Nouveau plan d’austérité pour contrer le déficit

La coalition menée par Netanyahou s’engage sur la voie de la rigueur, non sans une certaine résistance

By ADRIAN FILUT, GIL STERN STERN HOFFMAN ET NADAV SHEMER
August 1, 2012 12:39
3 minute read.
Photo illustrative

Deficit. (photo credit: Reuters)

Lundi 30 juillet, un ensemble de mesures d’austérité a été voté par le cabinet ministériel. Le but ? Réduire le déficit israélien pour éviter de ressembler à la Grèce, l’Espagne ou l’Irlande. Des hausses de taxes diverses et variées, qui auront pour conséquence espérée de rapporter 14,15 milliards de shekels à l’Etat, soit 1,5 % du PIB. Une telle consolidation fiscale n’avait pas eu lieu en Israël depuis 1985. Ce nouveau plan de rigueur vise à enrayer les conséquences de la crise mondiale qui affecte aussi Israël, notamment le ralentissement de l’économie et surtout la hausse du déficit public prévue pour 2012 et 2013. Déficit, qui, sans action du gouvernement, pourrait atteindre les 6 % du PIB. Ce plan unique de mesures étendues a été décidé dans sa forme actuelle par le Premier ministre, vendredi après-midi.



Au programme : hausse de 1 % de la TVA à partir du 1er août, qui va donc passer à 17 % ; augmentation de 1 % de l’impôt sur le revenu pour ceux qui gagnent plus de 8 881 shekels par mois et de 2 % pour les salaires de plus de 41 830 shekels par mois ; hausse de la taxe sur les employeurs, de la taxe sur les véhicules, de la taxe foncière, et abaissement du seuil de taxation sur les revenus salariaux et de capitaux, qui passe de 1 million à 800 000 shekels. Sont aussi prévus des contrôles fiscaux plus minutieux.

Le gouverneur de la Banque d’Israël, Stanley Fisher, a accueilli avec enthousiasme le nouveau plan d’austérité. Stanley Fisher fait partie de ceux qui poussaient le gouvernement à adopter ce type de mesures pour opérer une solidification fiscale de l’Etat. “Les mesures (...) sont essentielles pour répondre à la situation économique complexe en Israël. Il y a des chances que nous ayons bientôt à souffrir d’une aggravation de la crise de la zone euro”, a déclaré Fisher.

“D’un autre côté, il y a aussi des problèmes générés par le large déficit budgétaire, qui en l’absence d’action, pourrait résulter en un déficit gouvernemental encore accru pour l’année 2013. (...) A la lumière de cette situation, les mesures prises par le Premier ministre et le ministre des Finances sont courageuses et nécessaires pour gérer le budget de 2013.” Et d’ajouter que ces mesures “permettront de gérer l’économie de façon à favoriser la croissance pour le bien de la population.” 

“J’espère que nous n’aurons plus besoin d’augmenter les impôts” 

Le plan de rigueur comporte aussi un volet secondaire de réduction des dépenses. Parmi les ministères les plus touchés : ceux de l’Industrie, du Commerce et du Travail, des Affaires étrangères, de l’Intégration et de la Sécurité publique. De plus, pour la première fois, les ministères de la Défense, de l’Education et des Services sociaux devront aussi faire face à des coupes budgétaires, qui seront cependant moindres que les réductions des autres ministères.

Dimanche 29 juillet, le ministre des Finances Youval Steinitz n’excluait pas l’introduction de mesures supplémentaires d’ici la fin de l’année, mais a ajouté qu’il espérait qu’elles ne soient pas nécessaires. “Ce plan est supposé fournir une solution pour gérer le déficit, pour protéger la notation du crédit en Israël, ses investissements et son économie “, a déclaré Steinitz. “Nous essayons de régler ce problème de déficit pour qu’Israël ne finisse pas dans la même situation que l’Irlande, l’Espagne ou la Grèce. Si nous n’agissons pas maintenant, nous le paierons à l’avenir.” Les mesures votées lundi n’ont en tout cas pas fait l’unanimité. Parmi les opposants : Moshé Kahlon (Likoud) qui “n’a pas eu le coeur de voter pour des coupes budgétaires”.

Le ministre des Affaires sociales s’est dit incapable d’approuver un plan qui allait toucher plus durement les classes populaires. Pendant les délibérations, il s’est largement employé à réduire les restrictions inhérentes aux budgets consacrés personnes âgées et handicapées. Mais face à son échec, il a refusé de voter le plan de Steinitz. Ehoud Barak fait aussi partie des opposants, alors même que son ministère devait initialement être épargné. Une situation sur laquelle est revenu Steinitz : le ministère de la Défense est désormais concerné par une coupe budgétaire de 100 millions de shekels. Dans les rangs de l’opposition, c’est sans surprise que Shaoul Mofaz (Kadima), Shelly Yachimovich (Travaillistes) et Zehava Gal-on (Meretz) ont fait part de leur mécontentement. Gal-on notamment a qualifié le plan de “cruel” et Yachimovich a jugé qu’il faisait “partie du problème”. Des débuts bien controversés pour le plan Steinitz.


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