Mardi 22 janvier, un autre revirement a eu lieu à la Knesset.
Un revirement démographique, au visage multiple. La 19e Knesset sera plus
religieuse, plus féminine, plus jeune et plus investie au-delà de la Ligne
verte que jamais. Elle sera également abondamment composée de sang neuf.
En 2010, lors des dernières élections du Congrès américain, les Etats-Unis se
sont ébahis d’avoir 86 législateurs, soit 16 %, élus pour la première fois.
Mais c’est faire pâle figure face à l’Etat hébreu qui a intronisé pas moins de
49 nouveaux venus la semaine dernière, soit 41 % de la Knesset. 5 autres
députés retrouveront leurs sièges après différentes périodes d’absence.
Jeudi 24, le vote des soldats et autres doubles enveloppes a été comptabilisé,
s’ajoutant aux quelque 67 % d’électeurs qui se sont rendus aux urnes, mardi.
Résultat : le parti de Naftali Bennett, Habayit Hayehoudi, est passé de 11 à 12
mandats, faisant entrer la 27e femme à la Knesset (23 %). Un record.
Par comparaison, les femmes forment 55 % du parlement au Rwanda, 25 % en
France, 22 % en Grande-Bretagne, 18 % aux Etats-Unis et 0 % au Qatar.
La prochaine Knesset sera également la plus religieuse de l’histoire du pays,
avec 39 élus, soit un député sur 3, observant un mode de vie religieux. C’est
11 de plus que sous la législature précédente.
Outre les 11 parlementaires du Shas, les 7 de Judaïsme unifié de la Torah (JUT)
et 11 des 12 députés d’Habayit Hayehoudi, les autres membres religieux de la
Knesset seront : Elazar Stern du parti de Tzipi Livni ; Shaï Piron, Aliza Lavi
et Dov Lipman de Yesh Atid, et enfin Zeev Elkin, Tzipi Hotovely, David Rotem,
Moshé Feiglin et Shimon Ohayon du Likoud Beiteinou.
Ils seront 6 à devoir renoncer à leur nationalité d’origine.
La Knesset ne souffre pas la concurrence : exit la double nationalité. Sont
concernés, deux Américains, Naftali Bennett, qui a reçu la citoyenneté de
l’Oncle Sam via ses parents originaires de Californie et Dov Lipman de Yesh
Atid.
Mais également deux Français, Karin Elharar de Yesh Atid, de mère française et
Yoni Chetboun, de Habayit Hayehoudi, lui aussi né en Israël de parents
français. Et enfin, le Brésilen de Habayit Hayehoudi, Avraham Wortzman,
l’Australien Moshé Feiglin du Likoud, et deux Travaillistes, Mihal Biran, de
Lituanie, et Miki Rosenthal, d’Allemagne.
Les nouveaux députés comprendront également 7 émigrants de l’ex-Union
soviétique et 2 nouveaux olim d’Ethiopie (Pnina Tamnou-Shata et Shimon Solomon
de Yesh Atid).
En revanche, il n’y aura qu’un seul élu kibboutznik : Zvouloun Kalfa d’Habayit
Hayehoudi. Par opposition, ils étaient 26 lors de la première Knesset, soit 3
fois plus que le pourcentage de kibboutznikim dans la population générale,
signe s’il en est des métamorphoses de la société israélienne.
Plus de journalistes que d’anciens généraux