Coup de tonnerre. Vendredi 14 décembre, un rapport établi par les archives
de sécurité nationale à l’université George Washington fait sensation. Il
révèle que Jonathan Pollard aurait reçu la peine maximale pour avoir accordé
une interview au Jerusalem Post sans autorisation.
En mars 1987, Pollard écope d’une peine de prison à vie alors qu’il plaide
coupable, ce qui, selon les lois américaines, aurait dû donner lieu à une peine
allégée, ou du moins lui éviter la sentence maximale. Il est accusé d’avoir
espionné les Etats- Unis pour le compte d’Israël, mais en reconnaissant les
faits, il doit éviter la prison à vie. Et décide donc de coopérer avec les
enquêteurs. En contrepartie, il ne doit accorder aucune interview à quelque
média que ce soit.
Nous sommes en 1985. Un an plus tard, le 20 novembre 1986, Pollard accorde une
interview au Jerusalem Post sans autorisation. Interview qui lui vaudra la
prison à vie lors de son jugement, en mars 1987.
L’entretien a été réalisé par Wolf Blitzer dans la prison fédérale de
Petersberg. Pollard y explique ses motivations et les objectifs qu’il aurait
aimé atteindre dans son travail d’espionnage pour Israël. Il livre également
certains exemples des renseignements transmis aux Israéliens.
L’article avait d’abord été publié dans le Jerusalem Post puis dans le
Washington Post et le New York Times.
La CIA a pensé qu’à travers cette interview, Pollard tentait de mobiliser le
soutien des Juifs américains et du gouvernement israélien.
Espionnage des pays arabes
Selon Lawrence Korb, l’ancien secrétaire adjoint
américain de la Défense à l’époque de l’arrestation de Pollard, le rapport
rédigé par la CIA indiquerait que Pollard cherchait des renseignements sur les
pays arabes ennemis d’Israël et non sur les Etats-Unis. Contrairement à ce que
l’on pensait, Jonathan Pollard a bien remis dans les mains d’Israël des
documents nucléaires, militaires et d’ordre technique, mais ils concernaient
des pays arabes. Il recherchait à l’époque des données sur les avancées
nucléaires des nations de la région, en particulier du Pakistan, sur les armes
chimiques et biologiques et autres systèmes de défense des pays soviétiques,
alors alliés aux pays arabes.
Et d’ajouter que la révélation de ce rapport de la CIA constituait un évènement
fortuit qui ne pourrait qu’accélérer la libération de Pollard. Il a demandé au
gouvernement israélien d’utiliser de toute urgence cette nouvelle information
pour réclamer la relaxe de l’espion sans délai.
« Nous avons toujours su que les renseignements que cherchait Pollard
concernaient les pays arabes et non les Etats-Unis, mais la publication de ce
document officiel, qui confirme les faits, rend la demande de libération
beaucoup plus facile », a affirmé Korb. « Après 28 ans, il est temps pour lui
d’être libéré et de rentrer chez lui ».
Meurtre de Rose Pizem : le grand-père change de version
La petite fille de 4
ans a été retrouvée dans la rivière Yarkon en 2008. Son grand-père revient à nouveau sur ses déclarations.
MARIE-SARAH SEEBERGER
Coup de théâtre dans l’affaire Pizem. Selon les informations du site Ynet,
Ronny Ron, le grand-père de Rose, accusé du meurtre de sa petite-fille, est
revenu sur sa version des faits. Il accuse à présent Marie Pizem, la mère de
Rose, qui était également sa compagne.
Dimanche, il a ainsi déclaré : « Je ne suis pas le meurtrier de Rose, je
n’avais aucune raison de vouloir la tuer, je l’aimais profondément. » Il accuse
à présent la mère de l’enfant d’avoir tout planifié. Son avocat a même ajouté
qu’il n’était pas au courant de ce qui allait se passer et qu’il n’a découvert
les faits qu’après.
Ronny Ron déclare avoir simplement aidé Marie Pizem à jeter le corps de Rose
dans la rivière Yarkon, acte qu’il regrette tous les jours depuis.
Auparavant, il avait endossé l’entière responsabilité de l’affaire et avait
fermement défendu Marie. Il a aussi affirmé ne pas avoir su qu’il pouvait faire
appel à un avocat pendant son interrogatoire, ni avoir été informé de ses
droits pendant les premiers jours de l’enquête.
En 2011, le Tribunal de Petah Tivka avait déclaré Ronny Ron coupable du meurtre
et Marie Pizem complice.
Lors de ses précédents interrogatoires, Ronny Ron est souvent revenu sur ses
propos. Il avait déclaré avoir frappé Rose et que le coup reçu l’avait tuée.
Il avait aussi affirmé que Marie Pizem n’était pas au courant que sa fille
avait été tuée et qu’il l’en avait informée après que la police soit arrivée.
Ronny Ron a été condamné à la prison à vie, il y a 18 mois.