Paix et prospérité

By GILL HOFFMAN ET NIV ELIS
October 22, 2013 16:06

Après un début de mandat houleux, le ministre des Finances Yaïr Lapid revient sur ses objectifs à venir.




Le ministre des finances Yaïr Lapid

P5 JFR 370. (photo credit: Marc Israel Sellem)

Il y a un an, il n’était que candidat. Invité phare de la Conférence diplomatique du Jerusalem Post, le ministre des Finances Yaïr Lapid sera présent au côté du président Shimon Peres et de la ministre de la Justice Tzipi Livni, jeudi 24 octobre à Herzliya. Lui qui n’était qu’un nouveau venu l’année dernière est aujourd’hui responsable du budget de l’Etat. Lui qui ne faisait partie d’aucun classement il y a encore quelques mois, s’inscrit aujourd’hui parmi les 100 personnes les plus influentes au monde selon le magazine Time et des 50 Juifs les plus influents, selon le classement du Jerusalem Post.

Lapid, est aujourd’hui la clef de voûte du gouvernement Netanyahou, et il a bien l’intention de s’en servir pour faire avancer le processus de paix avec les Palestiniens. Il siège au cabinet de sécurité ainsi qu’à la commission interministérielle chargée de superviser les négociations avec Ramallah. Reste que pour lui, tout n’est pas rose depuis son entrée en fonction. Le ministre a ainsi décidé de sévères coupures budgétaires qui lui ont mis à dos une partie de son électorat. Il a également dû assumer le feuilleton à rebondissements qui a précédé la nomination de Karnit Flug à la tête de la Banque d’Israël, la saga de l’enrôlement pour tous et un coût de la vie, sur lequel il a fait campagne, qui s’entête à demeurer élevé. Quelques jours après la rentrée parlementaire, nous avons souhaité interroger le ministre sur sa vision de l’année à venir.

En janvier dernier vous avez déclaré, après avoir obtenu 19 mandats à la tête de Yesh Atid, que vous pensiez être le prochain Premier ministre israélien. Le pensez-vous toujours ?
Je pense que je devrais moins parler de tout cela. Je n’ai jamais caché mon intention d’aller jusqu’au bout en entrant en politique, mais je ne suis pas pressé. Ce gouvernement a de l’allant, il peut durer 4 ans. Je me suis d’abord attaqué aux choses difficiles et douloureuses que les politiciens détestent faire. Il me faudra du temps pour bénéficier politiquement de ce que nous sommes en train de faire en ce moment. Alors la réponse est oui, mais je ne suis ni pressé ni obnubilé.

Regrettez-vous d’avoir accepté le portefeuille des Finances ?
Pas un seul instant. Je suis entré en politique afin de me battre pour la classe moyenne israélienne. Quel meilleur endroit pour cela que le ministère des Finances ? Mais je ne pensais pas avoir à affronter un gouffre financier et je ne savais pas quel héritage me laissait mon prédécesseur Youval Steinitz.

Le ministre de la Défense Moshé Yaalon aurait déclaré en privé qu’il s’opposerait à l’application extensive des recommandations de la commission Péri concernant les étudiants de yeshiva. Qu’en dites-vous ?
La loi, c’est la loi et chacun sera tenu de l’appliquer. Yaalon a voté pour la réforme tant au gouvernement qu’à la Knesset. Il a siégé à la commission Péri. Cette loi est bétonnée légalement. Le processus est irréversible. Il y en aura toujours pour penser aux prochaines coalitions, mais il est impossible de faire marche arrière là-dessus.

Votre alliance controversée avec Naftali Bennett va-t-elle continuer ?
Je ne vois aucune raison pour ce que ce ne soit pas le cas. Naftali est un ami et un allié. Nous ne sommes pas d’accord sur le processus de paix, mais tant qu’on ne se lance pas dans l’évacuation d’implantations, il se dit prêt à rester dans la coalition. Nous nous entretenons presque tous les jours.

