Jérusalem est la ville la plus peuplée du pays. Pourtant, son étendue
géographique est assez restreinte.
Côté immobilier, la capitale est une
ville peu abordable. Tout le monde ne peut se permettre de s’y
installer.
Par conséquent, au cours des deux, voire trois dernières
décennies, bon nombre de Hiérosolymitains ont délaissé la capitale pour
s’installer dans des villes satellites comme Beit Shemesh et Maalé
Adoumim.
Là, si la plupart des résidents travaillent à Jérusalem, les
prix du parc immobilier les empêchent d’y résider. Pourtant, ils quittent un
environnement urbain pour un autre non moins urbanisé. A contrario, les
habitations dans les territoires disputés offrent des résidences en zone «
rurale » à prix dérisoire.
Parmi elles, se range l’implantation communale
de Tsour Hadassah.
Dans la capitale, le prix d’une maison de 500 mètres
carrés - ce qui est considéré comme un grand terrain en Israël - se compte en
millions de dollars. A Tsour Hadassah, on parle de millions de shekels. Seuls
les millionnaires possèdent de telles demeures à Jérusalem, tandis qu’à Tsour
Hadassah il s’agit d’Israéliens un peu plus riches que la moyenne.
Tsour
Hadassah, qui signifie « le rocher d’Hadassah », est nichée au sommet des
collines de Judée, à quelque 12 kilomètres seulement, au sud de Jérusalem. Bien
que sa population dépasse aujourd’hui les 8 000 habitants, elle appartient au
conseil régional de Mateh Yéhouda.
La localité a été créée en 1960 pour
être un centre de commerces et de services à destination des implantations de
Mevo Betar, Ness Harim, Mata et Bar-Giora. Elle a pris le nom de l’organisation
Hadassah pour sa proximité avec l’hôpital d’Ein Kerem qui porte le même nom.
Tsour Hadassah a peu à peu fait son chemin, s’est développée, pour devenir, en
quelques années, une des communautés les plus peuplées dans ce qu’on appelle le
« couloir » de Jérusalem.
Un pari gagnant Pour des raisons immobilières,
l’implantation est divisée en trois parties : Hayishouv Havatik (le vieux
yishouv) ; Mont Kitron et Emek.
Si la plupart des logements de la zone
sont des maisons unifamiliales ou mitoyennes, il existe un nombre conséquent
d’appartements construits depuis les années 1960, à une époque où le ministère
de la Construction et du Logement voulait promouvoir les habitations de Tsour
Hadassah.
De surcroît, l’an dernier, le conseil d’administration des
terres a vendu un terrain dans le but explicite de construire 1 500 immeubles à
3, 4 ou 5 étages. Ce qui signifie que Tsour Hadassah comptera environ 13 000
habitants, dont 40 % qui vivront en appartements dans 5 ans.
Assad Aviv,
le président général de la société de construction M.Aviv, qui a fait construire
des maisons unifamiliales et mitoyennes dans la localité, a pour projet 90
autres immeubles de 5 étages.
« Tsour Hadassah est très attractive »,
rapporte-t-il. « Il s’agit presque d’une banlieue ‘verte’ de Jérusalem, qui
séduit les actifs, comme le personnel de l’hôpital Hadassah à Ein Kerem, les
enseignants de l’Université hébraïque ou encore les fonctionnaires du
gouvernement. Son système éducatif est excellent et elle est proche de la
station de train de Beit Shemesh, menant à de nombreux centres d’activité du
pays. Selon nous, Tsour Hadassah est un ‘pari gagnant’ ».
C’est un comité
de volontaires qui administre l’implantation du conseil régional de Mateh
Yéhouda. Son président, Benny Granit, est très optimiste : « Tsour Hadassah est
très agréable à vivre. Elle n’est pas surpeuplée, les vues y sont imprenables,
l’air est pur, frais, c’est l’air de la montagne. Depuis que nous avons atteint
le nombre de 8 000 habitants, les services se sont développés.
Et nous
aurons bientôt notre propre Country Club. Dans un futur proche, nous
bénéficierons de 10 000 nouveaux arrivants, ce qui nous permettra d’avoir notre
propre conseil municipal. » Un marché locatif développé En quoi l’emplacement
central et l’air « pur » peuvent-ils jouer en la faveur de l’immobilier local ?
Selon Ofer Lavian, propriétaire et responsable général de Nadlan-Top, Tsour
Hadassah connaît une forte demande, ce que reflète le fleurissement du secteur
immobilier. « La demande est influencée par le tournant actuel sur le marché
immobilier en Israël, mais il est beaucoup moins marqué qu’ailleurs, pour ne pas
citer Jérusalem », explique-t-il.
Dans ce contexte, le quartier de Vatik
est en expansion, comparé aux autres quartiers de Tsour Hadassah. Vatik est le
quartier « historique » de l’implantation. Il offre des appartements de 2 ou 3
pièces construits dans les années 1960 pour une surface de 60 à 70
m2.
Ces logements attirent les investisseurs qui achètent à bas prix pour
louer aux étudiants de Hadassah, entre autres. Les premiers résidents de
l’implantation ont pu acheter des appartements relativement petits, mais aussi
de modestes maisons sur un grand terrain, pouvant parfois atteindre jusqu’à 2
500 mètres carrés.
Lavian relève que le marché locatif est assez
développé. « Près de 400 propriétés disposent d’une unité privée sur leur
terrain, avec une entrée séparée, qui peut ainsi se louer. En outre, beaucoup de
membres du ministère des Affaires étrangères ont acheté des résidences à Tsour
Hadassah, qu’ils souslouent lorsqu’ils sont à l’étranger.
Aujourd’hui,
les propriétés les plus chères se trouvent dans une partie du quartier de Vatik
appelé Shechounat Hamea. Ici, les maisons unifamiliales peuvent s’élever à 3
millions de shekels.
Somme toute, une maison à double entrée coûte
environ 2 millions de shekels, un appartement de 3 pièces, 1 million, un 4
pièces est vendu 1,2 million, tandis qu’un grand appartement avec jardin flirte
avec les 1,4 à 1,5 million de shekels. u Constructions à l’horizon à Tsour
Hadassah (Nadlan Top).