présentées comme un modèle de coexistence.


La ville accuse cependant un déficit de centaines de millions de shekels, et sa population diminue. Quelques-uns des points auxquels Bielski affirme vouloir s’attaquer s’il est réélu.


Agé de 64 ans, Zeev Bielski se positionne à bien des égards comme un candidat anglophone. Il cite fréquemment sa femme et ses beaux-parents sud-africains, tous venus en Israël avec lui, après son passage comme émissaire chargé de l’aliya au sein de l’Agence juive, en Afrique du Sud, à la fin des années 1970. Ancien gradé de l’armée israélienne et diplômé de l’Université hébraïque de Jérusalem, il est aussi israélien que l’on puisse l’être, mais, par son expérience à l’étranger, ses liens familiaux et sa résidence de longue date à Raanana, il se sente partie prenante de la communauté anglophone.


« J’ai été maire pendant près de 17 ans ici, et j’ai adoré chaque minute passée à ce poste », explique-t-il pour justifier les raisons qui le poussent à solliciter un nouveau mandat. « J’ai été élu à quatre reprises, et la dernière fois, j’ai obtenu un vote de confiance de près de 80 %… Je n’envisageais pas de devoir quitter un jour Raanana. »


« Retourne à Raanana ! »


Cependant, quand Ariel Sharon fait appel à lui pour diriger l’Agence juive, il « ne pourra pas refuser ». Il se souvient avoir eu les larmes aux yeux en quittant la municipalité, mais pense que « les habitants ont vraiment apprécié le fait que je parte en mission, une nouvelle mission juive et sioniste ».


Après un passage à la Knesset suite à son mandat à la tête de l’Agence juive, il se retrouve sans emploi. « Je n’ai pas cherché à renouveler mon mandat parlementaire, plusieurs options s’offraient alors à moi : me lancer dans les affaires, travailler pour une ONG, voire partir pour une autre ville. J’ai reçu de nombreuses invitations d’autres municipalités. Beaucoup m’ont demandé : « Bielski, faites pour nous ce que vous avez fait pour Raanana », explique-t-il.


« Cependant, Raanana m’attirait irrésistiblement », poursuit-il. « Mon cœur me disait : “Zeevik, retourne là-bas, c’est un endroit que tu aimes”. Je connais chaque pierre de Raanana, chaque arbre, chaque jardin d’enfants, chaque école. J’ai beaucoup construit ici. J’étais impliqué dans de nombreux projets, et cela me rendait très heureux. » Maintenant lancé dans la campagne pour un cinquième mandat non consécutif, il parcourt les rues, assiste à des réunions et espère être réélu prochainement.


La communauté immigrante de la ville est particulièrement importante à ses yeux.


« Tout mon entourage est anglophone », explique-t-il. « Toute ma vie je me suis occupé de l’aliya. J’ai servi comme émissaire en Afrique du Sud. J’ai ensuite été nommé à la tête du département de l’aliya en Afrique du Sud. Quand je suis revenu, j’ai été l’un des fondateurs du Forum israélien, une organisation à but non lucratif qui traite des relations entre la jeune génération de la diaspora et la jeune génération en Israël. »


Olim, un vivier précieux pour Israël


Sa belle-mère a toujours insisté pour qu’il tende la main à la communauté anglophone et ceci semble être tout naturel pour un maire qui a passé la plus grande partie de deux décennies à maintenir une politique de porte ouverte.


Il détaille : « Qui dit “Zeev Bielski” dit “porte ouverte, téléphone ouvert, 24 heures sur 24 au service de la population”. J’ai bien l’intention de continuer à agir exactement comme je le faisais auparavant », promet-il. « Je répondrai personnellement à chaque lettre adressée au maire dans les 24 heures. Je lis tous les courriers qui me parviennent. Je réponds personnellement, et fais en sorte que tout ce qui doit être fait le soit. Je parle avec les administrés. » Au cours de son précédent mandat, il lui arrivait de décrocher lui-même la ligne de téléassistance municipale et de donner son numéro de téléphone cellulaire librement.


« J’écoutais les électeurs, qui me faisaient part personnellement de leurs problèmes », se souvient-il. « Il ne faut pas attendre qu’une catastrophe se produise pour agir. S’il y a trop de plaintes sur un sujet particulier, il faut tâcher de comprendre le problème pour y remédier avant que cela ne prenne de l’ampleur. C’est ce que je vais m’employer à faire de nouveau. » Cette façon de faire, selon lui, « procure une énorme satisfaction aux habitants ».


Revenant sur la question des nouveaux immigrants, il souligne : « J’explique toujours aux Israéliens qui sont nés ici, “écoutez, vous ne comprendrez jamais le ressenti de celui qui fait son aliya”. Ceux qui arrivent en Israël de pays développés viennent par pure motivation sioniste. » Pour cette raison, il entend soutenir la communauté immigrante autant que faire se peut.


