1. Hanouka est la seule fête juive qui commémore la lutte pour une
libération nationale de la Terre d’Israël, contrairement à Pessah (qui raconte
l’Exode d’Egypte), Souccot et Shavouot (le périple d’Egypte vers la Terre
d’Israël), Pourim (la délivrance des Juifs en Perse), etc. Hanouka est la fête
juive la plus longue (8 jours), où la lumière occupe la plus grande place (8
nuits consécutives d’allumage de bougies).
2. Les principaux événements de Hanouka se sont déroulés en Judée et Samarie :
Mitzpa (également le lieu de sépulture du prophète Samuel), les montagnes de
Beit El (le premier siège de Juda), Beth Horon (qui a signé la victoire de Juda
sur Seron), Hadashah (victoire de Juda sur Nicanor), Beth Tsour (victoire de
Juda sur Lysias), Maalé Levona (victoire de Juda sur Apolonius), Adorayim
(forteresse des Maccabées), Eléazar et Beit Zachariya (première défaite de
Juda), Baal Hatsor (où Juda a été vaincu et tué), le Désert de Judée, etc.
La Jérusalem unifiée était la capitale des Maccabées. Hanouka n’est pas une
fête d’»occupation». Elle rappelle la position morale élevée des Juifs sur leur
terre ancestrale.
3. Shimon le Maccabée - qui a succédé à Juda et à Yonatan les Maccabées - a
défié un ultimatum de l’empereur syrien, Antiochos (Livre des Maccabées A,
chapitre 15, verset 33), qui réclamait la fin de l’»occupation» de Jérusalem,
de Jaffa, Gaza, Guezer et Ekron. Ce à quoi Shimon a rétorqué : «Nous n’avons
pas occupé de terre étrangère, nous n’avons pas régné sur une terre étrangère,
nous avons libéré la terre de nos ancêtres d’une occupation étrangère.»
4. Le
contexte historique de Hanouka : les livres des Maccabées et le Rouleau
d’Antiochus. Alexandre le Grand - qui tenait le judaïsme en haute estime et
dont l’héritier égyptien, Ptolémée II, a traduit la Torah en grec - est décédé
en 323 avant l’ère moderne, au terme de 12 années glorieuses. En conséquence,
l’empire grec va se décomposer en cinq royaumes, qui deviendront trois, trente
ans plus tard : la Macédoine, la Syrie et l’Egypte.
La Terre d’Israël est alors militairement revendiquée par la Syrie et l’Egypte.
En 198 avant notre ère, Israël est conquis par le Syrien Antiochos III, qui
considérait l’Etat juif comme un allié. Puis en -175, un nouveau roi s’empare
du pouvoir en Syrie, Antiochos (IV) Epiphane, qui veut remplacer le judaïsme
par les valeurs grecques et considère les Juifs comme des alliés de l’Egypte.
En -169, à son retour en Syrie d’une guerre contre l’Egypte, Antiochos saccage
Jérusalem, massacre les Juifs, interdit la pratique du judaïsme (y compris le
respect du Shabbat, la circoncision, etc.) et profane Jérusalem et le Temple.
Une rébellion est lancée en -167 contre le royaume des Séleucides syriens par
la famille des Hasmonéens (Maccabées) : Mattathias, prêtre de la ville de
Modiin, et ses cinq fils, Yohanan, Juda, Shimon, Yonatan et Elazar. L’héroïque
bataille, tactiquement ingénieuse, menée par les Maccabées, rend justice à la
réputation d’excellents guerriers des Juifs, souvent embauchés comme
mercenaires par l’Egypte, la Syrie, Rome et d’autres puissances mondiales et
régionales.
5. La dynastie des Hasmonéens
* Mattathias fils de Yohanan, le prêtre qui a
mené la rébellion - 166/7
* Judas le Maccabée, fils de Mattathias - 166-161 *
Yonatan le Maccabée, fils de Mattathias - 161-143
* Shimon le Maccabée, fils de
Mattathias - 143-135
* Jean Hyrcan Ier, dit Hyrcanus, fils de Shimon - 135-104
* Nom inconnu
* Antigone l’Hasmonéen - 40-37
6. Le nom Maccabée ( מכבי ou )מקבי
est un dérivé du mot hébreu makevet מקבת)
), maillet, référence aux qualités de combattant tenace et acharné de Juda. Il
pourrait aussi s’agir d’un dérivé du verbe hébreu cabeh ( כבה ), éteindre, allusion au sort des adversaires de
Juda.
