Quand Stas Misezhnikov s’est installé dans le fauteuil du ministre du
Tourisme, il y a près de quatre ans, l’industrie traversait une période
difficile. Les rapports annuels parlaient de 2,7 millions d’entrées dans le
pays, et les chiffres risquaient de stagner. Depuis, la tendance s’est
toutefois renversée.
“L’accent est toujours porté sur la religion”, explique Misezhnikov. “Nous
avons un avantage significatif : le caractère unique de la Terre sainte. Israël
est la Terre de la Bible. Le pays porte les plus grands sites sacrés du
judaïsme, du christianisme et de l’islam. Il serait stupide de ne pas exploiter
cela. Par conséquent, nous avons souligné l’élément religieux dans nos efforts
marketing.”
“Néanmoins”, poursuit le ministre, “nous menons campagne sur plusieurs
fronts. Outre l’aspect religieux, nous soulignons le fait que nous sommes une
destination estivale à part entière, avec du soleil, des loisirs et du surf !
Mais dans ce domaine, nous nous trouvons alors en concurrence avec d’autres
pays de la région, tels que la Grèce, la Turquie, l’Egypte ou la Jordanie.”
“Lorsqu’il s’agit de promouvoir le Kotel ou l’Eglise du Saint-Sépulcre, nous
n’avons pas de concurrent. A nous de savoir combiner histoire et culture...
Ceux qui viennent visiter ces sites ne sont pas tous des pèlerins. Beaucoup
sont en vacances et s’inscrivent à ces visites à titre purement touristique.
Nous faisons la promotion de ces lieux de la même façon que le Royaume-Uni
vante sa Tour de Londres, l’Espagne l’Alhambra, la Grèce l’Acropole et
l’Italie, le Colisée.” “Il est important de ne pas négliger les autres
attractions.
Malgré la concurrence de Charm el-Cheikh, en Egypte, et d’Aqaba en
Jordanie, j’ai décidé d’investir massivement dans la promotion d’Eilat, en tant
que destination de vacances de rêve.” En 2011, plus d’un million de touristes
ont posé leurs valises dans la station balnéaire du sud. “Les hôtels ont atteint
70 % de leur capacité, en grande partie grâce aux efforts que nous consacrons à
la promotion de cette ville implantée sur les rives de la Mer Rouge”, commente
Misezhnikov.
■ Les derniers chiffres publiés par le Bureau central des statistiques
d’Israël prouvent que le tourisme entrant est en pleine croissance. Cette
tendance estelle durable, compte tenu de la crise économique mondiale qui se
prolonge et de l’instabilité qui règne dans les pays voisins ? En dépit du
ralentissement économique mondial qui affecte Israël, nous avons réussi à
maintenir une hausse constante du nombre de touriste entrants.
Malgré les troubles dans les pays voisins et la baisse du tourisme dans les
autres Etats de la région, nous avons enregistré un record du tourisme. Cela
n’a pas été simple. Nous avons centré nos efforts vers les pays les moins
touchés par le ralentissement économique comme l’Inde, la Fédération de Russie,
l’Ukraine et d’autres Etats de l’Est et d’Europe centrale. Nous avons également
renforcé nos relations avec les opérateurs privés. Ces politiques ont été
couronnées de succès, et nous espérons qu’elles nous permettront d’accroître
encore le tourisme entrant.
■ Selon le plan du ministère du Tourisme, d’ici 2015 nous aurons atteint
une hausse de 40 % par rapport aux 3,5 millions de touristes attendus en 2012 ;
et une hausse annuelle de 12 %. Est-ce une évaluation réaliste ? Jusqu’à
l’apparition de la crise économique, il s’agissait en effet d’une estimation
possible. Vous devez prendre en compte le fait que la Grèce a essuyé une baisse
de 11 % de son tourisme entrant, dans la première moitié de 2012. Les chiffres
israéliens, en parallèle, ont légèrement augmenté. Nous sommes optimistes et
pensons que le cap des 5 millions ne représente qu’une question de temps.
Pour atteindre cet objectif, nous avons besoin de 19 000 chambres d’hôtels
supplémentaires. En 2011, nous avons débloqué des subventions de 204 millions
de shekels pour la construction ; et cette année nous allons valider un montant
similaire. En outre, nous avons autorisé des subventions de 450 millions de
shekels pour la construction de chambres d’hôtels supplémentaires et
d’attractions dans la région de la mer Morte. Une hausse du tourisme constitue
une très bonne nouvelle pour l’économie locale et pour Israël en général.
Elle a un effet très salutaire sur l’économie. En 2011, l’industrie du
tourisme a généré 33 milliards de shekels. Et employait 160 000 personnes, soit
une augmentation de plus de 10 % par rapport à 2009. Le secteur représente un
employeur très important, qui a besoin de dirigeants, diplômés de second cycle,
mais aussi titulaires de formations professionnelles. Il est l’un des rares
secteurs en Israël qui peut fournir un emploi aux travailleurs non qualifiés.
Et ce faisant, résoudre certains problèmes sociaux urgents
En profitant des installations existantes, à savoir le développement d’hôtels
existants, il sera possible de construire rapidement près de 10 000 chambres
d’hôtels supplémentaires. Nous sommes pleinement conscients des changements qui
s’opèrent dans l’industrie touristique mondiale. L’arrivée de nouveaux
transporteurs aériens à bas prix a également favorisé une nouvelle sorte de
touristes. Ces derniers sont en quête d’hôtels modestes, et nous avons
l’intention de répondre à leurs besoins.
■ D’ici un an, les élections pointeront leur nez à l’horizon. Nous risquons
d’avoir un nouveau ministre du Tourisme. Si tel est le cas, comment
qualifierezvous votre mandat ? Quelles ont été vos réalisations les plus
importantes ? Et si vous deviez poursuivre quatre années supplémentaires, que
voudriez-vous accomplir ? A mon avis, les élections ne sont pas si proches et
j’ai encore de nombreux mois en tant que ministre du Tourisme. Au cours de ces
trois dernières années, notre réalisation la plus importante a été
l’amélioration de la prise de conscience de l’importance du tourisme en tant
que moyen pour parvenir à la croissance économique.
Une autre réalisation importante a été d’accroître le tourisme entrant au
cours des deux dernières années, malgré la récession économique mondiale, le
printemps arabe, etc. Nous avons également réussi à faire de Tel-Aviv une
destination touristique majeure au niveau mondial. Et nous avons développé de
nouveaux concepts tels que le tourisme du vin et le tourisme ethnique, avec les
visites des secteurs druzes, circassiens et des communautés arabes.