Dans la cour des grands
03/27/2012 13:19
Sylven Landesberg a quitté Brooklyn pour réaliser son rêve en Israël : joueur de basket-ball professionnel
Sylven Landesberg Photo: avec l'aimable contribution de Maccabi Haifa
Sylven Landesberg n’a pas
exactement le profil de l’Israélien lambda. Avec son mètre 97, il est loin de
passer inaperçu dans les rues. Installé en Terre promise depuis deux ans, à 21
ans le joueur de Maccabi Haïfa se sent chez lui en Israël. Et Israël le lui rend
bien.
Né dans le quartier de Brooklyn, à New York, Landesberg est le fils
d’une mère chrétienne, Ingrid, et d’un père juif, Steven. En 2010, il choisit de
faire son aliya et d’entamer une carrière de joueur de basket
professionnel.
Son talent, un ballon à la main, l’a fait remarquer dès
son jeune âge. Sur les conseils de ses parents, il entre à l’Université de
Virginie en 2008. L’avenir s’annonce brillant après une première saison
de junior, achevée avec une moyenne de 16,6 points, 6,0 rebonds et 2,8 passes
décisives par match. Il est nommé “débutant de l’année” de l’ACC-Atlantique
Coast Conference, une ligue athlétique universitaire très influente aux
Etats-Unis. Et mène de nouveau son équipe à la victoire l’année suivante, avec
une moyenne de 17,3 points par jeu, 4,9 rebonds et 2,9 passes
décisives. Mais sa saison est entachée de ses échecs scolaires, et il est
suspendu de l’université avant la fin de l’année.
Landesberg postule peu
après, à la soirée de sélection de jeunes joueurs pour la NBA. Aucune équipe ne
lui donne sa chance, et il se voit obligé de passer outre-Atlantique pour
poursuivre ses ambitions. Son ascendance juive le pousse à choisir Israël comme
nouvelle destination où poser ses valises. Mais la vie en Terre sainte ne se
révèle pas aussi simple que prévue.
“Passer de l’université à Israël a
été très difficile”, admet le jeune homme. “J’étais déjà parti loin de chez moi,
pour la faculté, mais arriver dans un pays si différent a été un choc. Les deux
premiers mois ont été particulièrement éprouvants. J’appelais à la maison chaque
jour, je me demandais si j’allais y arriver.” Et de poursuivre : “En fin de
compte, je me suis adapté. Pas seulement au pays, mais aussi au fait d’être
devenu un professionnel. Il a fallu que je m’habitue à tous changements.
Maintenant j’adore être ici, et je me sens chez moi.”
Elevé dans un foyer
à confession mixte, Steven a souvent passé les fêtes juives chez ses
grands-parents, tout en se rendant à l’église avec sa mère, lors des
célébrations chrétiennes. Son éducation a joué un rôle important dans son
intégration en Israël, explique-t-il. “Etre à moitié juif, et connaître cette
culture me permet de me sentir lié aux habitants et au pays”, explique-t-il.
“Connaître les traditions m’a clairement aidé.”
De rebonds en
rebondissements
Pour autant, la saison 2010 /2011 de Landesberg pour Maccabi
Haïfa a été très irrégulière, avec une moyenne de 13,6 points, et 3,9 rebonds
sur 27 matchs. L’équipe a terminé à une décevante 9e place, battant Ashkelon
lors des séries éliminatoires. Et Landesberg n’aurait jamais imaginé que sa
seconde saison israélienne serait encore pire. Haïfa se place actuellement à la
dernière place de la Ligue, avec un match record de 3-15, et 12 derniers matchs
de la Ligue israélienne perdus.
Mais l’Américain n’est pas à blâmer pour
cette situation, avec ses 21,0 points (deuxième meilleur score de la ligue) 5,1
rebonds et 2,7 passes décisives par match. “Avec les autres joueurs, nous avions
placé la barre bien plus haut”, regrette-t-il. “Nous continuons à nous battre et
à nous entraîner, plus que jamais. La saison a été difficile. J’ai bien joué,
mais je ne peux pas dire que je suis satisfait de mon jeu : ce que nous faisons
sur le terrain doit pouvoir se traduire en victoires.
Je pense que je
devrais faire davantage pour aider l’équipe à gagner. Je pourrais être meilleur
en défense et en rebonds”, analyse le jeune joueur. “Je devrais être meilleur en
tactique collective, aussi. C’est ce que j’ai toujours fait, mais je devrais le
faire mieux.”
A tout juste 21 ans, et dans sa seconde année
professionnelle seulement, Landesberg estime pouvoir beaucoup s’améliorer. “Ma
deuxième année a été bien meilleure que la première”, se
remémore-t-il. “L’année dernière, j’ai eu du mal à m’adapter à la
Ligue. C’était aussi ma première année professionnelle. Je pense que je
me suis amélioré parce que j’ai davantage confiance en moi, et que je me sens
plus à l’aise dans la Ligue. Gagner de l’expérience a été primordial.
L’expérience est sous-évaluée, en général. Cette année m’a beaucoup
aidé. J’ai appris et je continue d’apprendre.”
Saisir la balle au
vol
En tant que citoyen israélien, Landesberg est éligible à l’équipe nationale.
Il espère être sélectionné pour les qualifications estivales de l’Euro Basket
2013. “Ce serait une grande opportunité et un honneur de représenter Israël”,
s’enflamme-t-il. “Me mesurer à des professionnels du monde entier serait un
grand plaisir.”
Le joueur arrive au terme de son contrat de deux ans avec
Haïfa, à la fin de cette saison. Au vu de ces derniers mois, une plus grande
équipe ne manquera pas de le repérer pour l’année prochaine. Sans surprise, la
conquérante Maccabi Tel-Aviv, qui s’est fait une spécialité de récupérer les
talents locaux, a mentionné son intérêt. “Je n’ai aucune idée de ce qui se
passera l’année prochaine. Nous attendrons la fin la saison pour décider.
Maccabi Tel-Aviv est une grande équipe. Je suis flatté qu’elle s’intéresse à
moi.”
Mais si une offre telavivienne est la bienvenue, Landesberg rêve
secrètement d’autre chose. “La NBA est le fantasme de tout joueur de basket”,
confie-t-il. “C’est bien entendu un rêve et un objectif. Mais ce ne serait pas
grave non plus de rester en Europe.”
En attendant, il goûte aux joies de
la vie ici. “L’expérience israélienne est très agréable, j’apprends énormément.
Je viens de New York où tout va très vite, la vie citadine est survoltée. Ici,
j’ai l’impression que les Israéliens sont plus sereins. Ils ont une approche
plus détendue.” Et de conclure avec humour : “Je trouve par exemple incroyable
que les gens pensent à embrasser la mezouza, à chaque fois qu’ils passent la
porte. A New York, les gens oublient même de vous la tenir, lorsqu’ils sont
devant vous.”