Le diplomate faisait référence aux récentes annonces de construction dans la
zone E1, reliant Jérusalem et Maalé Adoumim. « Personne d’autre ne peut
dessiner cette carte, c’est pourquoi les négociations doivent reprendre. Les
questions doivent se régler à la table des pourparlers, et non unilatéralement
». Et d’ajouter : « Dès que les parties seront prêtes, le président Obama sera
un vrai partenaire pour la paix ».
Pourquoi tiquer sur E1 ? Shapiro répond qu’il s’agit d’une « zone très sensible
», vue par beaucoup comme « un territoire qui pourrait endommager la
perspective d’un accord territorial en vue de la solution à deux Etats avec une
entité palestinienne viable et souveraine en Judée- Samarie ».
L’ambassadeur reconnaît que Jérusalem n’a fait qu’annoncer un projet de
construction, mais selon lui, « ces annonces ont un impact politique ». Par
ailleurs, il admet que le passage de l’Autorité palestinienne au statut d’Etat
observateur permanent devant l’ONU le 29 novembre dernier est « malheureux et
contreproductif ». Et d’ajouter que les Etats-Unis se sont déclarés contre la
démarche, non pas parce Washington serait opposé à l’aspiration nationale
palestinienne, mais parce que « nous pensons que ceci ira justement à
l’encontre de cet objectif ».
Concernant l’opération Pilier de défense, Shapiro s’est dit fier « en tant
qu’Américain et en tant qu’ambassadeur » du soutien des Etats-Unis à Israël au
moment de l’attaque et en faveur de la désescalade « d’une façon qui a ramené
le calme dans le Sud pour la première fois depuis de longs mois ».
Selon lui, les déclarations fermes et sans équivoque de Washington sur le droit
d’Israël à se défendre – prononcées par le président Barack Obama, la
secrétaire d’Etat Hillary Clinton et l’ambassadeur aux Nations unies Susan Rice
- « étaient primordiales dans le façonnement de l’opinion publique, quant à la
crise, et ont garanti le soutien des autres pays tout en focalisant l’attention
là où elle était nécessaire : sur les roquettes en provenance de Gaza ».
L’ambassadeur a rappelé que la coordination israéloaméricaine a été « très
rapprochée » pendant l’opération.
Obama et le Premier ministre Binyamin Netanyahou se sont parlé à plusieurs
reprises et plus encore, Clinton a appelé quelques homologues internationaux à
se faire les porteparole du droit d’Israël à se défendre.
Sur le plan militaire, les Etats-Unis ont récemment alloué 275 millions de
dollars supplémentaires pour accélérer le développement et le déploiement du
système de défense aérien. « Des alliés soutiennent leurs intérêts mutuels. Ce
qui définit et continuera de définir l’approche des Etats- Unis quant à la
relation israélo-américaine », conclut le diplomate.