Selon une autre source, Maccabée, מכבי
, est l’acronyme hébreu de «Qui Te ressemble parmi les dieux, Eternel» (Mi
Camokha Ba’elim Adonaï .(מי כמוך באלים י
7.
Le terme Hanouka provient du domaine de l’éducation. Selon le premier livre des
Maccabées, Juda a institué un congé de huit jours le 25e jour du mois juif de
Kislev, en -165, afin de commémorer l’inauguration (la Hanouka, חנוכה , en hébreu) de l’autel
sacré et du Temple, après leur profanation par les Syriens. Une caractéristique essentielle de Hanouka est l’éducation/e ncadrement de la famille (hinouch חינוך et chonech חונך en hébreu), dans le but de perpétrer la commémoration
de l’histoire juive.
Le mot hébreu Hanouka se compose de deux termes, hanou en hébr eu ( חנו = ils ont campé) et kah en hébre u ( כה = égal à 25, référence à la resanctification du
Temple par les Maccabées le 25 du mois de Kislev). Certains suggèrent que la
date de Noël (25 décembre) et celle du Nouvel An, 8 jours plus tard (le 1er
janvier), trouvent leur origine dans la fête de Hanouka, qui tombe toujours au
mois de décembre.
8. Hanouka est la fête de la lumière, de la commémoration, de l’optimisme et de
la liberté. Elle célèbre la libération de Jérusalem.
Le premier jour de Hanouka commence lorsque les heures du jour s’équilibrent
avec celles de la nuit, signe d’optimisme envers un avenir plus lumineux.
Hanouka tombe en Kislev ( כסלו
), le mois des miracles (celui où l’arc-en-ciel de Noé est apparu) et de la
sécurité/sûreté (le mot hébreu kessel - כסל
signifie la sécurité).
Les lettres hébraïques de Kislev ont pour valeur numérique 26 - la même que
celle du nom de Dieu - Youd-keh-vav-keh. Moïse a achevé la construction de
l’arche sainte le 25e jour du mois de Kislev, aussi le jour où Nehemia a jeté
les bases du Second Temple.
Le 25e mot (en hébreu) de la Genèse est «lumière» ( אור = or), une métaphore de la Torah. Et celui qui le
précède est יהי («soit» en hébreu)
qui a pour valeur numérique 25.
Le 25e arrêt pendant l’E x ode était à Hashmona (même racine que Hasmonéens en
hébreu).
Hanouka comm émore l’un des premiers affrontement s entre civilisations : la
victoire de la lumière (Maccabées) sur les ténèbres, d’une poignée sur le
nombre (un rai de lumi ère peut pénétrer l’obscurité), de la liber té sur
l’esclavage et du souvenir sur l’oubli . Les ténèbres – חשכה - ont les mêmes lettres hébraïques que l’oubli - .שכחה
9. Les 36 bougies de Hanouka
(sans compter le Shamash) représentent les 36 Justes cachés, dont la vertu
illumine le genre humain. 36 heures de lumière divine ont accompagné la
création d’Adam, le premier homme, et on t brûlé jusqu’à la fin du Shabbat.
Diverses formes de lumière, et de bougies, son t mentionnées 36 fois dans la
Torah. Le Talmud comporte 36 traités.
Hanouka est c élébré au cours du mois hébraïque de Kislev, dont l’orthographe
est constitué de deux mots hébreux : trône ( (כס
et 36 ( לו ). On allume les
bougies à l’extérieur, ou à la fenêtre, afin de répandre la lumière.
Contraireme n t aux bougies de Shabbat, qui s’allum e nt à l’intérieur
puisqu’elles concernent la famille, le message des bougies de Hanouka s ’étend
au monde entier.
10. Les huit jours de Hanouka représentent les capacités divines. L’ancienne
Menorah du Temple était composée de sept branches, qui commémorent les sept
jours de la création.
La Ménorah de Hanouka en comporte huit, soit un niveau supplémentaire, allusion
aux capacités divines.
La forme du chiffre 8 évoque l’infini, telles les puissances divines
illimitées, comme en témoigne la survie du peuple juif envers et contre tout.
La racine du mot hébreu 8 (Shmoneh, שמונה
) est «huile» (shemen, שמן ), qui est aussi la
racine de Hasmonéens (Hashmonayim, חשמונאים
).
Yoram Ettinger est un ancien ambassadeur.
Il a officié comme consul général d’Israël pour le sud-ouest des Etats-Unis. Il
est actuellement consultant pour les relations israélo-américaines.