Une
déclaration inattendue. Dimanche 30 décembre, lors de la conférence réunissant
les ambassadeurs israéliens à l’étranger, le président Peres a affirmé qu’il
rejetait l’idée selon laquelle Mahmoud Abbas, le chef de l’Autorité
palestinienne, ne serait pas un partenaire pour la paix. Des propos qui se
situent résolument du côté de la solution à deux Etats.
En réaction, le Likoud-Beiteinou a accusé Peres d’être déconnecté de l’opinion
publique. « C’est bien malheureux que le président ait choisi d’exprimer un
point de vue politique personnel qui va à l’encontre de l’opinion publique,
surtout lorsque l’on sait qu’Abbas refuse la paix », a déclaré le parti. «
C’est d’autant plus déplacé que cette position encourage les critiques envers
Israël, et qu’elle a été défendue devant nos ambassadeurs », a continué le
Likoud-Beiteinou.
Et d’ajouter que le Premier ministre Binyamin Netanyahou avait de nombreuses
fois appelé Abbas à revenir à la table des négociations, mais que ce dernier
avait toujours refusé et préférait agir contre Israël dès qu’il le pouvait.
De son côté, Bibi s’est contenté de déclarer qu’il maintiendrait ses entretiens
réguliers avec le président israélien.
Le bloc de centre-gauche monte au créneau
Pour Shelly Yacimovich, le
Likoud-Beiteinou a dépassé les bornes. « Dire que Peres encourage les critiques
envers Israël est très mesquin », a-t-elle réagi. « Peres est en première ligne
pour défendre le pays et encaisse les coups un par un. C’est notre meilleur
ambassadeur. ». Aux yeux de la travailliste, la solution à deux Etats
contribuera à maintenir une majorité juive en Israël, et protègera le rêve
sioniste.
Attaquer Peres sur ce sujet intolérable, a-t-elle conclu.
Tzipi Livni a également pris part au débat. Selon elle, « le président a agi
avec responsabilité et dit la vérité ». « C’est ainsi que doivent penser ceux
qui tiennent à Israël », a-t-elle ajouté.
Yaïr Lapid, leader du parti Yesh Atid, s’est exprimé à son tour. Et affirmé que
le gouvernement actuel ignore tous les intérêts diplomatiques de l’Etat,
laissant le conflit israélopalestinien en héritage à la prochaine génération.
Dans son discours, Peres a souligné plusieurs priorités : « La première chose
qui doit être faite est d’établir un accord de paix avec les Palestiniens, sans
délai aucun. Une nette majorité de la population est en faveur de deux Etats
pour deux peuples ». « Abbas est le seul leader arabe à avoir déclaré
publiquement qu'il était en faveur de la paix, et contre le terrorisme. Ses
actions pour prévenir le terrorisme sont courageuses », a insisté Peres.
« Ceux qui ne veulent pas deux Etats pour nos deux peuples doivent proposer une
alternative », a ensuite lancé le président. « Un Etat binational met en danger
le sionisme, le judaïsme et la démocratie israélienne. Je voudrais bien que
nous puissions vivre ensemble, mais sur cette petite terre où la haine, la
suspicion et les différences culturelles sont si grandes, cela est impossible.
» Peres a également évoqué la diplomatie du pays et appelé à ce que les
négociations s’opèrent sous le signe de la modération et du dialogue. En bon
diplomate, il a ajouté qu’il valait mieux être « un lion dans la peau d’un
agneau qu’un agneau qui rugirait comme un lion ».
Peres a noté la réelle envie de paix d’Israël. Il a pris comme exemple
l’ex-Tchécoslovaquie pour illustrer un bon modèle de solution à deux Etats en
montrant que la séparation de ce pays en deux républiques avait aujourd’hui
fait ses preuves des deux côtés.