Israël s’est totalement et unilatéralement désengagé de Gaza en 2005.
Depuis, en 2007 plus précisément, le Hamas, entité terroriste incontestée dans
la bande, y a installé son siège. Etablissant la charia comme matrice de ses
projets, plaçant ses QG dans les écoles et hôpitaux, formant ses troupes de jeunes
au commando-suicide et éliminant tout opposant aux brigades de la terreur, le
Hamas est roi en son palais. Les trafics de munitions via les tunnels
souterrains et les navires de contrebande s’intensifient chaque année. Le
mouvement hérite ainsi d’armes que l’on dit en provenance de l’Iran, du Soudan,
de la Russie, de la Corée du Nord.
Depuis 2007, l’entité a su se renforcer, au grand dam des villes frontalières
de la frontière gazaouïe, comme Sdérot, le conseil d’Eshkol, ou Ashkelon, qui
subissent chaque semaine les tirs de roquettes. L’opération Pilier de défense,
mission de l’armée de défense d’Israël lancée le 14 novembre en riposte aux
incessants tirs de roquettes, a permis d’éliminer des entrepôts d’armes et de
missiles. Pourtant, le sud du pays continue d’être visé, laissant entendre que
la quantité de roquettes dans les mains du Hamas est conséquente. Malgré les
950 bombardements de l’aviation israélienne sur les sites supposés du groupe
terroriste, plus de 800 tirs de roquettes ont été comptabilisés en quatre jours
d’opération, dont 250 interceptés par le Dôme de fer israélien.
Quel arsenal ont-ils encore en leur possession ? Cela reste une énigme pour
tous, bien que les pronostics annoncent l’épuisement des ressources. Or, les
habitations civiles sont utilisées par le Hamas pour servir de dépôt de
munitions. Sans intervention terrestre, l’estimation est difficile.
Mortiers, Grads ou Kassams : à chacun sa roquette
Fusils, explosifs, missiles
antichars et missiles à longue portée sont utilisés contre les civils
israéliens. Depuis 2001, plus de 12 800 roquettes et mortiers, avec une moyenne
de trois attaques par jour, ont atterri sur le territoire israélien. Selon les
sources officielles de Tsahal, l’an dernier, 2 500 fusils, 5 000 roquettes et 15
missiles ont été saisis avant de tomber dans les mains des terroristes de Gaza.
Mais ce n’est qu’une partie infime de ce qui pénètre effectivement leur
territoire.
Le panel d’armes du Hamas est large.
Les tirs de mortiers, pouvant aller jusqu’à 9,7 km pour les gros obus, sont des
projectiles creux remplis de matière explosive tirés par des canons. Ils sont
fabriqués à Gaza sur le modèle iranien. Les types de roquettes que possède le
Hamas sont nombreux. De facture iranienne, ou fabriqués à Gaza, ces missiles
deviennent de plus en plus dangereux pour Israël.
Une roquette peut parcourir une distance de 17,7 à 48 km, allant du Kassam à la
roquette Grad améliorée de longue portée. En 2009, on estime le prix de
fabrication d’une roquette à 800 dollars environ.
Développé par les brigades Izzaddin el-Qassam - la branche militaire du Hamas -
en plusieurs modèles, utilisé et développé depuis la seconde Intifada, le
Kassam atteint un périmètre de 17,7 km. Il est fabriqué à Gaza. Ce sont les
usines de fabrication de ces roquettes que les frappes israéliennes ont
détruites ces derniers jours.
En ce qui concerne l’importation de contrebande, le Fajr-3, artillerie
iranienne de longue portée, est fabriqué depuis 1991 avec l’aide de la Corée du
Nord. Il s’ajoute aux Konjurs, Sagger et Fagot, de petits missiles munis d’un
système antitank, très avancés. Fabriqués en Russie, ils possèdent un laser
guidé. De moins longue portée, ils s’avèrent plus résistants et leur périmètre
d’explosion est plus élevé.
Le “M75”, une fabrication maison
La menace récente qui intimide Israël est
l’acquisition du missile Fajr-5, dit “Grad”. Il s’agit d’une roquette
d’artillerie au sol non guidée, développée par l’Iran en 2006. Sa précision est
d’un kilomètre et elle peut parcourir une distance de 75 km. D’une longueur de
6,6 mètres, et d’un diamètre de 33 centimètres, sa charge militaire peut
atteindre 90 kg. Le Hezbollah au Liban posséderait ces mêmes roquettes. L’Iran
dément en avoir fourni à Gaza, mais il en est le seul producteur.
Le lancement de ce missile contre Israël représente un développement
significatif dans le conflit. Ce dimanche 18 novembre, deux Grads Fajr-5 ont
été lancés sur Tel-Aviv.
Un troisième a explosé sur un véhicule à Holon.
Reste enfin le “M75”. Celui qui a été lancé en direction de Jérusalem. Le
missile a explosé près d’un village arabe de Judée Samarie, à près de 78 km de
la bande de Gaza. Le M75 constitue la nouvelle trouvaille des brigades armées
du Hamas. De fabrication maison, inventé par les bons soins des Gazaouïs, ce
missile de longue portée peut désormais atteindre la capitale. Les composants
du M75 s’apparentent au Farj-5, mais les analyses sont encore en cours pour
déceler avec plus de précision ce qui se cache derrière cette roquette.
Encore peu familiers avec ce type d’engins, les experts en déminage israéliens
découvrent au compte-gouttes les propriétés de ces missiles d’un nouveau genre.
Dimanche 18, les premières constations tombaient : les roquettes lancées sur
Tel-Aviv ou Jérusalem ne contiennent pas de charge explosive, d’où leur longue
portée. C’est la force de l’impact qui provoque alors les dégâts.
Bien entendu, les brigades armées du Hamas ne bénéficient ni de blindés ou
autres tanks, ni de forces aériennes.
Mais pas de quoi entamer la motivation du Hamas. La dernière annonce officielle
du mouvement, datée du samedi 17 novembre, témoigne d’une volonté de continuer
les hostilités avec tous les moyens à sa disposition. Comme le déploiement
d’une petite armée de “terroristes-suicides” prêts aux attentats en cas de
pénétration de l’artillerie lourde israélienne dans la bande de Gaza.
La menace des nouveaux missiles est prise au sérieux par les autorités
israéliennes en alerte, à Jérusalem et à Tel-Aviv, où l’“alarme rouge” n’avait
pas été entendue depuis la guerre du Golfe, en 1991.
Certes, toujours samedi 17 novembre, certains avançaient les signes d’une
faiblesse du Hamas, et un possible glissement vers une trêve. Mais dès dimanche
matin, les tirs reprenaient.
Tsahal affirmait pourtant avoir détruit l’essentiel des zones de production et
de stockage. Mais les doutes planent quant à une extinction efficace des
ressources du Hamas.
On parle de “dizaines” de Grads longue portée de facture locale restant sur le
territoire gazaouï, et de milliers d’armes de moindre importance.
De quoi menacer encore lourdement les habitants de Sdérot, Nétivot, Ofakim, du
conseil régional d’Eshkol, de Beersheva, Kiryat Gat, Ashkelon, Ashdod, Yavné,
Shaar Néguev, voire Jérusalem et Tel-Aviv.