Petit parti ne deviendra pas grand

By LAHAV HARKOV ET DANIELLE ZIRI
January 15, 2013 14:49

Le paysage politique israélien est très fragmenté. Cette année encore, de nombreuses voix devraient aller à des partis qui ne franchiront pas le seuil parlementaire.




The Knesset adjourning for its spring break.

Knesset session 311. (photo credit: Courtesy)

Sur 34 partis en lice pour les élections, 12 seulement devraient entrer à la Knesset. Un constat en forme de point d’interrogation. De quoi sont donc faites ces petites formations et qui représententelles ? Retour sur 5 partis qui font (un peu) plus de bruit que les autres.

Eretz Hadasha (Nouveau pays) 

La palme de la prétention, tendance « badboy », revient cette année à la liste Eretz Hadasha, qui a fait de la lutte contre la corruption son étendard. Son leader, Eldad Yaniv, est avocat et ancien conseiller du ministre de la Défense Ehoud Barak. Sa campagne se joue principalement en ligne, avec une série de clips, titrés « le Système », qui en ont fait le chouchou des réseaux sociaux et – du moins à ses propres yeux – l’ennemi public numéro 1.

Avec l’acteur Rani Blair, 3e sur sa liste, Yaniv y affirme que les puissants du pays ont des comportements mafieux et racontent des secrets qui les « font faire dans leur pantalon », selon ses propres mots.

Son credo ? « N’ayons pas peur ». L’activiste raconte notamment que Binyamin Netanyahou planque des dollars dans ses chaussettes pour financer ses basses manoeuvres politiques.

« Nous nous présentons pour combattre les liens officieux entre les riches, le pouvoir et la presse en Israël », explique Yaniv. « Ce scrutin du 22 janvier doit faire entrer à la Knesset des militants qui représenteront une opposition de combat. Tous les anciens partis font aujourd’hui partie d’un système corrompu et dirigé par les grands patrons. Pour changer les choses, il faut un nouveau dispositif qui soit transparent et n’appartienne à personne. » Selon tous les sondages publiés, Eretz Hasdasha ne devrait pas dépasser le seuil parlementaire des deux mandats et ne fera donc pas partie de la 19e Knesset. Mais les dirigeants du parti ne se laissent pas démonter pour autant : « les jeunes voient ce qui se passe. Ils écouteront la voix du coeur au moment de voter ».

Ahim Anahnou (Nous sommes frères) 

Il existe déjà plusieurs députés éthiopiens.
Mais pas assez, selon David Abebe, chef de file de ce parti sectoriel qui souhaite faire davantage pour la communauté issue d’Afrique que les parlementaires éthiopiens de Kadima, Likoud, Shas et Avoda. « Le gouvernement nous a amenés ici, mais ne sait pas comment nous intégrer et c’est de pire en pire chaque année », déclare Abebe.

Or, continue-t-il, le pays se prive ainsi d’une nouvelle génération, diplômée, née en Israël, mais qui se sent discriminée, tant à l’école que sur le marché de l’emploi.

Le nom du parti provient d’une citation de la Genèse, qui met l’accent sur la fraternité qui se doit d’exister entre les Juifs, même lorsqu’ils viennent de loin.

Et Abede de critiquer le « cynique usage de la communauté éthiopienne pour obtenir des donations étrangères ». « Le gouvernement devrait avoir honte ! » lance le leader.

« Le 22 janvier prochain, aucun Noir ne votera pour un Blanc », avance-t-il, prédisant à son parti 4 mandats dans la future Knesset.

Alé Yarok – Hareshima Haliberalit (Feuille verte – la liste libérale) 

Fondée en 1999, Alé Yarok est surtout connue pour sa défense de la légalisation du cannabis.

Cette année, la formation a néanmoins fait disparaître ses dreadlocks au profit d’un programme économique plus élargi, à la frontière entre libéralisme et libertarianisme.

Son leader Yaron Lerman, se veut surtout le chantre de la liberté individuelle. Au programme : séparation de l’Etat et de la religion, transports en commun le samedi, réduction de toutes les taxes, et privatisation des terrains sous la tutelle de l’Autorité israélienne de la terre. « Le gouvernement a augmenté les taxes sur l’essence, l’électricité et même la bière », attaque Lerman, « et les revenus fiscaux ne vont pas à tous les citoyens, mais à certains groupes de lobbys comme les syndicats, les harédim et les grands patrons ».

Autre idée : la privatisation de la carte scolaire (à l’aide de « bons scolaires ») qui stimulerait la compétition entre les établissements publics et permettrait aux parents de choisir les professeurs de leurs enfants, au lieu de les confier aux bureaucrates du ministère de l’Education.

