Le système politique israélien n’est pas conçu pour. Dans notre système
politique, le véritable enjeu pour tout candidat à la Knesset se joue au moment
des primaires. Si son parti obtient 27 mandats et qu’il est 28e sur la liste,
il est hors-jeu.
Mais malgré l’importance évidente des primaires, très peu de citoyens ont leur
carte de parti.
Si l’on prend les grands partis démocratiques du pays (qui ont organisé des
primaires) – le Likoud, Kadima, le Parti travailliste et Habayit Hayehoudi –
ils totalisent seulement 347 000 membres (environ 4,4 % de la population), pour
environ 150 500 votants lors des élections internes (environ 1,9 %).
Une variété de facteurs expliquent ces chiffres dérisoires : le citoyen lambda
ne saisit pas pleinement l’importance des élections primaires ; il ne prend
tout simplement pas le temps de s’inscrire ; le processus d’inscription et de
mise à jour peut être fastidieux. Sans parler du fait que tout cela n’est pas
gratuit (40 à 64 shekels en fonction du parti) et nécessite une période
d’attente.
Pour le Likoud par exemple : 16 mois.
Peu importe la raison, ce taux de participation honteusement bas dénature le
déroulement et les résultats des primaires, car quelques centaines de membres
peuvent influer sur l’avenir politique d’un membre de la Knesset.
Beaucoup profitent de ce faible nombre en inscrivant à leur parti amis et
famille, collègues de bureau, voire employés. De braves citoyens qui ne
connaissent souvent rien à la politique interne de la faction et ignorent pour
qui voter, n’ayant fait qu’écouter les belles paroles de celui qui les a
encartés.
Certains, parfois, s’inscrivent pour soutenir un groupe d’intérêt auquel ils
appartiennent, comme un lobby ou un syndicat. L’exemple le plus extrême est
celui d’entrepreneurs qui inscrivent au parti de leur choix des milliers
d’employés dès l’embauche.
Ils promettent à ces nouvelles recrues moult faveurs, emplois et autres
privilèges prodigués par les membres de la Knesset et les ministres pour
lesquels ils ont oeuvré.
95,6 % des Israéliens, sans voix