Les dirigeants internationaux continuent d’appeler à un arrêt immédiat des
hostilités dans la bande de Gaza, Etats-Unis et Union européenne en tête. Les
ministres des Affaires étrangères de l’UE ont communément appelé lundi à la
cessation “immédiate” des hostilités, “dans l’intérêt de tous”. Ces ministres
condamnent “les attaques à la roquette, que le Hamas et d’autres groupes
doivent cesser immédiatement”. Mais la situation des derniers jours “souligne
une fois de plus l’urgence de promouvoir une solution à deux Etats, permettant
aux deux parties de vivre côte-à-côte dans la paix et la sécurité”,
concluentils.
Malgré les incertitudes, Israël et le Hamas se disent prêts à observer une
trêve, tout en exigeant que l’autre dépose les armes en premier. Le
gouvernement israélien a reporté le début de l’opération terrestre en
territoire gazaoui, dans le but de laisser une chance aux négociations
d’aboutir.
Les efforts égyptiens pour obtenir le cessez-le-feu sont toujours en cours.
Incertitudes en série
Parmi les deux camps, la course contre la montre
s’accélère.
Il se murmure que si une solution n’a pas été trouvée avant mercredi 21
novembre au soir, les dés seront jetés : les forces terrestres de Tsahal
entreront en action à Gaza. La radio publique israélienne indique en outre que
le gouvernement souhaite qu’une trêve de 24 à 48 heures soit adoptée, en vue
d’un cessez-le-feu durable.
Netanyahou serait enclin à approuver le document et un arrêt des hostilités
pourrait être décidé dans les 24 heures. Israël pourrait alors, dans ces
conditions, envisager d’alléger son blocus de la bande de Gaza.
“Israël préférerait une solution diplomatique”, confie une source proche du
gouvernement. Tout en ajoutant cependant que, quelle que soit la solution
adoptée, celleci devra assurer l’arrêt total des tirs de roquettes sur Israël.
Si la diplomatie échoue, Israël se préparera effectivement à entrer dans Gaza,
confirme cette même source.
Mais, dans l’hypothèse où Israël maintiendrait sa volonté d’opération
terrestre, le pays perdrait le soutien américain. La Maison Blanche a
d’ailleurs mobilisé sa secrétaire d’Etat Hillary Clinton et annoncé mardi 20
novembre sa venue dans la région. Celle-ci va se rendre en Israël, à Ramallah
et au Caire pour discuter du conflit en cours avec des dirigeants israéliens et
palestiniens. La secrétaire d’Etat vient donc prêter main-forte à Ban Kimoon,
secrétaire général de l’ONU, au Caire depuis lundi.
Ban Ki-moon devait ensuite se rendre à Jérusalem mardi 20 novembre.
Côté Egypte, le chef en exil du Hamas, Khaled Mechaal, a déclaré lundi que
Netanyahou était le premier à avoir demandé un cessez-le-feu. “Netanyahou est
le premier à s’être manifesté, sous la pression des Etats-Unis, de l’Egypte et
des Européens. Pas nous.” Et Khaled Mechaal d’ajouter : “Gaza ne sera pas le
terrain des expérimentations israéliennes. Celui qui semé le vent, celui qui a
déclaré la guerre, c’est à lui de la terminer et de la résoudre : voilà la
position de la direction militaire et politique du Hamas.”
Mechaal se montre très critique : “Netanyahou veut négocier avec nous l’arme au
poing, dans l’espoir d’imposer ses conditions. Mais nous ne céderons pas.” Dans
le camp israélien, ces accusations sont vivement réfutées.
La partie n’est pas simple. D’où l’importance des garanties venues de la
communauté internationale, et notamment des Etats-Unis, pour faire respecter
les exigences de chaque camp, de façon équitable.