Je vous écris du pays
des yeux fermés et des bouches closes. Un pays au passé si radieux qu’on le
disait terre de grandes promesses. Hélas : les soldats de l’an II l’ont depuis
longtemps déserté. Sont arrivés en revanche, et en masse, les bobos mondialisés
d’une planète proclamée « village global ». Heureux « branchés » d’un pays où
discours et réalité ne coïncident plus. Où la novlangue des élites enjoint
chacun à dire son amour du multiculturel, de la mixité, du brassage ethnique et
du « vivre ensemble », cette douce niaiserie adressée au peuple français
supposé raciste comme l’on sait.
Croyantes mais pas pratiquantes en la matière, les élites, elles, usent plutôt
de l’« entre soi » : ségrégation sociale, ségrégation spatiale et évitement
scolaire pour faire en sorte que sa progéniture n’atterrisse dans un collège
par trop « multiculturel ». Traduction : fréquenté par « trop » de Noirs et de
Maghrébins.
Cet éloge du « multiculturel », les élites de France le prônent pour les
classes populaires en se l’épargnant pour ellesmêmes.
Leurs mérites sont innombrables comme leur sens du copinage. Le quotidien Le
Monde en offre même un exemple émouvant de naïveté avec son supplément
littéraire devenu depuis peu une revue de copains (progressistes à l’évidence),
où l’on pratique l’entre soi entre gens de bien et gens bien, entre
universitaires chics et éclairés. Comme leurs papas.
Dans le numéro du 4 janvier 2013, par exemple, une page entière était réservée
au dernier livre d’Olivier Wieviorka consacré à la Résistance française. Il ne
s’agissait pas d’une recension, seulement d’extraits de l’ouvrage. Une franche
page de publicité eut mieux fait l’affaire pour nous convaincre que l’on avait
affaire à un « grand historien », type Philippe Ariès ou Georges Duby. Ce n’est
même plus nécessaire dans ce monde de réseaux qui fait la bien-pensance.
Ces progressistes-là, depuis des décennies, écrasent les classes populaires de
leur mépris. Elles les relèguent dans la sphère de la « franchouillardise ». En
retour, cette « gauche » là est désertée par un « peuple » jadis porté aux
nues. Et que l’on qualifie aujourd’hui qu’il « vote mal » (ou plus du tout) de
« raciste » ou de « fasciste ».
Il se trouve, hélas, que de nombreux intellectuels juifs (d’une judéité souvent
fantôme) ont participé à ce rejet d’une nation française assimilée à un
patriotisme attardé. Cela nous sera compté un jour. Obscurs Juifs de Sarcelles
et du XIXe arrondissement de Paris, vous paierez l’addition laissée par ces
élites. Par cette bourgeoisie israélite qui, comme les autres, n’a rien compris
à la souffrance des classes populaires juives. Qui vit dans des quartiers
protégés et fréquente de « bonnes écoles ». Et ne se demande plus guère, sauf
en termes d’imprécation (« fasciste ! »), pourquoi dans ces zones de France
sinistrées par le chômage, l’ultra-gauche « bobo » fait à peine 3 à 4 % des
voix et le Front National, parfois, près de 40 % (comme à Hénin-Beaumont, dans
le Nord, en 2012).
Par leur conformisme de classe, leur élitisme et leur mépris chevillé au corps,
ces gens-là auront participé au délitement de la nation.