Vendredi 14 février, plusieurs émeutes ont éclaté en Judée- Samarie. Les
Palestiniens avaient annoncé au préalable leur volonté d’affronter Tsahal au
sujet des grèves de la faim des prisonniers palestiniens en Israël. Plusieurs
groupes d’individus ont lancé des pierres et des cocktails Molotov sur les
soldats.
L’armée a répliqué par divers moyens pour les disperser.
A Beitounya, située à l’ouest de Ramallah près de la prison de sécurité d’Ofer,
quelque 300 Palestiniens ont lancé des pierres sur Tsahal, blessant légèrement
deux soldats, selon un porte-parole de l’armée. Quatre Palestiniens ont également
été légèrement blessés. Selon des médecins de l’Autorité palestinienne, cités
par l’agence de presse palestinienne Maan, 156 Palestiniens ont dû être traités
pour inhalation de fumée.
A Kfar Kaddum, à l’ouest de Naplouse, quelque 60 Palestiniens se sont
rassemblés pour jeter des pierres et des bombes incendiaires sur les forces
militaires. A Nabi Salih, près de Ramallah, ce sont environ 80 manifestants qui
ont pris part à de violentes émeutes. Enfin, 30 Palestiniens ont attaqué
l’armée autour de Qalandiya, entre Ramallah et Jérusalem. Selon les
assaillants, Tsahal a riposté en ouvrant le feu, ce que l’armée dément.
Pendant ce temps, le chef de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas annonçait
que le peuple palestinien n’oublierait jamais ses prisonniers détenus dans les
prisons israéliennes : « Nous ne vous oublierons pas et ne vous laisserons pas
souffrir derrière les barreaux de l’occupation », a-t-il déclaré lors d’une
visite dans un camp de tentes dressées pour l’occasion.
De plus petites manifestations ont également eu lieu par solidarité avec les
prisonniers en grève de la faim à Bethléem, Djénine et à l’extérieur de
l’implantation d’Efrat, selon l’agence Maan.
Le cas Issawi
Objectif des protestataires : obtenir la libération du prisonnier
palestinien Samer Issawi, en grève de la faim. Il avait été arrêté par Tsahal
en 2002 pendant l’opération Rempart, durant la seconde Intifada.
Ce membre du Front populaire pour la libération de la Palestine a été condamné
à 30 ans de prison pour activités liées au terrorisme.
Après 10 ans de détention, il avait été libéré en octobre 2011 en compagnie de
476 autres terroristes palestiniens lors de l’accord passé entre le Hamas et
Israël pour la libération de Guilad Schalit. Avant d’être à nouveau arrêté en
juillet 2012, pour avoir violé les termes de sa libération selon Tsahal. Très
vite, il entamera une grève de la faim, qu’il poursuit aujourd’hui après plus
de 200 jours.
Le prisonnier a vraisemblablement reçu des doses de glucose, pendant un certain
temps, doses qu’il refuse aujourd’hui.
Selon sa soeur, Issawi ne pèserait guère plus que 40 kg. Elle fait référence à
des détenus kurdes qui ont pratiqué une grève de la faim de plus de 200 jours
et sont restés en vie.
Le député Jamal Zahalka (Balad) a confié au Jerusalem Post que son parti
essayait d’internationaliser le conflit israélopalestinien en attirant
l’attention des Nations unies sur 4 détenus grévistes de la faim dans les
prisons israéliennes.
Cette tactique a déjà fait ses preuves : Catherine Ashton, chef de la
diplomatie étrangère européenne, a publié un rapport dans lequel elle se dit
très préoccupée par la santé de ces prisonniers. « L’Union européenne demande
au gouvernement d’Israël de réinstaurer immédiatement le droit de visite des
familles des prisonniers et ainsi qu’un respect complet des droits de l’homme
envers les détenus palestiniens », indique le rapport. Y est également évoquée
« l’inquiétude de l’Union européenne quant aux utilisations abusives des
détentions administratives israéliennes ».
Un membre officiel du gouvernement israélien a répondu au rapport d’Ashton en
affirmant qu’Israël « observe strictement les lois et les conventions
internationales concernant ses prisonniers, qui ont le droit à la justice
devant la Cour suprême. » Par ailleurs, la brigade Kfir de Tsahal a arrêté 9
suspects palestiniens dans la nuit du jeudi 14 au vendredi 15 février, dans le
village palestinien d’Azun. Ils sont soupçonnés d’avoir jeté des pierres sur
des véhicules israéliens. L’arrestation a fait suite à une collecte de
renseignements effectuée dans le village, connu pour être le foyer de tirs de
pierres et de cocktails Molotov sur les véhicules israéliens qui circulent dans
la région.