3 arrestations
samedi soir au Beitar Jérusalem. Le club de foot, qui jouait au stade Teddy de
la capitale, a été le théâtre d’émeutes racistes. En cause : la décision du
propriétaire de l’équipe Arkady Gaydamak d’embaucher deux joueurs musulmans de
Tchétchénie, que les supporteurs de Beitar ne voient pas d’un bon oeil. Car le
club a pour habitude de n’engager que des joueurs juifs. Une coutume qui a
toutefois été déjà rompue par le passé.
Au milieu du match, après avoir crié leur colère par le biais de plusieurs
slogans, certains hooligans n’ont pas hésité à déployer une banderole sur
laquelle on pouvait lire : « Beitar est une équipe pure ».
Le lendemain, dimanche 27 janvier, également Journée internationale de la
Shoah, plusieurs politiciens israéliens ont condamné les comportements des
supporteurs du Beitar. Le nouveau député Elazar Stern (parti de Tzipi Livni)
les a ainsi qualifiés de « complètement inacceptables » au micro de la radio
militaire. Et d’ajouter que si, en ce jour de souvenir de la Shoah, Israël
n’ouvrait pas les yeux sur « le racisme qui s’est propagé dans notre société,
alors nous avons du souci à nous faire ». L’élu, fils d’un survivant de la
Shoah, a rappelé que près de 200 000 victimes de la Shoah demeurent aujourd’hui
dans l’Etat hébreu. Le président de la Knesset, Réouven Rivlin, ouvertement fan
du Beitar Jérusalem et ancien conseiller juridique du club, s’en est également
pris aux supporteurs. « En tant que fan de Beitar, je ressens une grande
tristesse. Ces appels à une équipe “purement juive” sont scandaleux ».
Le député a appelé l’Association israélienne de Football à ne pas demeurer
silencieuse face aux événements. « Imaginez que des clubs de Grande-Bretagne ou
d’Allemagne décident de refuser tout joueur juif », a-t-il renchéri. « L’Etat
hébreu les boycotterait immédiatement. Ces appels durent depuis plus de 10 ans,
ce qui signifie qu’ils ne proviennent pas d’un groupe d’extrémistes
minoritaires. Nous devons les combattre et les déloger. Il faut assigner en justice
quiconque incite à la haine de ceux qui vivent sur cette terre. » Le Beitar
Jérusalem et ses fans ont la réputation d’être intolérants. Le patron du club
Arkady Gaydamak a réagi en rappelant qu’il n’existait pas de conflit entre
Juifs et Musulmans en Tchétchénie et mis en garde contre les généralisations. «
La vaste majorité des supporteurs sont contre ces provocations arabophobes ».
Et de conclure que ces émeutes l’ont rendu encore plus déterminé à engager les
deux joueurs musulmans.
Selon certains médias, Gaydamak souhaite faire progresser ses intérêts
commerciaux en Tchétchénie et met donc un point d’honneur à flatter les
ressortissants du pays caucasien.
A en juger par les événements de samedi, on peut douter du résultat.