Atef Krenawi, leader du parti naissant d’origine bédouine, prend un tournant
novateur. Au lieu de revenir sur la situation économique difficile des Arabes
israéliens, il décide de regarder dans le miroir et retrousser ses manches pour
s’attaquer aux problèmes communautaires : le crime, les violences conjugales et
le chômage, critique chez les Arabes israéliens. En filigrane, le projet avoué
du chef : intégrer les Arabes israéliens dans le système par un service civil
obligatoire, qui remplacerait l’armée. Krenawi, qui joue la carte de la
conciliation, annonce publiquement vouloir s’allier avec le gouvernement au
pouvoir, même si le Likoud- Beitenou venait à être réélu. Un parti pro-«
citoyens » comme il le laisse entendre, et qui veut renouveler la crédibilité
du vote arabe dans l’hémicycle de l’Etat hébreu.
Selon lui, les autres partis se contentent de faire du « bruit ».
L’Espoir du changement se dit tributaire du « Printemps arabe ». Selon un
récent sondage mené par l’Université de Haïfa, 67 % des arabes israéliens ne
font pas confiance aux partis arabes. Quels sont-ils ? Hadash, acronyme pour
HaHazit HaDemokratit LeShalom VeLeShivion (Front démocratique pour la paix et
l’égalité), le plus connu des partis arabes, est aussi un parti communiste.
Certains juifs israéliens votent pour ce parti éclectique dont la principale
revendication tient dans le retrait des territoires disputés et la protection
des travailleurs.
Raam-Taal, ou la liste arabe unifiée (à ne pas confondre avec un ancien parti
du même nom), est représenté par 4 députés à la 18e Knesset. Cette liste
commune, dirigée par le Sheikh Ibrahim Sarsur, préconise la création d’un Etat
palestinien avec Jérusalem-Est comme capitale, selon les frontières de 1967.
Un autre parti, du nom de Balad, est connu pour les esclandres répétés d’une de
ses membres : Haneen Zoabi.
La députée avait par exemple soutenu la flottille turque du Mavi Marmara, venue
briser le blocus de Gaza. Le comité central des élections avait d’ailleurs
décidé de l’exclure de la course électorale, pour son antisionisme assumé. Mais
la Haute Cour de Justice l’a remise en lice. Non contente de son
rétablissement, Zoabi avait ironisé, lors d’une interview donnée à la radio de
l’armée : « Cela ne veut pas dire qu’Israël est 100 % démocratique »… Enfin,
dernier coup d’éclat du parti, le 8 janvier dernier : Balad comptait présenter
au pays un clip qui a été censuré. Motif : il représentait Avigdor Liberman et
d’autres acolytes du Likoud-Beitenou en danseuses du ventre, chantonnant
l’Hatikva, l’hymne national, sur des rythmes orientaux.
Du religieux à l’ultra-religieux