Vraie ou fausse surprise ? Les sondages l’avaient prédit et
pourtant... Les 17,9 % de voix pour Marine Le Pen, d’abord annoncés à hauteur
de 20 %, en ont choqué plus d’un au soir du 22 avril. Et tous les regards de se
tourner vers les courbes d’opinion : quel sera le report des voix au second
tour ? Si François Hollande a dépassé Nicolas Sarkozy au premier scrutin (28,7
% contre 27,2 %), son avance d’un point et demi ne lui garantit pas une
victoire confortable. Le candidat PS a donc besoin des électeurs de Jean-Luc
Mélenchon (11,10 %), une consigne que le dirigeant communiste n’a pas hésité à
donner dès le soir du premier tour – surtout dans l’objectif de battre Nicolas
Sarkozy -, ainsi que ceux d’Eva Joly (2,18 %). Les électeurs de la candidate
Verts-Europe Ecologie, n’ont jamais fait mystère de leurs intentions de vote au
second tour.
Les regards sont donc braqués sur l’électorat de François Bayrou et surtout sur
celui Marine Le Pen. Le candidat centriste (Mouvement démocrate ou Modem) a
recueilli 9,13 % des suffrages. Très loin de son score de 2007 qui l’avait
placé en 3e homme du scrutin, Bayrou a néanmoins continué à jouer les arbitres,
écrivant une lettre à chacun des candidats du second tour et promettant, en
fonction de leurs réponses, de donner une consigne de vote le 1er mai, journée
traditionnellement consacrée aux manifestations républicaines entre les deux
tours. C’est aussi le 1er mai, jour de la Fête du Travail et date fétiche du
Front National, que Marine Le Pen devrait donner – ou non – ses consignes de
vote (voir interview cicontre).
Mais l’électorat de la fille Le Pen, moins prévisible, est plus difficile à
courtiser. Selon les instituts de sondage, 60 % des voix lepénistes se
reporteraient sur le candidat UMP.
Insuffisant pour contrebalancer le bloc de gauche.
Sarkozy plébiscité par les Français d’Israël et de l’étranger
Si le candidat de
droite ne part pas favori dans l’Hexagone, il a été très largement plébiscité
par les Français de l’étranger : 38 % des suffrages, contre 28 % pour Hollande
(qui fait néanmoins dix points de plus que Ségolène Royal en 2007). Le même
score qu’il y a 5 ans pour le président sortant. Un taux d’abstention de près
de 61 % a cependant caractérisé ce premier tour à l’étranger.
Mention spéciale pour les Français d’Israël, où la tendance est encore plus
forte. Sur les 15 % de votants – seulement – 82,7 % ont voté pour Nicolas
Sarkozy, 7,6 % pour François Hollande et 3,9 % pour Marine Le Pen. Dans les
territoires palestiniens, sur 54 voix, Jean-Luc Mélenchon l’emporte avec 33 %
des suffrages, suivi de près par le candidat du PS, 31 % des voix.
Le soutien des Français d’Israël à Nicolas Sarkozy ne se dément donc pas. Pour
preuve, les manifestations en sa faveur organisées pendant l’entre-deux-tours,
dans tout le pays.
Dimanche 29 avril, à Netanya, autour de Valérie Hoffenberg, représentante UMP
et candidate à la députation pour la 8e circonscription des Français de
l’étranger et de Christian Cointat, sénateur des Français établis hors de
France, plus d’une centaine de Français s’étaient rassemblés. Dans une ambiance
digne des meetings électoraux parisiens, l’appel au vote était clair : “Sarkozy
est le seul choix possible, aussi bien pour la France que pour Israël”, déclarait
ainsi Hoffenberg.
Des propos vivement applaudis par l’assemblée. Cette proche de Sarkozy a
également lu une missive rédigée par le président sortant, tout spécialement adressée
à ses compatriotes de Terre promise, à ceux qui lui ont apporté leur confiance
et leur soutien “comme nulle part ailleurs”, reconnaît le locataire de
l’Elysée. “Français d’Israël, parce que vous vivez sur une terre chargée
d’histoire et parce que vous êtes à la croisée de tous les enjeux du nouveau
siècle, vous saisissez, avec plus d’acuité encore, les défis que nos peuples
auront à relever dans les années à venir”, a ainsi écrit le président. “J’ai
besoin de vous, j’ai besoin de votre soutien et de votre fidélité”, a-t-il
conclu en enjoignant les Français d’Israël à faire preuve d’une mobilisation
hors du commun.
Pour autant, l’histoire d’amitié entamée en fanfare entre le président français
sortant et le Premier ministre israélien a connu quelques couacs, en
particulier lors de sa dernière année de mandat : vote de la France en faveur
de l’adhésion de l’Autorité palestinienne à l’Unesco, condamnation des
implantations israéliennes et le fameux aparté avec Barack Obama, où Sarkozy
avait traité Bibi de “menteur”.
Pour l’heure, le candidat UMP est bien décidé à rectifier le tir : il a adressé
une chaleureuse lettre à son homologue Shimon Peres, à l’occasion du Jour
d’Indépendance. Une façon de renouer avec son électorat israélien.
Car malgré des pronostics peu favorables, la droite veut encore y croire. “Le
match sera serré, mais il y a encore une chance pour Nicolas Sarkozy”, résume
Eric Besson, ministre de l’Industrie et proche conseiller du président.
Résultat des urnes, le 6 mai prochain.
Pour le second tour des élections, le dimanche 6 mai, les électeurs auront 3 heures de plus pour voter.
Les bureaux de vote à Tel-Aviv ouvriront à 7 :00 et fermeront à 20:00.
(Attention, cette information ne concerne que les bureaux de vote à Tel-Aviv. )