« Le processus de l’aliya est un processus difficile », souligne-t-il. « C’est pourquoi je vais être avec les Olim Hadashim. Je vais soutenir cette communauté, l’aider. Je sais combien leur présence est précieuse pour l’Etat d’Israël et pour la ville de Raanana. »


Contrer l’exode


Bielski estime « regrettables » les difficultés budgétaires actuelles de la ville et précise qu’il « n’aurait jamais pu imaginer que Raanana puisse se trouver dans une situation financière comme celle d’aujourd’hui. » Une fois élu, il prévoit « d’apporter les changements nécessaires pour stabiliser la situation financière. Certaines dépenses sont superflues, et je vais essayer d’œuvrer pour générer plus de revenus, faire venir davantage d’entreprises à Raanana. A l’époque, j’avais réussi à amener le high-tech à Raanana.


Nous n’avons jamais été une ville technologique, et regardez aujourd’hui la ligne d’horizon de Raanana. Vous voyez tous ces grands bâtiments ? J’ai personnellement contribué à l’établissement de chacun d’entre eux. Je veux convaincre les Israéliens de venir s’installer ici et ainsi, augmenter les revenus de la ville de façon spectaculaire. » Bielski déclare vouloir réduire les dépenses, notamment celles des consultants externes, et créer davantage d’emplois. « La municipalité dépense beaucoup d’argent en experts extérieurs, en avocats et conseillers de toutes sortes. Pour ma part, j’estime que nous avons suffisamment de personnel qualifié au sein de la municipalité pour ne pas avoir à investir de si grosses sommes » souligne-t-il. Une telle initiative « va nous permettre d’économiser des millions et de favoriser l’éducation et l’aide sociale ».


Egalement parmi ses propositions : la construction d’une rocade autour de la ville pour détourner le trafic de banlieue d’Herzliya et de Kfar Saba qui met à rude épreuve les infrastructures locales.


Mais l’une de ses principales priorités, ajoute-t-il, reste d’attirer les jeunes par un programme dynamique de développement de logements. « Malheureusement, au cours des huit dernières années, les données démographiques n’ont pas été en notre faveur. Il y a eu plus de départs de Raanana que d’arrivées. Cela a été un choc pour moi », avoue-t-il. « Au début de mon premier mandat, Raanana comptait 50 000 habitants. Quand je suis parti pour l’Agence juive, la population était passée à 80 000. Depuis, ce chiffre a baissé – 68 300 aujourd’hui –, parce que malheureusement, ces dernières années, nous n’avons pas construit de nouveaux appartements à Raanana. C’est pourquoi la plupart de la jeune génération nous quitte pour Kfar Saba, Hod Hasharon ou Herzliya. » Pour ce faire, il est persuadé d’obtenir le soutien du Premier ministre, avec qui il dit avoir déjà abordé la question, et espère « relancer la construction de nouveaux quartiers à Raanana ».


« Dans ces nouveaux immeubles, nous prévoyons aussi de petits appartements, ce qui permettra à la jeune génération de rester à Raanana et de ne pas chercher à se loger ailleurs », ajoute-il.


Le train et le high-tech


Il réplique durement à son adversaire Eitan Gluck, qui a récemment déclaré : « Si la ville prospérait sous Bielski, c’était à une époque où la municipalité avait de l’argent. Maintenant, personne ne peut garantir de pouvoir gérer la ville car les ressources sont épuisées. » « Ce n’est pas vrai », répond Bielski, « il n’y avait pas d’argent » quand il a été élu la première fois. « Il n’y avait pas de projets. Nous avons commencé à zéro, à partir de rien, et nous avons construit une ville qui a servi de modèle à toutes les municipalités d’Israël », affirme-t-il.


« Vous devez comprendre, une cité comme Raanana dispose d’un budget annuel de 600 à 700 millions de shekels. Il faut le traiter avec respect. Il faut savoir comment faire fonctionner une organisation de cette taille, avec ses 1 800 employés. Nous avons su gérer cela comme il le fallait et c’est pourquoi la situation financière était si saine. C’est ce qui a attiré les nouveaux habitants. » Bielski ne résiste pas au désir de décocher une flèche à Eitan Gluck, et soutient que ce serait une bonne idée pour les candidats à la mairie de commencer par siéger au conseil municipal pour « se faire les dents » avant de viser le plus haut poste.


En réponse à la déclaration de son adversaire, pour lequel il existe à peine quelques moteurs de croissance naturelle à Raanana et donc une possibilité réduite d’expansion à l’heure actuelle, au-delà de 3 000 à 4 000 unités de logement, Bielski affirme que le potentiel est beaucoup plus important que ce qu’envisage Gluck.


« Nous avons de la place pour des milliers d’unités, nous avons de la place pour les centaines de milliers de mètres carrés de high-tech que je vais amener à Raanana. Nous allons aussi faire venir le train à Raanana d’ici deux ans, et je vais développer le high-tech là où se trouve le train, cela va de pair. Ce sera le moteur de Raanana », explique-t-il. « Je vais encourager les commerces et les entreprises à s’installer à Raanana… et grâce à cela nous allons connaître la croissance. »



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