La jeune femme a été surnommée « la fille de l’Inde » par la population. Son
corps a été transporté dans cercueil jaune et or avant d’être brûlé sur un
bûcher funéraire, comme le veut la tradition hindoue.
La cérémonie s’est déroulée en présence de sa famille et de responsables politiques
dans le quartier de Dwarka, au sud de la capitale indienne. Des centaines de
manifestants ont ensuite défilé dans les rues pour demander une très sévère
punition envers les auteurs du crime.
Un viol toutes les 18 heures
Le 16 décembre, la jeune femme et son ami
rentraient chez eux après avoir été au cinéma. Dans le bus qu’ils empruntent,
six hommes ivres les battent et violent la jeune femme à plusieurs reprises.
Les deux victimes sont ensuite jetées hors du véhicule.
Au bout de quelques jours, l’étudiante en kinésithérapie est transférée à
Singapour dans un état critique. « Elle a fait preuve d’un très grand courage
en se battant ainsi pour rester en vie malgré ses nombreuses blessures », a
déclaré Kelvin Loh, directeur de l’hôpital Mont Elisabeth de Singapour.
Cette attaque place ce sujet brûlant au coeur de l’actualité indienne. Le viol,
les violences envers les femmes et les infanticides de fillettes font
malheureusement très rarement partie du discours politique. Les leaders
indiens, dont le Premier ministre Manmohan Singh, font voeu de rectifier ces «
comportements sociaux honteux ».
« J’espère que toute la classe politique et toute la société sauront oeuvrer
ensemble pour faire de l’Inde un endroit bien meilleur pour les femmes », a
ajouté le dirigeant.
Une enquête menée en juin dernier par la Fondation Thomson Reuters a montré que
l’Inde était le pire endroit au monde pour les femmes : les taux d’infanticides
croissants, le mariage des enfants et l’esclavage sont les principales raisons
évoquées. A New Delhi, un viol est commis toutes les 18 heures.
Sonia Gandhi, puissante présidente du Parti du Congrès indien, s’est
directement adressée aux manifestants en affirmant qu’en tant que mère et que
femme, elle entendait leur peine. « Votre voix a été entendue », leur a-t-elle
dit. « Il nous faut de la détermination pour faire changer cette attitude
sociale honteuse qui autorise les hommes à violer les femmes en toute impunité
», a ajouté Sonia Gandhi.
Les six suspects ont été arrêtés et mis en examen pour homicide volontaire, a
rapporté la police. En Inde, la peine maximale pour meurtre est la peine de
mort.