Karsenty, sans langue de bois
By DOSSIER DE LA REDACTION
03/07/2012 10:35
Philippe Karsenty Photo: © DR
Charismatique et homme de convictions, Philippe Karsenty, né le 25 juin 1966 à
Issy-les- Moulineaux, se présente à 45 ans comme candidat indépendant de centre
droit et libre pour le poste de député pour la 8e circonscription des Français
de l’étranger. Libre non seulement de toute étiquette politique, mais aussi de
s’exprimer et de défendre la démocratie. L’homme n’a pas sa langue dans sa
poche. C’est lui qui avait lancé dans les médias : “Sarkozy ne comprend
rien au Proche Orient”. Des propos, qui avaient alors semé la zizanie à la
mairie de Neuilly, mais qui ne font qu’illustrer sa façon de faire de la
politique : “sans hypocrisie, sans langue de bois afin de faire réellement
évoluer les choses”, déclare l’intéressé.
En 2002, Karsenty décide de se
présenter pour briguer le poste de maire à Neuilly-sur-Seine face à Nicolas
Sarkozy. Cet événement déclencheur marque le début de sa carrière
politique. Mais crédité de seulement 2,77 % des voix, le candidat n’obtient pas
les résultats escomptés. Lors des élections municipales de 2008, il rejoint
alors la liste de Jean- Christophe Fromantin qui obtiendra près de 62 % des voix
face au candidat UMP Arnaud Teulé.
Au lendemain des élections, Karsenty,
ancien financier devenu investisseur, est nommé adjoint au maire en charge des
nouvelles technologies de la ville où il réside. Fondateur en 2004 de
Media-Ratings, première agence de notation des médias, il prône depuis toujours
la nécessité d’un contrepouvoir médiatique : “Le cadre fondateur des
constitutions démocratiques repose sur un socle commun, à savoir l’équilibre, la
séparation et l’indépendance des pouvoirs”, presse et médias compris. Dès lors,
son parcours est rythmé par une unique préoccupation : le souci de vérité. Bien
qu’armé de bonne foi comme dans l’affaire Al-Doura, la vérité a toutefois un
prix. Pour lui, ce combat a été à l’origine des moments les plus difficiles de
sa carrière. Les accusations portées à son égard par Charles Enderlin et France
2 pour diffamation publique ont été vécues comme une épreuve “blessante” et
“humiliante”. S’il est élu, il proposera la création d’une commission d’enquête
parlementaire afin de comprendre le traitement de l’information et le
dysfonctionnement des médias dans le but de pénaliser la diffamation
intentionnelle “qui ne coûte rien aux médias, mais très cher à la personne
attaquée”.
Etre là pour les Français de l’étranger
Aujourd’hui,
l’élection pour les législatives est vécue par l’optimiste né qu’il est, comme
une opportunité unique de représenter tous les Français vivant dans des pays
qu’il connaît bien. “Je défends le berceau de notre culture symbolisée par ces
quatre grandes villes fondatrices de notre civilisation occidentale que sont
Jérusalem, Athènes, Rome et Constantinople”, peut-on lire sur son site de
campagne. Sans pour autant être favorable à l’entrée de la Turquie dans l’Union
européenne, il désire renforcer les coopérations économiques et culturelles
entre la France et les 8 pays de la circonscription. Sa volonté : être là pour
ces Français de l’étranger qui “ont les mêmes intérêts et partagent les mêmes
problématiques”.
Concernant Israël, il ne souhaite pas se mêler de la vie
politique de l’Etat hébreu. Mais quand on lui demande comment il envisage le
pays dans dix ans, il répond : “Cela dépendra de sa capacité à gérer le problème
de la répartition des richesses” et de ses décisions politiques à venir pour les
accords de paix. Sur ce dernier point, Philippe Karsenty est catégorique : les
négociations avec des terroristes, Hamas et Abbas confondus, sont inconcevables
et “les Accords d’Oslo représentent la faillite politique d’Israël”.
Le
plus grand drame du pays : vouloir apporter des solutions simples à une
situation compliquée et laisser “Nicolas Sarkozy, comme de nombreux dirigeants
politiques occidentaux (qui) ne comprennent rien à ce qui se déroule au
Proche-Orient” prendre part au débat.
