Va, vois et reviens !

Une semaine après les élections, l’Institut de Jérusalem pour les études d’Israël confirme la baisse du nombre de jeunes non harédim qui quitte la ville.

By
November 5, 2013 14:29
La majorité de ceux qui quittent Jérusalem sont ultraorthodoxes

P19 JFR 370. (photo credit: Reuters)

Les statistiques fournissent parfois beaucoup plus que de simples renseignements. En témoignent les chiffres présentés par l’Institut de Jérusalem pour les études d’Israël sur la migration en provenance et à destination de Jérusalem.


Selon les résultats publiés plus tôt cette semaine par une équipe dirigée par le Dr Maya Hoshen, codirecteur du pôle de recherche Jérusalem, le nombre de jeunes non harédim qui quittent la ville a bel et bien diminué. Pendant que le nombre de harédim du même âge à quitter la ville a augmenté, ainsi que le nombre de jeunes adultes non harédim venus s’installer à Jérusalem.


Selon les constatations de cette enquête, qui fait partie du projet Marom de l’Autorité de développement de Jérusalem, la capitale connaît une légère amélioration de son solde migratoire négatif entre 2009 et 2012. Une amélioration marquée chez les 20-34 ans, tranche d’âge particulièrement visée par le projet.


Les résultats montrent également une hausse du nombre d’étudiants qui s’installent à Jérusalem, ce qui n’est pas surprenant, étant donné que la ville possède le plus grand nombre d’établissements d’enseignement supérieur du pays, certains parmi les meilleurs de leur catégorie. Leur nombre est passé de 30 300 pour l’année scolaire 2008-09 à 37 800 en 2011-12.


Le solde migratoire est défini par le nombre de personnes qui s’installent dans une ville, moins le nombre de ceux qui la quittent. L’étude a révélé qu’entre 2007 et 2011, le nombre de départs a diminué régulièrement. Certes, le solde de la migration générale est toujours négatif, mais il va en s’améliorant. Pendant cette période, 47 % de ceux qui ont quitté Jérusalem et 53 % de ceux qui ont choisi de s’y installer étaient âgés de 20 à 34 ans (25,2 ans en moyenne pour les départs, et 25,3 pour les arrivées).


Yair Shapira-Assaf, chercheur de l’équipe dirigée par Hoshen, explique : « En règle générale, les migrants sont généralement jeunes, cette population est la clé de la croissance de la ville. Ils sont en début de carrière professionnelle, fondent une famille, et donc créent la demande de logements. Leurs enfants alimentent le système éducatif de la cité et nécessitent d’être inclus dans les chiffres de la planification. Ils créent et consomment de la culture, et sont les utilisateurs les plus fréquents de la sphère publique. Ils contribuent ainsi à l’atmosphère dynamique de la ville. »


Changement d’image


L’étude a été commandée par la municipalité, précise Shapira-Assaf. « L’Institut de Jérusalem pour les études israéliennes étudie les tendances, et, ainsi, il est important pour nous de répondre à certaines des affirmations soulevées périodiquement par le public et par la presse, qui prétendent que Jérusalem est “abandonnée” par la population laïque », explique-t-il. « Il s’avère que les tendances, définies par les chiffres, sont plus complexes, et parfois à l’opposé de ce que présente la presse. »


Et d’ajouter que toutes les villes affichent un solde migratoire négatif. Dans le cas de Jérusalem, poursuit-il, les candidats au départ privilégient des destinations proches telles que Mevasseret Zion et Beitar Illit plutôt que Tel-Aviv. Mais certains quartiers juifs de la capitale ont atteint des chiffres de migration positive élevés en 2011. Au top de la liste, les quartiers religieux, comme Ramat Sharett et Ramat Dénia, suivis de Har Homa, Kiryat Moshé, Beit Hakerem, Givat Shaoul et Mea Shearim.


Parallèlement, la municipalité de Jérusalem a défini quatre secteurs de la ville – Giva Tsarfatit, Talpiot-Est, Kiryat Yovel et Katamon – qui présentent le plus grand potentiel pour inciter les jeunes adultes à s’installer. Elle a ainsi mis en place certains de ses projets les plus récents dans ces quartiers pour attirer plus de jeunes. Parmi eux l’initiative Ir Tseira (une ville jeune).


Pour Assaf-Shapira, le fait que, selon l’étude, un solde de 2 000 résidents entre 20 et 34 ans ont quitté la ville en 2012, montre la poursuite d’une tendance qui a commencé après 2009, un an après l’élection de Nir Barkat à la mairie. Jusque-là, le bilan des désertions de la jeunesse atteignait le chiffre record de 3 000 départs par an.


Mais aujourd’hui, la situation est encore plus positive en termes de la capacité de cette ville à promouvoir et expérimenter la résilience. « Maintenant, nous constatons que non seulement plus de jeunes adultes non harédim ont décidé de rester ici, mais nous voyons aussi clairement que plus de personnes du même âge décident de s’installer dans la capitale. Une indication claire que l’image de Jérusalem a radicalement changé aux yeux du public », remarque-t-il.


Jérusalem et sa loi du retour


Assaf-Shapira va plus loin. Et explique en outre que si les jeunes adultes – sur le point de créer une famille ou déjà avec de jeunes enfants – restent ici au lieu de chercher un autre endroit pour vivre, « cela veut dire qu’ils font confiance à la capacité de la ville et à ses dirigeants pour leur fournir tout ce dont les jeunes adultes ou ménages ont besoin : logements abordables, emplois décents et environnement culturel attractif. Autant de questions qui ont fait surface environ un an après l’élection de Barkat en 2008, et l’on voit aujourd’hui cette tendance s’accroître. »


Mais pour le chercheur, le résultat le plus intéressant est peut-être que certains jeunes, non originaires de Jérusalem ou qui avaient quitté la ville depuis de nombreuses années, sont revenus au cours des trois dernières années – et la plupart d’entre eux ne sont pas ultraorthodoxes.


Une tendance apparue juste après l’entrée en fonction de Nir Barkat, explique-t-il. Car bien que difficile à définir en nombre, il est clair qu’avec l’élection d’un maire quadragénaire et laïque, un grand nombre de jeunes familles ont décidé de repousser un peu leur intention de quitter la ville.


Pour preuve : les inscriptions dans les écoles maternelles et primaires. Tout d’abord, leur diminution avait cessé dans les écoles laïques et sionistes religieuses, puis, depuis l’année dernière, le mouvement s’est inversé avec des inscriptions en hausse.


Enfin, autre point important de l’enquête : l’étude du comportement de la communauté orthodoxe. Les harédim de tous âges, mais surtout les jeunes adultes, sont de plus en plus nombreux à quitter la ville, principalement en raison du coût du logement. La majorité de ceux qui quittent Jérusalem sont ultraorthodoxes.


En outre, selon l’analyse des résultats, en 2009-2010, le nombre de harédim qui ont quitté la ville était encore plus élevé que les années précédentes, et pour 2012, environ 75 % des départs de Jérusalem étaient le fait des jeunes adultes des quartiers ultraorthodoxes, comparés aux 25 % de la même tranche d’âge des quartiers non harédim, à la fois laïques et religieux.



Related Content

February 11, 2018
Les nouveaux « judaïsants »

By DAN HUMMEL

Israel Weather
  • 16 - 27
    Beer Sheva
    18 - 23
    Tel Aviv - Yafo
  • 16 - 23
    Jerusalem
    16 - 22
    Haifa
  • 23 - 36
    Elat
    17 - 28
    Tiberias