Paris
- Victoire de la gauche. François Hollande a battu le candidat-sortant Nicolas
Sarkozy lors du second tour des élections, dimanche 6 mai, devenant le second
président socialiste de la V République. Les estimations officielles ont été
publiées comme de coutume à 20h pile par les médias : 51,9 % pour Hollande et
48,1 % pour Nicolas Sarkozy. Mais beaucoup connaissaient déjà les résultats.
Dès 18h30, des estimations fiables - principalement en provenance des médias
belges - commençaient à circuler par SMS, e-mails et conversations
téléphoniques.
L’information se propage auprès de certains élus, sympathisants ou opposants
des deux candidats.
Des milliers de personnes attendront cependant les résultats officiels aux
quartiers généraux du parti socialiste, rue de Solferino à Paris.
Plus de mille journalistes étrangers avaient demandé une accréditation pour
entrer dans le bâtiment, mais faute de place seuls 600 l’ont obtenu, condamnant
les autres à circuler aux alentours.
Beaucoup de militants socialistes stationnaient déjà, place de la Bastille, là
ou les socialistes ont fêté leurs dernières victoires de 1981 et 1988 avec
François Mitterrand.
De l’autre côté, à la Mutualité, les supporters étaient nerveux tandis que la
rumeur de défaite se propageait. Avant même la publication des résultats
officiels, la fête de l’UMP prévue à la Concorde était annulée. Nicolas Sarkozy,
retiré dans son bureau, mettait la dernière patte à son discours de défaite.
Dans son fief de Tulle, François Hollande se préparait à rentrer à Paris pour
s’adresser au “peuple de la gauche”, place de la Bastille.
Peu après 20h, Ségolène Royal exprimait son “profond sentiment de joie” sur le
plateau de France Télévisions. Du côté de l’UMP, le secrétaire du parti,
François Copé, appelait à une mobilisation générale pour barrer la route à la
gauche aux élections de législatives de juin.
Selon Valérie Hoffenberg, candidate UMP à la 8e circonscription des Français de
l’étranger, c’est en Israël que le président sortant a fait son plus beau
score. 92 % des votants ont choisi Sarkozy, contre seulement 8 % pour le
candidat socialiste. Bien que supérieure au premier tour (15 %), la
participation est restée très faible avec 21 % des électeurs venus aux urnes,
soit un peu plus de 13 000 personnes sur un total de 60 0000 inscrits sur les
listes consulaires.
Dans son discours, Nicolas Sarkozy a salué la victoire de son rival, lui
souhaitant bonne chance.
Il a également annoncé, en termes à peine voilés, sa démission de la vie
politique.