Et, bien entendu, Alé Yarok souhaite toujours que les Israéliens puissent « fumer des joints chez eux, sans problème avec la police ». Lerman se réfère à deux récents sondages qui accordent 3 sièges à son parti. Et critique au passage les instituts qui effectuent leurs enquêtes sur des lignes fixes et passent donc à côté des plus jeunes – cibles du parti – équipés de portables.

Da’am, le Parti des ouvriers 

A l’opposé de leurs confrères pro-cannabis, Da’am revendique fièrement l’étiquette socialiste. Ses priorités ? Fin de la privatisation et nationalisation de toutes les ressources naturelles nationales.

Asma Agbaria Zahalka, la seule Arabe israélienne à la tête d’un parti en lice pour la Knesset, explique que la formation se bat contre la nature patriarcale de la société arabe et refuse de plier face aux « hamoulot » (les clans arabes). 3 des 5 candidats de premier plan sont des femmes. Ce qui distingue Da’am de Hadash, l’autre parti judéo-arabe au programme socialiste, qui se place davantage sur le terrain diplomatique.

Agbaria Zahalka fait partie des dirigeants du Centre de conseil aux travailleurs. Elle se bat notamment contre le chômage des femmes arabes, sans emploi pour 80 % d’entre elles et veut mettre fin aux emplois contractuels, qu’elle compare à de l’esclavage.

« A Da’am », conclue-t-elle, « Juifs et Arabes collaborent harmonieusement. J’appelle les électeurs à ne pas voter par communautarisme mais à promouvoir la lutte des travailleurs. » 

Koah Lehashpia (le Pouvoir d’influencer) 

A l’autre bout de l’échiquier politique, Koah Lehashpia s’adresse aux traditionnels électeurs de Shas.

A l’instar de son grand frère ultra-orthodoxe, la formation a été fondée par le rabbin Amnon Yitzak, qui en est le mentor spirituel, sans être candidat lui-même. D’ailleurs Yitzak, antisioniste, ne compte pas voter pour son propre parti, car il boycotte les élections. Par le passé, l’homme a qualifié Adolf Hitler et Théodore Herzl « des deux grands criminels » de l’histoire juive récente.

Issu du mouvement « Shofar », il est surtout connu pour ses discours grandiloquents qui menacent les Juifs laïcs de très graves punitions après leur mort et mettent en garde contre les technologies modernes. Or, s’il diabolise l’usage de ces dernières, il a récemment été filmé avec son Smartphone. Quand à l’opération Pilier de défense, c’était, dit-il, une punition contre le gouvernement israélien « pour avoir voulu enrôler de force les harédim ».

Le programme du parti prévoit donc, logiquement, le prolongement de la loi Tal (qui exempte les orthodoxes de service militaire), la baisse des prix via l’annulation de la TVA et le pain à un shekel.

Les anciens en action 

Ne pas oublier les aînés. Tel est en substance le message du Nouveau parti des retraités, répondant également au nom de Dor Bonei Haaretz (la génération qui a construit le pays). Début décembre, la liste présentait son programme à Tel-Aviv sous le slogan : « Parce que nous devons prendre soin de papa et maman ».

Le but du parti ? Toucher les 30-40 ans et les rallier à la cause de leurs doyens. Pour le président de la formation, Ephraïm Lapid, « Dor est le seul parti social d’Israël ».

« A gauche, à droite et au centre, tout le monde vous parlera de justice sociale, des armes nucléaires iraniennes ou de la paix avec la Syrie, mais personne ne défend les sujets qui sont nos priorités ». Et de citer la santé, les pensions, le droit à la retraire dans la dignité et le logement.

Aujourd’hui, 804 000 citoyens de 65 ans et plus résident dans l’Etat hébreu. Soit 1 individu sur 10, dont 14 % continuent de travailler même après la retraite. La loi oblige les employés à quitter leurs activités à l’âge de 67 ans mais, pour l’assistante sociale Dalia Nakar, qui a récemment rejoint la formation, cette mesure doit être revue. « Ils sont encore jeunes », expliquet- elle. « Avoir 67 ans aujourd’hui, ce n’est pas comme il y a 30 ou 40. Nous voulons changer la loi pour que les Israéliens puissent arrêter de travailler par choix et non par obligation, car les personnes âgées peuvent contribuer à la société de nombreuses façons », continue Nakar.

Pour ce qui est du système de santé, Midad Gissin, numéro 2 du parti qui s’est battu contre le cancer il y a 25 ans, déclare que Bonei Dor ne constate aucun changement.

Il faudrait pourtant élargir les fonds pour le quatrième âge, afin que les retraités « n’aient pas à choisir entre s’alimenter ou acheter des médicaments ». « Aucun autre parti ne soulève la question de la santé », rappelle Gissin, « mais c’est le seul sujet en réalité qui concerne tout le monde, sans distinction de couleur, de race, d’âge ou de religion. Chacun se préoccupe de santé et quiconque n’a jamais été malade le sera un jour. » 


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