Liberman quitte son ministère

Le ministre des Affaires étrangères a donné sa démission, dimanche 16 décembre au matin. Il souhaite un procès le plus rapide possible.

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December 18, 2012 11:58
Liberman quitte son ministère

1912JFR05 521. (photo credit: Gal Tibbon/Reuters)

C’est officiel. Le chef d’Israël Beiteinou, Avigdor Liberman, a démissionné dimanche 16 décembre de ses fonctions de ministre des Affaires étrangères et de vice-Premier ministre, en raison de son inculpation pour fraude et abus de confiance. La démission devait prendre effet dès mardi, à 10 heures du matin.

« Je pars temporairement. Je suppose que cela sera aussi court que possible », a-t-il dit, après avoir parlé quatre années fascinantes aux Affaires étrangères.

Répondant aux articles de presse qui ont décrit son geste comme un moyen pour parvenir à une négociation de peine, sur les conseils du stratège Arthur Finkelstein, Liberman a affirmé : « J’espère sincèrement que la procédure judiciaire sera rapide. Je lis dans les journaux des choses que je n’ai pas faites ni dites… Je ne cherche pas de peine négociée, mais plutôt à aller en procès. Je n’élimine aucune option, mais nous irons d’abord devant la justice, ce qui est la bonne chose à faire ».

Selon d’autres médias, les avocats de Liberman chercheraient avant tout à accélérer la procédure pour que l’élu puisse rapidement retourner à la vie publique. Selon le ministère de la Justice, si le procureur général en fait la demande, le procès pourrait être avancé. Même si aucune négociation de peine, ni verdict, n’étaient rendus d’ici la formation du prochain gouvernement, et si le procureur et la Cour suprême ne s’y opposaient pas, Liberman pourrait malgré tout être nommé ministre.

Ce n’est qu’un au revoir

 Plusieurs membres du Likoud ont affirmé que Liberman ne serait pas évacué de la campagne et qu’il continuerait à y jouer un rôle central. Cette démission est saluée, ontils ajouté, car elle permet de retourner aux questions de diplomatie et de sécurité, plutôt que de se focaliser sur le politicien. « Liberman est un atout électoral en raison de son image de leader et d’homme d’action. Maintenant qu’il n’est plus ministre, il aura plus de temps pour les meetings politiques et pourra aider le parti à rassembler des voix ».

L’élu russophone avait annoncé son retrait dès vendredi 14 décembre, quelques heures après que Meretz ne réclame sa démission devant la Cour suprême.

Dans un communiqué publié par son cabinet, Liberman a expliqué que, selon son conseiller juridique, il n’était pas obligé de quitter ses fonctions. Il a néanmoins décidé de le faire, pour combattre les charges qui pèsent sur lui et pouvoir, selon ses dires, rapidement rejoindre le prochain gouvernement. Il a demandé à ce que son immunité parlementaire soit retirée au plus vite. « Je le fais pour qu’après 16 ans d’enquêtes tenues sans moi, je puisse mettre un terme à cette affaire et blanchir ma réputation », a-t-il expliqué. « Les citoyens israéliens ont le droit d’aller aux urnes en sachant que l’affaire a été conclue », a-t-il ajouté, semblant souhaiter un dénouement avant le 22 janvier.

Liberman espère pouvoir continuer à servir Israël « au sein d’un leadership fort et uni pour gérer les défis sécuritaires, diplomatiques et économiques affrontés par le pays ».

Le Premier ministre Binyamin Netanyahou s’est entretenu avec le leader russophone vendredi après-midi, avant que ce dernier n’annonce sa démission. Il espère que son « innocence sera prouvée aussi vite que possible », ce qui lui permettra de retourner rapidement au pouvoir.

Dans l’intervalle, Netanyahou assume la charge de ministre des Affaires étrangères par intérim, jusqu’aux élections, contrairement aux rumeurs qui donnaient le poste aux vicepremiers ministres Silvan Shalom ou Dan Meridor.

La décision de Liberman est intervenue après l’annonce surprise du procureur général Yehouda Weinstein, jeudi 13 décembre, de l’inculper pour abus de confiance et fraude, dans un dossier judiciaire de 2008, où Liberman aurait favorisé la nomination de Zeev Ben-Arieh au poste d’ambassadeur en Biélorussie, en échange d’informations sur une enquête de justice le concernant.

En parallèle, Weinstein a décidé de clore le « principal » dossier contre l’ancien ministre, concernant de très graves accusations de blanchiment de plusieurs millions de dollars et de fraude entre 2001 et 2008.

Avoda : un plan pour lutter contre la corruption politique 

Les Travaillistes réagissent à l’inculpation de Liberman.

Lahav Harkov

Mobilisation de l’opposition. La leader travailliste, Shelly Yacimovich, a présenté un plan détaillé pour prévenir tout lien entre membres du gouvernement et hommes d’affaires et autres puissants, après la démission du ministre des Affaires étrangères Avigdor Liberman.

Elle a ouvert une conférence d’Avoda à Tel-Aviv, en déclarant que son initiative n’était pas personnelle et ne ciblait pas spécialement Liberman. Mais que cela constituait la première pierre posée pour une discussion sur l’avenir d’Israël.

« Ce n’est pas un sujet très populaire, mais nous en parlons parce qu’il est important et que nous sommes tous concernés. Il doit y avoir une égalité pour tous devant la loi », a-t-elle lancé, avant de s’interroger : « pourquoi les membres du gouvernement bénéficieraient-ils d’un traitement privilégié dans leurs affaires judiciaires ? ».

Et d’ajouter que même si quelqu’un n’était pas reconnu coupable après un acte d’accusation, cela ne voulait pas dire qu’il ou elle était « blanc comme neige ». Elle a appelé le public présent à faire preuve de vigilance.

Selon la Travailliste, le gouvernement de ces dernières années a brisé les lois en minimisant le rôle des tribunaux, de la police et du bureau du contrôleur d’Etat. Et de rappeler qu’alors que Liberman était mis en examen, il avait la responsabilité de choisir le ministre de la Justice, le chef de la commission parlementaire sur la Constitution, les lois et la justice et, indirectement, le chef de la police puisque le ministre de la Sécurité publique, Itzhak Aharonovitch, en charge de cette nomination, fait partie d’Israël Beiteinou, le parti le Liberman.

Une des suggestions du parti pour prévenir la corruption est de renforcer les tribunaux et de minimiser l’influence politique sur eux en prenant des mesures telles que séparer les systèmes juridiques du ministère de la Justice et de créer un système d’ancienneté pour les juges.


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