■ Quel est le principal trait de votre caractère ? La ténacité.
■ Hormis
vous, quel candidat est le plus adapté ? Valérie Hoffenberg, car elle comprend
le mode de fonctionnement de la politique française. Néanmoins, c’est un choix
politique totalement opposé au mien puisqu’elle a toujours défendu des positions
très à gauche sur l’échiquier politique israélien, entretenant d’excellentes
relations avec des personnes comme Mahmoud Abbas.
■ Que vous a toujours
reproché votre mère ? De ne pas assez l’écouter. Elle m’a toujours répété :
“écoute ta mère”.
■ Le pays où vous souhaiteriez vivre ? Aujourd’hui, à
une époque où on a la possibilité de se déplacer partout dans le monde, on
habite là où on a envie de vivre, si je voulais vivre ailleurs, il me suffirait
de le décider. Pour moi, aujourd’hui, c’est la France.
■ Qu’est-ce qui
vous tire du lit le matin ? La recherche de la vérité. En général, ce qui
m’indigne le plus, c’est le mensonge. Toutes les guerres et les haines sont
basées sur des mensonges et des frustrations.
■ Qu’est-ce qui vous tient
éveillé la nuit ? Je suis perfectionniste. Le travail fait dans la journée, y
repenser, effectuer des peaufinages. Parfois, j’y passe trop de temps.
■
Quel est votre artiste préféré ? Magritte.
■ Quel Israélien mériterait
qu’on lui consacre un film ? Tous les héros inconnus de la guerre d’Indépendance
et les victimes de la guerre d’Arafat contre Israël. On mérite de savoir ce
qu’ont vécu ces familles.
■ Que changeriez-vous chez les Israéliens si
vous le pouviez ? Le regard qui est porté sur eux.
■ Que changeriez-vous
chez les Français si vous le pouviez ? Parfois, notre arrogance.
■ Quel
conseil donneriez-vous à un nouveau venu en politique ? Sois fidèle à tes
convictions, reconnais tes erreurs. C’est ce que je me dis tous les
jours.
■ Donnez-nous une bonne raison de ne pas entrer en
politique.
La médiocrité des gens qu’on y rencontre parfois. La bassesse
des attaques qu’on y subit.
■ Quel est votre modèle ? Moïse.
■
Vous êtes plutôt iPad, Blackberry, ou papier et crayon ? Je ne sors jamais de
chez moi sans du papier et un stylo. J’utilise beaucoup mon iPhone. J’ai
une forte attirance pour les nouvelles technologies (je suis maire adjoint de
Neuilly en charge des nouvelles technologies).
■ Quel est votre souvenir
d’enfance le plus marquant ? J’ai joué le rôle du Roi Assuérus au
théâtre.
■ Qu’est-ce que personne ne sait de vous ? Personne ne sait ce
qui peut m’arriver.
■ Ce que vous détestez par-dessus tout ? Le
mensonge.
■ Le personnage historique que vous méprisez le plus ? Je ne
sais pas, et vous ? Mépriser n’est pas le bon mot. Je ne méprise personne. Des
tyrans, des monstres sanguinaires ou des génocidaires comme Hitler, Staline ou
Arafat sont détestables.
■ Le fait militaire que vous admirez le plus ?
Le débarquement du 6 juin 1944.
■ La réforme que vous estimez le plus ?
Les réformes à venir.
■ Le talent que vous auriez aimé avoir ? Un sens
artistique plus développé.
■ Etat d’esprit présent ? Toujours optimiste.
Et même quand ça ne va pas : Gam Zou Letova.
■ Quelles sont les fautes
qui vous inspirent le plus d’indulgence ? Les fautes des enfants.
■
Quelle aurait été votre profession en 1912 ? J’aurais exercé dans l’automobile,
l’objet qui a le plus révolutionné le 20e siècle.
■ Baguette ou pita ?
Plutôt pita. Mais pour moi, la nourriture n’est pas quelque chose d’important.
Ce n’est ni un sujet de préoccupation ni de débat.
■ Le slogan qui
résumerait votre programme politique ? La vérité, toute la vérité, rien que la
vérité.
■ Votre devise dans la vie ? Ne pas subir (Maréchal Delattre de
Tassigny).