Ne craignez-vous pas que la gestion de la crise avec l’Union européenne n’indique en réalité que le gouvernement Netanyahou préfère s’occuper des implantations que de l’économie ?
Aucune nouvelle implantation n’a été construite depuis que j’ai rejoint le gouvernement. Il faut soutenir les citoyens israéliens, mais les habitants d’implantations savent qu’à mes yeux, il leur faudra les évacuer dans le cadre d’un futur accord. Nous travaillons d’arrache-pied pour faire comprendre aux Européens leurs actions nuisent davantage au processus de paix qu’elles ne l’aident.
En se positionnant ainsi sur les implantations, Bruxelles fait le jeu des extrémistes palestiniens. En effet, selon eux, le mieux est de ne pas faire progresser les négociations. Mais il semblerait qu’Israël fera bien partie d’Horizon 2020 en fin de compte (NDLR : un programme européen de recherche et de développement doté d’une enveloppe de 70 milliards d’euros).

Les négociations actuelles peuvent-elles accoucher d’un accord ?
Même si ce n’était pas le cas, il nous faudrait recommencer encore et encore. C’est peut-être churchillien, mais le mot d’ordre là-dessus, c’est : ne jamais, jamais, jamais abandonner. Comme je l’ai dit pendant la campagne électorale, nous ne voulons pas épouser les Palestiniens, mais au contraire en divorcer en tout bien tout honneur.
C’est pourquoi Yesh Atid fera tout pour que ce processus aboutisse. Nous sommes directement informés par la négociatrice en chef et ministre de la Justice Tzipi Livni, mais je ne peux entrer dans les détails, car ce serait irresponsable de ma part. Entre le processus de paix et la une des journaux, il faut savoir choisir.

Serez-vous en faveur d’un accord intérimaire entre Israéliens et Palestiniens ?
Le conflit, au fond, ce ne sont pas les frontières, Jérusalem, la sécurité, les implantations ou encore le terrorisme palestinien. C’est la haine, la douleur, la défiance et les mauvais souvenirs. Il nous faut une solution qui nous permette d’apaiser ces sentiments. Je ne sais pas si un Etat intérimaire est la clef, mais il est certain qu’il faut du temps pour que les blessures se referment. Contentons-nous de dire cela pour l’instant. Je ne vais pas torpiller les négociations rien que pour plaire à certains ou être invité à la réunion où il fait bon être vu. Le sujet me tient trop à cœur.

Craignez-vous que les négociations échouent et qu’une nouvelle Intifada éclate, nuisant notamment à l’économie ?
La peur, qu’elle soit économique ou autre, n’est jamais bonne conseillère. Il faut surmonter la peur. Cela dit, le pire du point de vue économique, c’est une impasse du processus de paix. C’est un argument que nous prenons en considération.

Quelle est votre vision du processus de paix et de l’économie dans 4 ans ?L’économie et la paix doivent aller de pair – et tel sera le cas. Dans un an et demi, l’économie sera en meilleure forme : la croissance repartira et le déficit aura baissé. Nous sommes dans la bonne direction. J’en suis heureux, car l’optimisme est inhérent à l’économie, qui est une science sociale. Lorsque les gens comprennent qu’on va dans la bonne direction, les choses bougent plus vite. En 1993, le processus d’Oslo a commencé et cela a été immédiat : les multinationales sont arrivées et le marché a grimpé. Si l’optimisme avait une sœur jumelle, ce serait l’espérance. Je suis optimiste économiquement et plein d’espoir pour la paix.



Related Content

January 16, 2018
Médecins israéliens sans frontières

By MAAYAN HOFFMAN

Israel Weather
  • 8 - 16
    Beer Sheva
    12 - 17
    Tel Aviv - Yafo
  • 7 - 11
    Jerusalem
    11 - 15
    Haifa
  • 12 - 20
    Elat
    11 - 17
    Tiberias