Un roi à Sion ?

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September 17, 2013 12:10

Arié King, directeur du Fonds pour la Terre d’Israël, estime être le seul candidat en qui Juifs et Arabes peuvent avoir confiance

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Arie King accuse Nir Barkat d'etre un "dangereux gauchiste"

P16 JFR 370. (photo credit: DR)

Les spéculations vont bon train quant aux chances du maire sortant de Jérusalem, Nir Barkat, face à son opposant Moshé Lion, récemment installé dans la capitale. Mais, alors que les pronostics sont encore flous, un troisième candidat a fait son apparition sur la scène.

Arié King est le directeur du Fonds pour la terre d’Israël – un organisme financé par le philanthrope américain Irving Moskowitz, qui s’efforce de racheter les biens immobiliers détenus par les Juifs avant 1948, dans la partie est de Jérusalem. Il est entré dans la course en clamant haut et fort que ni Barkat ni Lion ne peuvent fournir un meilleur travail que lui.

Arié King est âgé de 40 ans. Il habite Maalé Hazeitim, un nouveau quartier juif situé face au cimetière du mont des Oliviers. Depuis plusieurs années, il concentre ses efforts pour qu’un nombre croissant d’anciens biens immobiliers juifs à Jérusalem-Est repassent sous contrôle juif.

Il ne cesse de répéter que Barkat, malgré ses nombreuses déclarations sur l’indivisibilité de la ville entièrement placée sous souveraineté israélienne, est loin d’avoir tenu ses promesses sur le terrain. Et l’a même traité publiquement de « dangereux gauchiste », prêt à renoncer à la souveraineté juive sur la Vieille Ville et ses environs.

Ces cinq dernières années, King a failli, à plusieurs reprises, entrer au conseil municipal en tant que représentant du mouvement Union Nationale (du courant de HaBayit Hayehoudi), mais en a été empêché pour des raisons internes. Aujourd’hui, il s’estime prêt à partir en campagne. Fin août, il a officiellement annoncé sa candidature au poste de maire de Jérusalem.

Contre les constructions illégales


King est catégorique. Il assure être le seul candidat à même de préserver l’unité de Jérusalem, tout en suscitant le respect et le soutien silencieux de la population arabe de la capitale.

« Les Arabes me font confiance. Ils me croient quand j’affirme que je vais défendre leurs droits, en tant qu’habitants de la ville, pour obtenir des rues propres, des conditions décentes pour la scolarité de leurs enfants et préserver la sécurité dans leurs quartiers », soutient-il.

King est également opposé à la politique du maire, qui a retardé de nombreux ordres de démolition de construction arabe illégale. Il n’hésite pas à établir un parallèle avec la controverse qui entoure Beit Yonatan, un bâtiment de sept étages construit sans les permis requis, dans le quartier de Silwan à Jérusalem-Est, et propriété de résidents juifs.

« Nous savons tous que ce qui justifie le retard [de la démolition des constructions arabes] — c’est la volonté d’empêcher la destruction des deux derniers étages de Beit Yonatan, comme requis par le tribunal. Mais je dis au contraire qu’il faut démolir ces deux étages. Si je suis élu, je le ferai moi-même de mes propres mains. Qui a besoin de ce bâtiment là-bas ? Si on affirme que les mêmes mesures doivent être appliquées des deux côtés, on ne touche pas à Beit Yonatan — et on ne touche pas non plus aux constructions arabes illégales. Je dis au contraire qu’il faut détruire les deux étages illégaux de Beit Yonatan et démolir de la même façon toutes les constructions arabes illégales. Si je suis élu, ce sera la première chose que j’entreprendrai. »


Du pain ou des jeux


Mais ce qu’il place en tête de liste de sa campagne, ce sont ses préoccupations pour les habitants juifs de la capitale qui constituent le cœur de sa campagne. King s’attache en particulier aux besoins des résidents des quartiers périphériques de HaGuiva HaTsarfatit, Guilo et Talpiot-Est, les circonscriptions qu’il représente sur sa liste au conseil municipal.

Pour le moment, aucune femme sur sa liste. Une situation que King entend bien corriger. Même s’il précise ne pas avoir encore trouvé de candidate appropriée.

Arié King ne manque pas de critiquer la politique du maire sortant à l’égard de la vie culturelle de Jérusalem. « Dans une ville où les ultraorthodoxes représentent 40 % de la population juive et les Arabes 36 % de la population globale – soit deux importants secteurs qui ne fréquentent ni les événements culturels de la ville, ni les festivals – il ne reste qu’une minorité, dont une partie en dessous du seuil de pauvreté qui ne peut, de toute façon, pas s’offrir ce luxe. Alors, pour qui toutes ces dépenses ? Qui a vraiment besoin d’une arène sportive, du Festival du vin, de la fête de la bière ou d’une course de Formule 1 ? Les habitants de Jérusalem ont besoin d’éducation, de rues propres et de logements abordables, pas de divertissements », souligne-t-il.

Interrogé sur ses chances de victoire face au maire sortant et à un candidat soutenu par le Likoud-Beiteinou (l’ancien ministre des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, est tout particulièrement derrière Moshé Lion), Arié King ne semble pas particulièrement inquiet. Il affirme jouir d’un très bon contact avec la population, bien maîtriser la situation sur le terrain et recevoir des échos très positifs.

Pour autant, son choix est fait. Il ne cache pas que s’il n’est pas élu comme prochain maire, il préférerait se joindre à une coalition dirigée par Lion plutôt que par le maire sortant, Nir Barkat.



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