Daphna Poznanski-Benhamou est binationale. Originaire
de Nice, elle est israélienne depuis 32 ans, un chiffre dont elle semble très
fière. Agée de 62 ans (elle a fêté son anniversaire le 3 juin dernier, jour du
1er tour du scrutin hors Hexagone), mariée, mère de 3 enfants, dont un Sabra,
et de 3 petits enfants, elle habite à Tel-Aviv.
■ Daphna
Poznanski-Benhamou, alors, vous avez gagné ?
Oui, à 56,3 %,
contre 43,70 % des voix, sur l’ensemble de la circonscription, vote
électronique inclus.
■ Et en Israël plus particulièrement ?
J’ai obtenu 1 208
voix, contre 1 886 pour Valérie Hoffenberg, hors vote électronique (Ndlr : non
encore comptabilisé).
■ Votre sentiment ce matin, au lendemain de votre victoire ?
Une page est
tournée, car la campagne a été longue, dure, et avec des dérives. C’est le
début d’une autre page au service des Français de la 8e circonscription. Je
suis élue pour défendre leurs droits et essayer de les élargir. Par exemple :
la carte vitale pour les étrangers, les droits des handicapés, la fiscalité
pour les binationaux, que je suis la mieux placée pour défendre puisque je suis
moi-même binationale depuis 32 ans.
■ Les Israéliens ont été moins nombreux à vous accorder leur confiance.
J’ai gagné partout ailleurs, j’ai eu le plus de voix en Turquie, où je me suis
sentie chez moi comme partout ailleurs, en Italie (j’ai fait campagne à Rome,
Naples, Milan, Turin, Gênes, Florence) notamment où j’ai été très bien
accueillie. J’ai été bénie par le grand rabbin de Turquie.
■ La Turquie... pourtant vous êtes israélienne...
Je suis une députée française avec bientôt un passeport diplomatique. Il
s’agissait d’élire, non un député à la Knesset, mais quelqu’un de compétent qui
défende les droits des Français de l’étranger. Ils ne voulaient pas quelqu’un
de parachuté, mais un élu de proximité.
■ Justement, vous en pensez quoi de ce phénomène ?
Je dénonce tous
les parachutages, de tous bords.
■ Y compris celui de Ségolène Royal ?
Oui, y compris
celui-ci. C’est un principe politique. Ce qui explique l’échec des parachutés.
Sur les 11 sièges de notre circonscription, nous en avons remporté 8, et aucun
de nous n’est parachuté. En face, ils ont 2 parachutés sur 3.
■ Qu’allez-vous faire maintenant ?
En principe je pars à Paris demain (mardi 19 juin). Ensuite je vais y louer
un appartement, et je passerai la moitié de mon temps là-bas et la moitié dans
ma circonscription. Je ferai des permanences mensuelles dans tous les pays de
la 8e circonscription. Mais je ne pourrai pas, comme tout député en France,
rentrer chez moi le mercredi.